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Chandrannee Henriksen dit avoir tué son mari par accident
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Chandrannee Henriksen dit avoir tué son mari par accident
Le procès intenté à Chandrannee Henriksen a débuté hier en cour intermédiaire. Elle est accusée de coups et blessures ayant entraîné la mort mais infligés sans intention de tuer. Elle plaide non coupable. Dans ses dépositions produites en cour, elle parle d?un ?accident?.
L?audience d?hier a été consacrée à la déposition de quatre officiers de police impliqués dans l?enquête. L?accusée est défendue par Me Premila Patten. La poursuite est représentée par Me Moun Seetaram. La séance a été largement dominée par la lecture des dépositions de l?accusée.
Celle-ci y relate que depuis son enfance elle habite à Rivière-du-Rempart. A l?âge de 16 ans, elle se marie une première fois à un Norvégien. De cette union naîtront deux filles. Durant l?année 1975, elle se sépare de son premier mari et quelque temps après, fait la connaissance de la victime, un autre Norvégien, Tom Henriksen, ex-journaliste. Le 17 mars 2000, elle se marie civilement avant de partir pour la Norvège. Le couple reviendra à Maurice pour habiter une maison à Goodlands.
Cette résidence elle l?a construite depuis 1997. Elle dit avoir, pour cela, contracté un emprunt auprès d?une banque de Norvège. Depuis 1999, elle occupe la résidence.
Mais ce n?est qu?après son mariage, dit-elle, qu?elle a constaté que Tom, son défunt époux, ?était un alcoolique?. Cela à travers le médecin de son mari. Et à chaque fois qu?elle tentait de l?empêcher de boire, elle était passée à tabac. Elle affirme qu?elle a même porté plainte à la police et au centre des femmes battues. Elle a également demandé et obtenu un protection order de la cour.
Le samedi 8 février 2003, Tom se remet à boire et l?aurait obligée à en faire autant. Son mari l?aurait ensuite insultée la traitant, de même que ses deux filles, de prostituées. Et elle n?a pas pu le tolérer. Ainsi, à chaque fois que son mari les insultait, elle lui mettait un torchon sur la bouche. Ce qui le calmait aussitôt.
Il est 20 heures. La situation empire. Son mari, ivre, la malmène verbalement, une fois de plus. Elle s?emporte et lui assène des coups de balai. Mais celui-ci, dit-elle, a continué à l?insulter. Elle prend alors un torchon et tente de le bâillonner. Ce faisant, poursuit-elle, Tom Henriksen gigote tant et plus que le torchon descend sur son cou. Croyant qu?il a simplement perdu connaissance, elle l?abandonne au salon et va dans sa chambre à coucher. Et lorsqu?elle s?est calmée, elle décide d?aller voir son époux qui n?a toujours pas repris connaissance. Elle appelle le Samu. Le médecin constate le décès et en voyant que la victime porte des blessures au visage, il alerte la police. L?autopsie conclut à l?asphyxie due à la strangulation.
<B>Somnifères achetés sans ordonnance</B>
Chandranee Henriksen est conduite au bureau de la CID Nord où elle est longuement interrogée. Elle finit par avouer avoir étranglé son mari sous l?emprise de la colère. Elle dira néanmoins que ?mo pas ti ena lintention fer du tort à Tom, c?est enn aksidan?. Celui-ci, dit-elle avait pris des somnifères plus tôt et elle pensait qu?il dormait. Elle dira avoir acheté les somnifères à une pharmacie de la localité sans prescription.
La police la confronte alors à une information en leur possession, soit un procès entamé en cour suprême par son époux qui lui réclamait plus de Rs 2 millions, somme qui représente, selon l?époux, sa contribution à la résidence de Goodlands. Un litige que son époux avait porté en cour après avoir appris que la mère avait inscrit la propriété au nom de ses filles. Chandrannee Henriksen avance que c?est elle qui a contribué à la majeure partie du coût de construction, soit trois quarts des Rs 2 millions. Elle concédera que les premiers orages, dans le couple, ont débuté avec le litige entourant cette résidence.
La police la confronte alors à une autre information. Les somnifères qu?avait pris son époux ne peuvent être achetés que sur ordonnance. Mais elle maintiendra les avoir achetés sans prescription à une pharmacie de la localité.
Hier, le sergent Gopaul a produit les dépositions de l?accusée. Le constable Payendee s?est expliqué sur certains points relevés dans un plan du lieu du crime. Le sergent Rungasamy a relaté qu?il avait rencontré l?accusée le jour du crime et que celle-ci lui a avoué avoir infligé des coups à la victime, qui portait uniquement un slip. Le sergent Salabee a, lui, expliqué avoir recueilli des bribes de ?fatak? sur le corps du défunt. La séance a été ajournée au 25 février de l?année prochaine.
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