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Se placer au coeur du Seafood Busines?
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Se placer au coeur du Seafood Busines?
Boston, la principale ville de l?Etat de Massachusetts, s?est transformée, cette semaine, en capitale mondiale des produits de mer. Pour cause, s?y tient l?édition 2008 de l?International Boston Seafood Show, le plus grand salon du genre de l?Amérique du Nord, qui réunit les principaux acteurs du seafood business, soit environ 18 000 acheteurs et vendeurs des produits de mer. Parmi eux il y a des acheteurs pour le compte de grands restaurants, de chaines d?hôtels, de marchés de fruits de mer et de supermarchés ainsi que les distributeurs/grossistes, les entreprises de transformation, les importateurs, les exportateurs, les courtiers et les négociants des quatre coins de la planète. Bref tout le gratin du seafood...
<I>«Avec ses 1,9 million de kilomètres carrés de zone économique exclusive, Maurice dispose d?un atout important pour devenir un port de pêche d?envergure. Il suffit d?ouvrir ses horizons et de mieux vendre la destination ? Et peut-etre investir dans un thonnier ?»</I>
«Le Boston Seafood Show permet d?accroître les occasions d?affaires. Il attire les principaux acheteurs et vendeurs de produits de la mer de plus de 80 pays. Depuis ces deux dernieres années, 70 % des visiteurs à l?International Boston Seafood Show ont découvert de nouveaux produits et de nouveaux fournisseurs, et 76 % ont fait des achats», explique Michael Sansolo, du Food Marketing Institute, dont l?attitude vis-a-vis de l?industrie des fruits de mers se résume à cette devise : «Change is inevitable, resistance is futile.»
Outre les opportunités d?affaires, c?est surtout l?occasion pour ces milliers de professionnels de l?industrie des produits de mer de se réseauter et de mieux cerner les nouvelles tendances dans le secteur. Il y a les stands qui exposent les produits, des plans qui detaillent les seafood hubs et autres services y relatifs, mais se tiennent aussi des conférences sur la consommation mondiale en hausse, sur le probleme de surexploitation des réserves, sur l?aquaculture, sur la crise alimentaire, sur les pratiques de pêche illégale, bref sur une série de thèmes variés et des derniers faits mondiaux en chiffres qui concernent aussi bien le pays producteur, l?entrepreneur que le consommateur.
La dimension écologique était en effet bien présente. Greenpeace, présent au salon, a sensibilisé les commerçants à l?avenir «alarmant» de l?écosystème. Le rapport que l?organisation écologique à communiqué au salon montre que les données actuelles indiquent l?effondrement massif de tous les poissons et fruits de mer aujourd?hui pêchés, avant 2050.
Dimanche, au Boston Convention and Exhibition Center, soit quelque 200 000 pieds carrés d?expositions, à défaut d?un drapeau mauricien, qui aurait placé un peu plus sur orbite ce seafood hub que le gouvernement veut promouvoir, nous sommes quand même tombés sur deux chaleureux sourires mauriciens, qui vantaient les produits de Thon des Mascareignes.
«Dommage qu?il n?y ait pas un drapeau mauricien, comme c?est le cas pour d?autres pays. Nous avons nous-memes dû trimballer 75 kilos de matériel pour exposer nos produits. Depuis l?an dernier, nous tentons une percée dans cet immense marché nord-amercain. Et nous sommes vraiment satisfaits du retour», avance notre compatriote Delphine Lagesse, Marketing Manager de Thon des Mascareignes.
Si cette entreprise accroit la visibilité de ses produits, il est dommage que la destination du seafood hub mauricien n?ait pas été vendue lors de ce carrefour international. Car le seafood hub, ce n?est pas seulement quelques conserves de thon assaisonnées, mais un ensemble d?activités qui comprend les équipements portuaires, les chambres froides, les usines de transformation des produits de mer et l?aquaculture, comme on l?a vu à travers les centaines et les centaines de stands joliment decorés.
Pourtant, positionner le pays comme une plate-forme de produits de mer régionale et internationale est une necessité, qui a été mise en avant autant par le ministère de l?Agro-industrie que le Joint Economic Council.
Un peu plus loin, trois Bangladeshis nous abordent avec une série de depliants. Ils nous parlent des infrastructures de leur pays, des produits et des possibilités d?investissement. «Le salon commercial international des produits de mer à Boston nous a fait vraiment prendre conscience de la taille même et du caractère planétaire de la pêche dans le monde. Nous avons beaucoup à apprendre.» En face d?eux, des Vietnamiens attendent leur tour pour nous arroser d?informations pratiques sur le secteur de la pêche chez eux. Il y a aussi des Japonais qui présentent leur sushi, des Grecs qui proposent de nouveaux produits à base d?huîtres. Des Brésiliens qui font des étiquettes pour des boîtes de conserves. Des Namibiens, des Néo-zélandais?
Mike McDonald, un négociant ecossais, estime, lui, que sa participation est une excellente introduction au marché de la Nouvelle-Angleterre. «Nous avions l?habitude de nous limiter à la pêche de la ressource. Cette foire nous a exposé ce qu?est la chaîne de valeur dans l?industrie des produits de mer. Nous avons aussi pu obtenir de précieux renseignements au sujet de la qualité et de l?emballage, par exemple, et de ce que les acheteurs recherchent sur ce marché.»
A Maurice, la manutention, le stockage, la transformation des produits de pêche peuvent générer des revenus importants. «Avec le seafood hub, nous avons une stratégie pour créer 3 000 emplois supplementaires. Déjà, il génère Rs 8 milliards à notre économie, nous voulons faire beaucoup mieux», nous confiait récemment un Arvin Boolell tres confiant.
Mais malgré les discours qui veulent faire de Maurice un port de pêche de premier plan au niveau mondial, force est de constater qu?une stratégie intégrée pour le développement de l?industrie de la pêche fait défaut.
«Il n?y a pas un environnement propice à attirer les investissements tant locaux qu?étrangers dans ce domaine. Il n?y a pas de promotion du pays en tant que hub de pêche contrairement aux Seychelles ou les autres pays qui veulent profiter de l?industrie de la peche», observe, de Maurice, un homme d?affaires mauricien impliqué dans ce secteur. Il estime que «nous avons toujours une vision trop centrée sur l?Europe uniquement».
Une des contraintes actuelles de notre industrie de la pêche est que les exportations vers l?Europe ne peuvent se faire que par des sociétés, des bateaux et des sites de débarquement approuvés par les autorités européennes. Maurice a un nombre très limité de bateaux dont les cargaisons de poisson peuvent être exportées sur l?Europe.
Quant au reste des cargaisons, principalement des bateaux taïwanais, il convient de trouver de nouveaux marchés niches. Ne parlons pas de la grogne des armateurs mauriciens qui se sentent mis à l?ecart dans leur propre port. Un climat qui n?est pas encore serein.
Le pays dispose pourtant d?un accès préférentiel sur le marche américain grâce à l?Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) notamment. C?est le Chief Executive de Mauritius Freeport Development, Maurice Vigier de La Tour, qui aime rappeler, à juste titre, que le Sénégal exporte pour $ 300 millions de poisson par an, soit autant que nos exportations de vêtements sur le marché américain. Et dire que les eaux mauriciennes sont encore plus riches que celles du Sénégal. Et dire aussi que malgré une intensification de la surveillance de nos eaux, grâce à un programme de la Commission de l?océan Indien, des pirates pillent nos réserves, déjà surexploitées, en poisson.
Les nuages autour du sucre et du textile nous poussent à considérer nos resources maritimes. Avec ses 1,9 million de kilomètres carrés de zone économique exclusive, Maurice dispose d?un atout important pour devenir un port de pêche d?envergure. Il suffit d?ouvrir ses horizons et de mieux vendre la destination ? Et peut-être investir dans un thonnier ?
Nad SIVARAMEN</B> <I>(des Etats-Unis)</I>
<B>Le thon mauricien fait une percée</B>
Sur fond de mer de l?île Maurice, Delphine Lagesse et une collègue de Thon des Mascareignes (TDM), du groupe IBL, avaient bien du pain (et des échantillons de thon) sur la planche ce dimanche à Boston. Elles expliquaient à des professionnels du secteur les avantages de leurs produits mauriciens. Accessoirement, comme elles etaient les seules personnes d?origine mauricienne de cette importante foire, elles expliquaient à se situait Maurice, mais leur rôle etait surtout de faire connaître les trois types de produits que commercialise TDM. «Nous sommes venus avec des produits industriels, à l?instar des longes, d?autres qu?on appelle semi-industriels comme les poches pour les fabricants de pizza et finalement les filets de thon assaisonnés en conserve», nous explique, le temps d?une courte pause, Delphine Lagesse.
La «Marketing Manager» de TDM en est à sa deuxième foire aux Etats-Unis. «L?an dernier, nous étions à New York, et cette fois-ci, pour ce rendez-vous grandiose de Boston, nous nous sommes preparés depuis le mois dernier. Nous effectuons une percée sur le marché nord-américain. Et c?est très encourageant.» TDM, qui traite plus de 250 tonnes de thon par jour, a signé un contrat de co-emballage avec le groupe américain «Bumble Bee», géant mondial de la conserverie.
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