Pravind Jugnauth: comme un air d’arrogance

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Les questions au Premier ministre ont été évitées en quatre occasions depuis la reprise parlementaire, il y a un mois. Et cela, pour des raisons qui ne convainquent pas. On comprend mieux maintenant le pourquoi de cette tactique quand on constate sa nervosité grandissante face aux interrogations de l’opposition. Il faut dire que des questions embarrassantes, il y en a beaucoup.

Nous avions déjà mis en exergue ‘l’agressivité verbale’ du Premier ministre (PM). Mardi dernier, on a pu avoir un exemple de plus de la nervosité de Pravind Jugnauth, de son arrogance, surtout, alors qu’il prenait la parole. Notamment lors de la PM Question Time, quand la députée rouge, Stéphanie Anquetil, l’interpellait sur l’arrestation de la maman de la petite S. , victime de négligence au shelter l’Oiseau du Paradis. Lorsque le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, est intervenu lors de ces échanges pour rappeler au PM qu’il n’aurait pas dû donner l’adresse de la maman, Pravind Jugnauth a pris la mouche. Au lieu de s’excuser – on n’a pas le droit de citer ou donner des détails sur une tierce personne à l’Assemblée nationale – il a tenté de justifier ce dérapage en affirmant qu’il voulait juste donner des détails car la députée (NdlR, Stéphanie Anquetil) «n’y comprenait rien». Le ton de «Chacha» n’a pas manqué de provoquer le malaise et l’irritation dans les rangs de l’opposition mais aussi parmi les internautes, à en croire les réactions sur Facebook.

Une attitude qui semble coller à la peau, ou plutôt au costume du PM, au Parlement certes, mais aussi face aux journalistes. Sourire narquois, air moqueur, il répond aux questions par… des questions. L’expression de son visage semble dire : «Qu’est-ce que j’en ai à faire ? Bé lerla ?» Cette condescendance, il l’a montrée en plusieurs occasions face à un leader de l’opposition percutant, que Pravind Jugnauth a tenté de discréditer. Surtout quand Xavier-Luc Duval parlait en voix basse à Kushal Lobine ou Reza Uteem, on a entendu le PM lancer des «al demann konsey» ou «al aprann lalwa». Enfilant sa robe d’homme de loi, Pravind Jugnauth, essayait sans doute de faire valoir que lui en sait davantage que les autres en matière de droit…. A contrario, droit dans ses bottes, l’expert-comptable qu’est Xavier-Luc Duval n’a jamais fait de telles remarques désobligeantes au PM sur sa méconnaissance de la comptabilité et de la finance...

Le PM a, qui plus est, régulièrement recours aux insultes. La dernière séance parlementaire fournit encore des preuves s’il en faut. Toujours au sujet de la maman de la petite S., lorsque Xavier-Luc Duval s’indignait que le PM ne présente pas des excuses tout en répétant, «I am shocked», Pravind Jugnauth, les sourcils froncés et le ton menaçant, a refusé de se rétracter mais a préféré commenter la réaction de Duval : «You are shocked, maybe you need to take some Xanax then.» Et, bien sûr, toutes ces unparliamentary remarks provenant du PM sont tolérées par le speaker Sooroojdev Phokeer.

Les journalistes qui posent trop de questions font aussi les frais du mauvais caractère de Pravind Jugnauth. Jeudi, lors d’une fonction de la Central Water Authority, à Rose-Hill, il s’est montré tout aussi agressif et donneur de leçons face au micro. Ainsi, il dira : «Mo bizin koriz ou...» en tentant d’expliquer que la photo de Navin Ramgoolam avec Bruneau Laurette n’était en rien comparable aux photos de ses députés et ministre avec le même Bruneau Laurette.

Pour lui, c’était plus grave de participer à un rassemblement organisé par l’activiste que de se faire prendre en photo à ses côtés. Bien entendu, le PM n’a pas précisé que le rassemblement concernait surtout l’affaire Kistnen. Pour lui, une poignée de main équivaut à plus d’affinités que l’étreinte de Subhasnee Luchmun-Roy à Bruneau Laurette, par exemple.

Puis, toujours hautain, le PM s’est mis encore une fois à poser des questions à un journaliste au lieu de répondre aux questions posées. Comme il l’avait fait à Bois-Marchand où il avait tenté de tester les connaissances d’une journaliste sur l’économie mondiale. Jeudi, il a interrompu le journaliste par la question : «Ki pé répros mwa ?» En tout cas, Pravind Jugnauth s’est une nouvelle fois érigé en juge en condamnant déjà Bruneau Laurette, qui serait lié au trafic de drogue selon lui. Faisant fi de la présomption d’innocence qu’il utilise pourtant souvent quand il s’agit de personnalités du gouvernement…

«Les journalistes qui posent trop de questions font aussi les frais du mauvais caractère de Pravind Jugnauth.»

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