Publicité

Elle court la rumeur?

9 avril 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

A Mon-GoUt, il est difficile d?oublier le mercredi 26 mars 2008. A cause de ces deux morts que l?on pleure toujours. De ces maisons dévastées. De ce quotidien chamboulé. Désormais rythmé par la réhabilitation du village. Les traces des inondations d?il y a dix jours sont toujours visibles. Alors, meurtris, les villageois veulent des coupables. Ils montrent du doigt la sucrerie de The Mount.

L?établissement dont l?existence date d?avant celle du village de Mon-Goût... L?établissement et ses dirigeants qui, aux dires même des villageois, les ont toujours épaulés. Ils mettent en cause le nivellement de terrain sur les terres de la propriété. Selon eux, la terre déplacée aurait obstrué les drains. Pas ceux dans le village mais ceux de la propriété même.

«Dilo ki sort depi laho desane dan vilaz aster. Li pa res dan tablisman», lâche Premduth Posooa qui a grandi à Mon-Goût. Par «laho», comprenez La Nicolière. Ce que réfute Bertrand Harel, de The Mount : «La Nicolière est remplie. Les nappes phréatiques aussi. Il faut bien que l?eau aille quelque part. Cette inondation, c?est une catastrophe naturelle. Ils cherchent un bouc émissaire. C?est facile de montrer du doigt The Mount mais ce n?est pas juste.»

<B>Un exutoire naturel pour l?eau</B>

Certes, il y a bien eu nivellement. Mais il ne date pas d?hier. Un expert est d?avis que lorsqu?on aplanit les terrains, l?on supprime les drains naturels. Alors même que «la topographie du milieu permet à l?eau de trouver un exutoire naturel». Mais jusqu?au 26 mars dernier, il n?y avait pas eu de problème.

Krishna Kistnen, conseiller de village au conseil de village d?Epinay et conseiller de district au conseil des districts du Nord, insiste qu?«avant», lorsqu?il pleuvait à torrent et que les terres de la propriété étaient vallonnées, «dilo la ti kapav ale kat cink kote. Aster non. Li vine dan la rivier». Il avance l?hypothèse que les drains se trouvant sur les terres de la propriété sucrière auraient été obstrués lors du nivellement. «Ce n?est pas possible. En ce moment, nous ne faisons que l?épierrage. Cette terre est cultivable, quand nous l?enlevons, ce qui n?est pas le cas actuellement, nous la remettons au champ», soutient Bertrand Harel. De plus, il soutient que tous les drains de la propriété ont été nettoyés récemment : «Nous venons tout juste de réaligner les drains. Ils ont d?ailleurs dû contenir cette eau. Au cas contraire, cela aurait pu être plus grave.»

<B>Responsabilité de l?homme</B>

Krishna Kistnen insiste: «Tous les drains sont certainement bouchés. Je suis certain que ce n?était pas intentionnel de la part de la propriété. Nous essaierons d?avoir un rendez-vous avec le responsable de l?exploitation la semaine prochaine. Dans le passé, il nous a toujours écoutés. Et aidés. Je suis certain qu?il le fera à nouveau». Ainsi, selon le conseiller, les trombes d?eau ne pouvant être contenues à l?intérieur même de la propriété, elles auraient continué leur chemin jusqu?à la route qui traverse Mon-Goût et ainsi jusqu?à la rivière Citron.

Les ponts reliant les berges de la rivière étant trop bas et trop étroits, et les détritus jetés dans celle-ci, tellement importants en taille (moteur de voiture, réfrigérateur, tables et sommiers) ce qui devait arriver arriva. La rivière Citron est sortie de son lit. Emportant tout sur son passage. L?homme a donc sa part de responsabilité dans cette catastrophe naturelle. A force de jeter tout et n?importe quoi n?importe où, il fallait bien qu?un jour, cela ait des conséquences graves?

Les consultants auprès desquels la National Development Unit (NDU) a pris conseil sont d?ailleurs arrivés à la conclusion que des trois ponts existants à Mon-Goût, deux devaient être réhabilités et un refait complètement. Ils recommandent également la construction d?un nouveau pont.

Publicité