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Contrôle aux frontières
Ashley Rose a quitté le pays malgré un «report upon departure»
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Contrôle aux frontières
Ashley Rose a quitté le pays malgré un «report upon departure»
Ashley Rose a quitté Maurice malgré un «report upon departure» émis à son encontre par l’ADSU. La seconde hypothèse évoquée dans certains milieux proches de l’enquête concerne une éventuelle exfiltration maritime.
L’affaire soulève aujourd’hui plus de questions que de réponses. Alor s qu’Ashley Rose est désormais soupçonné dans l’enquête sur les 155,7 kilos de cannabis saisis à La Réunion, le 26 juillet, un élément intrigue particulièrement les enquêteurs comme les observateurs : comment cet homme a-t-il pu quitter Maurice alors qu’un report upon departure avait été émis à son encontre par Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) ?
Selon le document consulté, l’ADSU avait adressé, le 17 mars 2026, une demande officielle au Passport and Immigration Office afin d’être immédiatement informée de toute tentative de départ du territoire d’Ashley Rose, qui a la double nationalité mauricienne et canadienne. Le document précise même que l’intéressé était «wanted for enquiry», c’est-à-dire recherché dans le cadre d’une enquête. Pourtant, plusieurs mois plus tard, Ashley Rose est soupçonné d’être au Royaume-Uni. La question est désormais simple : où le système a-t-il failli ?
L’historique des restrictions et des Variation Orders enregistrés à son encontre démontre que son dossier était déjà connu des autorités depuis plusieurs années. Des Variation Orders auraient été enregistrés en août 2023, suivis de déplacements autorisés vers Dubaï (aux Émirats arabes unis), la Chine, la Malaisie ou encore la Thaïlande. Une mention de «prohibition waived» apparaît également le 7 novembre 2024, indiquant qu’une interdiction de voyage avait été levée à cette période.
Mais l’ordre du 17 mars 2026 constitue un développement différent. À partir de cette date, l’ADSU demandait à être alertée dès qu’Ashley Rose se présenterait à un point de sortie du territoire. Or, selon les informations disponibles, l’intéressé aurait quitté Maurice le 27 juillet, soit au lendemain de la saisie spectaculaire réalisée à Bras-Panon, à La Réunion.
Deux hypothèses principales évoquées
La première est celle d’un départ régulier par l’aéroport. Si tel est le cas, les enquêteurs devront déterminer avec quel passeport il a voyagé. Certains enquêteurs s’interrogent notamment sur l’utilisation éventuelle de son passeport canadien. Mais même dans ce scénario, une question demeure : l’alerte émise par l’ADSU a-t-elle été correctement transmise et activée dans les systèmes de contrôle migratoire ?
La seconde hypothèse, évoquée dans certains milieux proches de l’enquête, concerne une éventuelle exfiltration maritime vers Madagascar avant un départ vers un pays tiers. Si cette piste devait être confirmée, elle ouvrirait un autre champ d’investigation. Comment une personne recherchée dans une enquête aurait-elle pu effectuer une traversée maritime sans attirer l’attention des autorités compétentes ? Les services portuaires, les garde-côtes et les autorités chargées du contrôle des mouvements de passagers auraient-ils été informés de l’existence du report upon departure ?
D’autres interrogations apparaissent également. Comment Ashley Rose aurait-il ensuite rejoint le Royaume-Uni ? A-t-il transité par Madagascar, la France ou un autre pays ? A-t-il bénéficié d’appuis logistiques ou de complicités lui permettant d’échapper aux radars ? Le déplacement récent d’enquêteurs de la Southern Division à Madagascar dans le cadre de l’affaire des quatre Mauriciens arrêtés en juillet alimente d’ailleurs les spéculations. Officiellement, aucune conclusion n’a été communiquée. Selon nos informations, certains estiment qu’un tel déplacement ne s’effectue généralement pas sans raisons sérieuses.
Au-delà du cas d’Ashley Rose, l’affaire met surtout en lumière une interrogation plus large sur l’efficacité des mécanismes de surveillance aux frontières. Si un individu faisant l’objet d’un report upon departure a effectivement quitté le territoire sans interception ni signalement immédiat, les autorités devront déterminer si elles sont confrontées à une simple défaillance administrative, à une erreur de procédure ou à quelque chose de beaucoup plus préoccupant.
Une chose est certaine : alors que l’enquête se poursuit sur l’axe Maurice-Réunion, le départ d’Ashley Rose demeure l’une des zones d’ombre les plus intrigantes du dossier. Nous avons posé la question au Police Press Office et il n’a pas souhaité commenter l’affaire.
Ashley Rose, l’ombre portée d’un système
Il ya des noms q u i reviennent dans les dossiers judiciaires comme des refrains. Celui d’Ashley Rose en fait partie. Cet habitant discret de Batterie-Cassée est soupçonné d’être au cœur d’une nouvelle affaire de trafic de cannabis après l’interception de 155,7 kilos de résine destinés au marché mauricien. Mais pour quiconque suit depuis trois ans les ramifications du dossier Franklin, ce nom n’a rien d’une découverte.
En mars 2023, Ashley Rose est déjà dans le viseur de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) dans le cadre de l’enquête tentaculaire visant le patrimoine de JeanHubert Célérine, alias «Franklin», figure présumée du trafic de cannabis entre Maurice et La Réunion. Inculpé provisoirement pour blanchiment d’argent, son domicile est perquisitionné : des véhicules de luxe, mais surtout des moteurs de hors-bord, dont l’origine et la destination interrogent les enquêteurs. Ces équipements, selon l’ICAC, pourraient avoir servi à des embarcations utilisées pour des liaisons maritimes clandestines entre les îles.
Prête-nom ou acteur autonome ?
L’hypothèse initiale – celle d’un simple prête-nom au service de Franklin – n’a jamais totalement convaincu certains enquêteurs. Pour eux, Ashley Rose pourrait disposer de son propre réseau du côté de PortLouis. Son nom s’inscrit d’ailleurs dans une constellation plus vaste, aux côtés de celui de Shaan Kumar Choolun, dit «Mithun», président de l’Eco Deer Park Association, lui aussi inquiété en 2023 dans le même dossier. Deux trajectoires qui se recroisent, trois ans plus tard, autour de la cargaison saisie à Bras-Panon.
Une cavale qui interroge
Le 27 juillet de cette année, au lendemain de la saisie réunionnaise, Ashley Rose aurait quitté Maurice. Il serait aujourd’hui localisé au Royaume-Uni. Un départ dont le timing, pour les enquêteurs, ne doit rien au hasard – sans qu’aucune preuve à ce stade n’établisse formellement de lien avec les faits.
Car il faut le rappeler : aucune juridiction n’a à ce jour déclaré Ashley Rose coupable de quoi que ce soit dans ce nouveau dossier. Reste une question lancinante que les enquêteurs cherchent à trancher : les moteurs de bateaux de 2023, les connexions avec Franklin, la fuite de juillet 2026 sont-ils des coïncidences répétées ou des traces d’un réseau qui aurait simplement changé de visage ?
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