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Conceptions chimériques

9 avril 2008, 00:00

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<B>Par Nico PANOU</B>

L?objectif du gouvernement d?atteindre deux millions de touristes en 2015 ne semble pas avoir été fixé après mûre réflexion. Si c?était le cas, des dispositions seraient en train d?être prises concernant les infrastructures publiques. Penser à ces infrastructures sans lesquelles rien ne pourra se faire, serait le point de départ logique de toute chose, non seulement dans le tourisme mais aussi dans d?autres secteurs. La semaine dernière, le nouveau président de la «Mauritius Export Association» (MEXA) a exprimé les besoins des entreprises d?exportation en termes d?infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires et de télécommunications. Il a affirmé que «c?est à ce prix que l?on pourra assurer la pérennité de notre stratégie tournée vers l?extérieur et le développement continu de notre pays».

Pour rejoindre le président de la MEXA, on dira qu?il est difficile de vouloir accueillir deux millions de touristes sans une planification adéquate. Non seulement, cela appelle la construction de nouvelles infrastructures hôtelières, soit le double de ce qui existe. Mais il faut y ajouter les problèmes liés à la fourniture d?eau, d?électricité - difficultés exacerbées par la construction des villas IRS. Compte tenu des limites de la CWA et du CEB ces derniers mois, l?on peut être sceptique quant aux mesures que ces institutions ? et les autorités gouvernementales ? sont en train de prendre pour atteindre ces objectifs.

Pour accueillir deux millions de touristes par an et en tenant compte des besoins des propriétaires des villas IRS en construction, il faudra prévoir, au bas mot, deux fois plus de réservoirs d?eau qu?il en existe, et multiplier autant de fois la production énergétique. Sans aborder l?éternel problème d?autosuffisance alimentaire qui ne trouve pas encore de solution.

Sept ans seulement nous séparent de 2015 et le travail à abattre est astronomique. Pour que cet ambitieux projet ne soit pas taxé de chimère, les prochains budgets gouvernementaux devraient refléter une nette hausse des investissements de l?État. Les projets de routes, de ponts, le réaménagement du transport public, la construction d?un nouveau port, d?un nouvel aéroport, de réservoirs d?eau, de centrales électriques, entre autres, doivent être débattus maintenant. L?État ne devra pas hésiter à faire appel aux investisseurs privés, nationaux comme étrangers, pour relever ce défi. Mais garder le silence, continuer d?agir comme si le passage de deux millions de touristes chaque année dans le pays n?aura aucune influence sur un équilibre déjà fragilisé, relèverait d?une conception imaginaire.

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