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Grève: menaces et intimidations envers des membres de la MSPA

20 novembre 2014, 04:06

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Grève: menaces et intimidations envers des membres de la MSPA

«Les grévistes ont, à certains endroits, bloqué le passage des camions et autres véhicules devant se rendre dans les centrales thermiques ou les raffineries», allègue la MSPA, dans un communiqué émis tôt ce matin, jeudi 20 novembre. Celle-ci a lancé à nouveau un appel au Joint Negociating Panel (JNP) pour qu’il se tourne vers l’Employment Relations Tribunal afin de régler le litige les opposant sur la question du quantum de la hausse salariale.

 

Ouvriers et artisans se sont mis en grève depuis hier, mercredi 19 novembre. Ils exigent une hausse de salaire de 30 %, après avoir dans un premier temps réclamé 38 %. Mais les sucriers ne se sont pas non plus pliés à cette deuxième demande.

 

«La population voit clairement la mauvaise foi des sucriers. C’est inacceptable que les sucriers fassent des profits suite à la réforme dans le secteur  à partir des activités de raffinerie, de morcellements des terres et des centrales thermiques et qu’ils refusent de partager les bénéfices avec les travailleurs. Ces derniers sont très remontés et ils sont déterminés à lutter jusqu’à ce qu’un accord soit signé. De toutes les façons, l’heure est à la signature, non au chantage», affirme le syndicaliste Subron du JNP.  

 

Depuis hier donc, les artisans et des laboureurs se sont regroupés devant les portails des usines sucrières d’Alteo, d’Omnicane et de Terra où ils comptaient passer la nuit.

 

À Flacq, les choses ont effectivement failli tourner au vinaigre. Les syndicalistes Ashock Subron et Serge Jauffret ont tout de même réussi à calmer les esprits. Serge Jauffret affirme que les travailleurs ont déjà affiché une grande solidarité et qu’ils sont arrivés à un point de non-retour. «Ils sont remontés et nous faisons de notre mieux pour que les choses se passent dans le calme. Mais ils sont, d’eux-mêmes, déterminés à rester en grève», poursuit le syndicaliste.

 

 

A Alteo, un incident a provoqué la colère des grévistes, hier. Un camionneur qui serait, selon nos informations, un «contracteur» de l’usine s’est laissé emporté et a foncé droit sur les grévistes avec son véhicule. Selon les dires des travailleurs, le camionneur en question était furieux de voir que les portes du conteneur de sucre qu’il transportait à l'usine s’étaenit ouvertes. Le chauffeur aurait accusé les travailleurs en grève d’être à l’origine de cette situation.

 

De leur côté, les travailleurs affirment qu’ils n’ont rien fait et qu’ils n’étaient pas à proximité du camion au moment de l’incident.

 

En revanche, une fois que le camionneur a pénétré dans l’enceinte de l’usine, il n’a pas pu ressortir par la même issue à cause des grévistes en colère. Les policiers de Flacq ont été déployés au nombre d’une vingtaine pour éviter des affrontements.

 

La situation s’est toutefois calmée après quelques heures et selon nos informations, le camionneur a pu sortir de la cour de l’usine par une autre route.

 

Les travailleurs sont non seulement remontés contre les sucriers mais aussi contre les politiciens des principaux blocs. «Le gouvernement semble s’en laver les mains et Paul Bérenger, n’en parlons pas, il n’arrête pas de nous décevoir. Je tenais à lui dire que pendant la grève de 1979, je l’ai admiré pour ce qu’il faisait. Là, Bérenger a fait une déclaration voulant insinuer que la MSPA a fait un gros effort en passant de sa proposition initiale de 8,5 % à 11 %. Je voudrais lui demander ce qu’il aurait pensé si nous étions encore en 1979 ?» lance Sylvio Marie, également artisan à l’usine d’Altéo.

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