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Rada Gungaloo, fondatrice de SOS femmes battues

6 juillet 2008, 00:00

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SOS femmes battues fêtera ses dix ans l?an prochain. Y a-t-il toujours autant de femmes maltraitées à Maurice ?

Je ne peux pas vous répondre avec précision, car il n?y a pas eu d?études comparatives entre deux périodes données, par exemple. Mais la violence envers les femmes existe et persiste à Maurice dans encore beaucoup trop de foyers.

Le gouvernement est-il concerné par cette cause qui vous tient tant à c?ur ?

Depuis 1989, nous venons en aide à des femmes battues, abusées sexuellement ou victimes d?inceste et nous ne recevons aucune aide du gouvernement. Aucune ! Le gouvernement avait pourtant promis une grosse somme lors du budjet 2007-2008, mais je suis triste de constater que je n?en ai pas vu la couleur ! Mais je remercie la société civile et les ONG qui nous ont permis d?exister encore aujourd?hui. Le mouvement WIN s?insère dans ce mouvement d?entraide et ce n?est que positif.

Que souhaitez-vous pour la femme mauricienne en général ?

Je souhaiterais que la femme mauricienne arrive à être indépendante financièrement, qu?elle vive sans violence et que ses droits humains fondamentaux soient respectés, surtout par le sexe opposé.

Ce que vous ne supportez pas...

La violence faite aux femmes en général, l?injustice et toutes sortes de discriminations, qu?elles soient ethniques, sexuelles ou religieuses. J?ajouterai à cela l?arrogance de certains de nos leaders politiques qui, bien souvent, se transforment en « nou ki la loi ». Cela m?horripile profondément.

Quelles femmes vous inspirent ?

J?ai un profond respect pour les femmes militantes. La libération d?Ingrid Betancourt, par exemple, me réjouit énormément. Je respecte cette femme qui, au prix de sa vie, s?est donnée pour son pays. J?admire les femmes qui agissent, quitte à être des boucs émissaires.

Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous dans le monde ?

Je changerais les hommes en de vrais hommes pour qu?ils prônent une société égalitaire. Mais je m?en prendrais aussi aux femmes qui n?améliorent pas la vie des autres femmes par leurs actes ou leurs paroles.

Et si vous gagniez à la loterie ?

J?achèterais à toutes les femmes mauriciennes un miroir pour qu?elles puissent s?y regarder en se disant : « À partir de maintenant, je vais m?aimer et prendre soin de moi, pour que ma vie soit unique. » Chacune a le droit à une vie satisfaisante.

Comme la vôtre ?

Parfaitement. Ce n?est pas venu par magie. Je me suis beaucoup battue, toujours dans le respect des autres, mais j?ai réussi à avoir une relation maritale égalitaire, paisible et basée sur l?amour. Et aussi à faire ce que j?aimais le plus dans la vie, aider les autres, et écrire. Je crois que c?est ça la réussite : être libre.

Le mot de la fin ?

La dernière strophe d?un de mes poèmes, Enn Rêv, issu de mon recueil, Poèmes d?une petite plume :

« Monn Fer enn rev,

Enn rev,

Kot ti ena,

Buku fam,

Pe sant mem sante

Pe pus mem cri

Pe dans meme danse. »

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