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Education : les syndicats rejettent l?évaluation de performance
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Education : les syndicats rejettent l?évaluation de performance
Les autorités ont dû revoir leur copie. Elles espéraient un consensus sur l?application d?un système d?évaluation de performance dans l?éducation au cours d?une réunion lundi après-midi. Mais il n?en a rien été, les syndicats du secteur éducatif, primaire et secondaire confondus, étaient au contraire contre cette mesure que compte mettre en place le ministère de la Fonction publique.
Les autorités, elles, comptaient mettre sur pied un Central Steering Committee, comprenant des syndicalistes, pour voir comment appliquer le Performance Management System dans le secteur. Mais les syndicalistes estiment que cette mesure «est trop floue». Et sans la collaboration des syndicats, le gouvernement pourra difficilement mettre en application son projet sur une base pilote à partir de juillet dans la zone éducative 3 (Curepipe et le Sud) pour ensuite l?étendre au pays entier en janvier 2009 comme il le souhaite.
Si certains syndicats sont plutôt ouverts au sujet, d?autres ne le sont pas du tout. Même dans le camp des «oui, peut-être», l?on indique que l?éducation a des spécificités que n?ont pas les autres secteurs du service civil où le système est également en phase d?application. «Il y a beaucoup d?appréhension et de flou autour de ce projet. Avant d?appliquer sa formule d?évaluation de performance, il faudra que le gouvernement vienne d?abord éclaircir plusieurs points», souhaite Soondress Sawmynaden, président de la Deputy Rectors? Union. Il souhaite également savoir comment la performance sera mesurée dans l?éducation. Sera-t-elle évaluée en prenant en compte les points des élèves, comme l?aurait laissé comprendre un officier lors de la réunion ?
«Un prof qui travaille dans l?école du gouvernement de Baie-du-Tombeau, qui parvient à faire passer quelques élèves de sa classe, est-il moins bon que celui de l?école Raoul Rivet qui obtient un excellent pourcentage ?» s?interroge Vinod Seegum, président de la Government Teachers? Union (GTU), principal syndicat du secteur.
Autre sujet de discorde identifié par ce dernier : «La subjectivité de ceux qui vont noter la performance.» «Comment s?assurer que le supérieur qui prépare le rapport le fera en toute indépendance, sans prendre en compte des critères autres que professionnels ?» demande-t-il encore en précisant que son syndicat s?opposera avec force à l?application du projet.
Idem du côté de la Govern-ment Hindi Teachers? Union (GHTU). «Nous sommes contre à l?unanimité. Il aurait fallu produire un rapport détaillé expliquant comment la productivité des instituteurs sera mesurée. Nous n?avons rien vu de ce genre», déplore Suttyhudeo Tengur, président de ce syndicat.
<B>«Evaluer les ministres» </B>
D?autres estiment en revanche que le système est une bonne chose dans l?absolu, mais inapplicable à Maurice pour l?instant. «Non seulement il y a un manque de main-d??uvre dans tous les secteurs de l?éducation, mais surtout, il faut qu?il n?y ait plus d?interventions ministérielles. Il est navrant que ce sont les interventions politiques qui guident la performance», indique Narendranath Gopee, président de la Government Secondary School Teachers? Union (GSSTU).
Et d?ajouter que «s?il fallait vraiment l?appliquer, il aurait fallu commencer par évaluer la performance des ministres pour ensuite descendre aux autres branches des ministères, parce qu?aujourd?hui, je ne vois aucune nécessité de l?introduire. Nous sommes encadrés d?officiers qui ne prennent pas de décisions et de ministres qui imposent leurs décisions».
La crainte des sanctions est un autre sentiment qui cause la levée des boucliers. «En quoi cela contribuera à améliorer le service et l?Empowerment du prof. Il nous faut des réponses claires à ce sujet. Et il n?est pas question de sanctionner», déclare Soondress Sawmynaden. Cette question avait également été soulevée lors de réunions avec les centrales syndicales l?année dernière.
Au ministère de la Fonction publique, l?on relativise tout en précisant que le calendrier établi pour la mise en place du projet est indicatif. «Nous allons mettre l?accent sur les explications et cela prend le temps qu?il faut. S?il faut apporter des changements au système pour l?améliorer, nous le ferons», indique un responsable du dossier.
Le système d?évaluation avait été proposé dans le rapport du Pay Research Bureau de 2003, mais a été officiellement lancé le 8 novembre dernier. L?objectif déclaré est d?évaluer la performance de chaque fonctionnaire dans un cadre transparent dont les modalités sont discutées et finalisées de concert avec les syndicats des employés. L?intention de départ était d?étendre le système à l?ensemble de la fonction publique d?ici novembre 2008. Un objectif qui semble difficilement réalisable. Mais des projets pilotes sont déjà en cours dans certains ministères et agences depuis 2006.
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