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La Tour-Koenig
Fumée suspecte à la CMT : des habitants paniqués, le ministère évoque de la vapeur d’eau
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La Tour-Koenig
Fumée suspecte à la CMT : des habitants paniqués, le ministère évoque de la vapeur d’eau
Les responsables de l’usine ont assuré au «junior minister» Kugan Parapen, député de la région, que la vapeur n’était pas toxique.
Il est un peu plus de 20 heures lundi lorsque le ciel de La Tour-Koenig se couvre d’une épaisse fumée blanche, visible depuis Cité Coquillage, La Tourelle et les quartiers voisins. Très vite, photos et vidéos envahissent les réseaux sociaux.
Des habitants sortent de chez eux, évoquant une odeur de caoutchouc brûlé et des irritations à la gorge. Le collectif des habitants se mobilise aussitôt et transmet les images aux autorités.
L’avocat Ken Sabapathee affirme avoir été contacté dans la soirée par plusieurs riverains. «Les habitants m’ont appelé personnellement pour dire qu’il y a un problème de pollution. La Compagnie Mauricienne de Textile (CMT) répandait des fumées très toxiques. L’endroit était complètement assombri par la fumée», précisant avoir reçu de nombreuses photos et vidéos de la situation.
Réveillé par ce qu’il décrit comme un brouillard inhabituel, Jean François Didier Leboeuf raconte avoir ressenti une gêne physique. «Letan mo’nn sorti deor 20 h parla, mo nek trouv enn brouyar. Enn zour personn pa pou leve, pou res anplas. Mo santi kitsoz inn bril mo lagorz», explique cet habitant, qui dit souffrir de problèmes de santé.
À la Résidence Les Coquillages, Marie Nicole Perrine indique avoir été alertée par sa fille. Elle est montée sur le toit de sa maison pour filmer la fumée avant d’envoyer les images à la police. «Il y avait une odeur désagréable, comme du caoutchouc brûlé», relate-t-elle. De nombreux habitants étaient dans la rue et l’odeur est restée présente dans sa maison plusieurs heures. Et ce n’est pas la première fois qu’un tel incident survient.
Le junior minister et député de la région Fabrice David, qui assure suivre cette affaire de près avec ses deux colistiers, annonce des discussions avec l’exploitant industriel. Son colistier et junior minister Kugan Parapen explique avoir été alerté par les vidéos sur les réseaux sociaux avant d’informer le ministre de l’Environnement. Il s’y est rendu tard la nuit avec une équipe du ministère, du National Environmental Laboratory et de la police de l’environnement entre 21 h 30 et une heure du matin. «Quand je suis arrivé sur place, il y avait beaucoup d’habitants devant l’usine. Nous sommes rentrés à l’intérieur et les gérants nous ont montré l’endroit d’où provenait le problème», explique-t-il.
Selon la CMT, un départ de feu est survenu vers 20 h 20 sur une machine de type stenter en raison d’une accumulation de résidus de coton. Le feu a été maîtrisé vers 20 h 45 grâce au système interne de vapeur, sans intervention des pompiers. Kugan Parapen affirme que les responsables de l’usine lui ont assuré que la vapeur n’était pas toxique. Il ajoute que les habitants lui ont rappelé qu’il ne s’agissait pas d’un incident isolé, évoquant des émanations de gaz HFO il y a deux semaines.
Une rencontre entre la direction de la CMT et les riverains est prévue, tandis qu’une ligne de communication directe sera mise en place. Le rapport préliminaire du ministère indique qu’aucune nuisance olfactive n’a été constatée et que la fumée observée provenait de vapeur d’eau. Les premières analyses du National Environmental Laboratory montrent également des niveaux de TVOCs dans les normes, des résultats complémen- taires étant attendus.
Le ministre de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique, Rajesh Bhagwan, affirme être resté en contact avec la direction de la CMT et les élus de la région. «Une défaillance technique peut arriver, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment des habitants», souligne-t-il. Il précise qu’une demande a également été faite au ministère de la Santé afin d’envisager des examens médicaux pour les riverains. Les autorités, la CMT et les représentants des habitants se sont engagés à poursuivre le dialogue afin d’éviter qu’un tel épisode ne se reproduise. Rajesh Bhagwan salue les officiers de son ministère et la police de l’environnement pour leur intervention et précise que ce problème est aussi présent dans d’autres régions comme Valentina.
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