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On a testé: la restauration à l’aéroport
30 mars 2014, 04:58
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On a testé: la restauration à l’aéroport
L’occasion fait le larron ! Plutôt que de m’arrêter au Duty Free avec l’illusion qu’on peut s’y acheter du bonheur «hors taxes», j’ai préféré faire un tour du côté des services de restauration de notre nouvel aéroport. Cette infrastructure très chic qui a coûté quelques milliards et qui vient d’être décrétée meilleur aéroport de l’océan Indien ! Enfin, l’océan étant un peu vide, j’ai hâte de voir notre classement à l’échelle du continent africain…
HEURE. Vers 21 heures. Un vol vers Paris Charles-de-Gaulle, un autre vers Dubaï. Pas tellement de Français et encore moins d’Arabes. Par contre, l’aérogare fourmille d’Italiens et de Russes. Les effets Matteo Renzi et Vladimir Poutine sur le moral de leurs concitoyens ?
AMBIANCE. Je me souviens des services de l’ancienne aérogare et c’était plutôt fatigué. Le coup de neuf est frappant, généralement très réussi. A l’Airway Coffee (AC) - on m’a dit que la proprio est une dame de bon goût -, quatre comptoirs assurent le service, ce qui permet d’assouvir plus rapidement les queues qui ont faim. Deux comptoirs pour les snacks et les boissons, un «juice bar» et un bar tout court où l’on peut même commander de l’alcool.
Décor classique de café-resto : petites tables carrées avec quatre chaises assorties (elles sont mignonnes, d’ailleurs, avec leurs jambes et dos chromés et on y est bien assis, même si l’on n’est pas membre du parti). Il y a aussi un petit salon tout blanc et très confortable. Le téléviseur LG qui y trône est définitivement HD et (hasard ?) le programme de Voyage qui s’y déroule est illustré de coups de fourchette extrêmement appétissants. Peut-être même un peu trop par rapport à l’offre au menu de l’AC, plus modeste. Pour les magazines, aucune touche locale, juste Hello, OK, Elle. On a honte ?
A l’Amedée Maingard Lounge (AM), un coin salon agréable et un somptueux escalier vers un deuxième niveau. Il est rouge et noir, comme chez Stendhal. Mais ce qui frappe, c’est sa ligne, magique. La salle à manger est plutôt gaie et les comptoirs bien achalandés. Mais la plus grande réussite du décor, ce sont sans doute les plafonds, en particulier celui parsemé d’aéronefs ou plutôt d’études aérodynamiques, sans doute à la gloire de Bernoulli, élégant et léger, comme une envolée de papillons blancs pourrait l’être. Quant à l’espace lecture, beaucoup plus de variété et on n’a pas (moins ?) honte d’afficher Le Matinal comme unique représentant de la presse locale.
SERVICE. Correct à l’AC (on est attentif et efficace), clairement amélioré chez AM. Mais dans les deux cas, c’est évidemment self-service et je me suis donné une note raisonnable. Par exemple, la dose de sucre dans mon café était juste et on ne s’est pas trompé sur ce que je souhaitais voir dans mon assiette.
REPAS. Un snack, ce n’est pas un repas à proprement parler, mais le sea food vol au vent d’AM est excellent et la soupe pékinoise appétissante. Pour accompagner son repas, Château Saint-Georges, Campari ou Chivas et même du Tia Maria, la grande classe ! Mais au vu de certains incidents survenus avec des passagers trop alcoolisés sur des vols d’Air Mauritius, je me demande s’il ne faudrait pas prévoir un alcootest à la sortie...
A côté, chez AC, je n’ai pris qu’un chocolat chaud, les snacks présentés ne faisant pas aussi envie que le souhaiterait la proprio. Le chocolat était parfait. Les équipes de nettoyage sont efficaces et je n’ai vu qu’une chaise sale. Ça peut arriver !
VALUE FOR MONEY. Alors là, il n’y a pas photo, puisque chez AM c’est gratuit. Ou plutôt, il suffit d’avoir la carte de crédit Gold qui, à la MCB du moins, vient avec la carte Priority Pass qui agit comme sésame. Ce qui m’a passablement embrouillé en passant car souvent la leçon commerciale est : qui peut se le permettre ne paie pas toujours ! Pensez aux cadeaux de fin d’année du Duty Free Paradise qui ont récemment fait la Une… La vie est souvent injuste !
Si l’on vous a parlé des prix mirobolants d’AC, il y a... à boire et à manger ! A sa décharge, imaginons le coût du loyer, rappelons que la qualité et la propreté coûtent cher et disons que face à un menu d’hôtel ou un burger qui vaut sept livres (Rs 350) à la gare de Euston à Londres, un riz cantonais à Rs 295, des côtelettes d’agneau avec frites à Rs 325 ou encore un Black Label à Rs 250 et une Phoenix à Rs 160 ne jurent pas trop. Le plat le plus cher, un chicken and prawn curry avec lentilles noires, riz et steamed bok choy est affiché à Rs 345. On parle évidemment de pouvoir d’achat «étranger», du moins étranger à la plupart de nos concitoyens…
Mais mon propos est ailleurs. Airway Coffee est un monopole ! Comme me le disait la dame de la sécurité à qui je demandais s’il y avait un choix, «sa mem ena !» et ça, on ne peut le défendre. Il y a plein de place, tout de même ! Les bons aéroports du monde offrent toujours un choix. Nous sommes au pays de la démocratisation de l’économie. Il aurait suffi d’imposer des normes et un appel d’offres, il y aurait eu un choix et, mieux, de la concurrence sans laquelle le système capitaliste n’est qu’un leurre. A moins qu’on ne veuille démocratiser que les oligarchies ?
Il y a une quinzaine de comptoirs de banques et de money changers dans l’aérogare, mais une seule option de restauration payante. C’est sûrement un modèle réfléchi et on doit aimer quelque part...
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