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Table ronde

Enregistrement des chiens : En Avant Moris prône le dialogue citoyen pour apaiser les tensions

12 octobre 2025, 06:00

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Alors que la nouvelle loi imposant l’enregistrement obligatoire de tous les chiens continue d’alimenter les débats, En Avant Moris a choisi la voie du dialogue et de la concertation. Une table ronde s’est tenue ce samedi 11 octobre à 10 heures, à l’Institut Cardinal Jean Margéot (ICJM), réunissant ONG, vétérinaires, bénévoles et propriétaires d’animaux autour d’un même objectif : réfléchir ensemble à une approche plus pragmatique, inclusive et humaine de cette mesure controversée.

L’événement, modéré par Arnaud Vacher, membre d’En Avant Moris, a permis un échange ouvert et constructif entre les différents acteurs du domaine animalier. Le débat, parfois animé, est resté bien encadré par le modérateur, permettant à chacun de s’exprimer librement tout en maintenant un climat de respect et d’écoute. Parmi les participants, on comptait plusieurs ONG de protection animale, des propriétaires de cliniques vétérinaires privées, ainsi que des citoyens venus témoigner de leurs expériences.

Express.mu (620 x 330) (8).png Arnaud Vacher, membre d’En Avant Moris a modéré l’événement.

Le ministère de l’Agro-industrie et la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), bien que invités, n’ont pas fait le déplacement. Une réunion de la MSAW se tenait au même moment, ce qui a, selon les organisateurs, empêché leur présence.

Patrick Belcourt, leader d’En Avant Moris, a tenu à clarifier la situation : «Le ministère et la MSAW ont été officiellement invités, mais ils n’ont pas pu venir. Nous avons appris qu’une réunion importante se tenait à la même heure à la MSAW. Certains ont aussi cru, à tort, qu’il s’agissait d’un événement politique, alors que nous avons clairement affirmé qu’il s’agissait d’une initiative citoyenne et apolitique. Notre but est de favoriser le dialogue, pas de créer la polémique.»

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Selon Patrick Belcourt, plusieurs points discutés lors de cette réunion de la MSAW ont également été abordés à la table ronde d’En Avant Moris, notamment la mise en œuvre pratique de la loi, les coûts du microchippage, et les moyens logistiques pour atteindre les régions rurales. «Nous ne sommes pas là pour contester la loi, mais pour comprendre comment l’appliquer efficacement et humainement. C’est ensemble, État, ONG et citoyens, que nous trouverons des solutions durables.»

Communication et pédagogie avant tout

Pour Om Lombard, directeur de Zoomania Vetmania, l’essentiel est de mieux informer la population et d’éviter les malentendus : «Il faut communiquer sans appartenance politique. Ce mouvement est avant tout citoyen. Nous devons transmettre les bonnes informations, éviter les rumeurs et aider les propriétaires à comprendre les bénéfices du microchip. Les cliniques privées sont prêtes à collaborer avec la MSAW et le gouvernement, dans l’intérêt de l’animal et du public.» Om Lombard a aussi insisté sur la nécessité d’une collaboration ouverte : «Quand un chien est micropucé, il peut être retrouvé s’il s’échappe. C’est un geste de protection avant tout. Nous voulons aider à diffuser ce message, de manière apolitique, pour le bien-être des animaux.»

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Une loi jugée trop rigide sur le terrain

Du côté des ONG, le constat est plus nuancé. Audrey Hardy, fondatrice de NouZanimo, estime que la loi, bien que nécessaire, manque de réalisme sur le plan social : «Beaucoup de propriétaires n’ont ni les moyens ni le transport pour faire enregistrer leurs chiens. Si j’avais carte blanche, j’associerais la stérilisation gratuite à l’enregistrement gratuit. Ce serait une mesure incitative et solidaire. On ne peut pas imposer une loi sans tenir compte des réalités du terrain.» Elle souligne que le nombre de chiens actuellement micropucés reste très faible — «une goutte dans l’océan» — face à la population canine nationale. Selon elle, l’État devrait aussi considérer une exemption pour les chiens déjà micropucés dans le cadre des campagnes de stérilisation précédentes.

Express.mu (620 x 330) (7).png Audrey Hardy, fondatrice de Nouzanimo, souligne que le nombre de chiens actuellement micropucés reste très faible.

En conclusion, Arnaud Vacher s’est dit encouragé par la qualité des échanges : «L’idée aujourd’hui était de rassembler tous les acteurs concernés, et c’est une réussite. Les solutions existent déjà, elles sont réalistes et applicables. Il suffit de les mettre en œuvre avec méthode, structure et écoute. Ce n’est pas en deux mois qu’on réglera la question des chiens errants, mais on peut avancer ensemble, pas à pas.»

Express.mu (620 x 330) (6).png Les intervenants à la fin de la conversation.

Pour En Avant Moris, cette table ronde marque le début d’un travail collectif visant à faire évoluer la loi dans un esprit de coopération et de responsabilité partagée. Ils prévoient de compiler les propositions formulées lors de la rencontre et de les transmettre officiellement au ministère de tutelle. «Le bien-être animal n’a pas de couleur politique. C’est une cause nationale. Nous continuerons à créer des espaces de dialogue, pour que cette loi soit comprise, acceptée et appliquée dans l’intérêt de tous — humains comme animaux», a rappelé Patrick Belcourt.

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