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La clientèle en chute dans la restauration rapide
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La clientèle en chute dans la restauration rapide
?Mo pas kapav mont pri, si mo fer sa, mo nepli pou ena klian?, lâche, quelque peu amer, ce vendeur de dholl puri installé à la rue Edith Cavell. Il voit chaque jour augmenter le prix de ses ingrédients de base, dont les ?gros pois?, tandis que sa clientèle, elle, réduit à vue d??il. Le sort de Maya n?est guère plus enviable. Elle fait elle aussi des dholl puri, que son fils va vendre à proximité du jardin de la Compagnie, à Port-Louis. Dans ce métier depuis vingt-cinq ans, même si elle a dû à un moment donné changer de voie, elle y est revenue, pas par choix, mais par obligation. Aujourd?hui, elle s?en mord presque les doigts.
?Mo fer 50 dholl puri, ena foi lamoitie ladan retourne?, nous dit Maya avec dépit. Sa marge de profit est presque inexistante, dit-elle, mais elle ne peut augmenter ses prix. Alors, elle a essayé de substituer certains produits, par exemple les ?gros pois? qui ont été remplacés par des haricots. Ce qui n?a pas été au? goût des clients. Yusuf, vendeur de gâteaux frits, abonde dans le même sens. ?Ene gato mo ti bizin vann Rs 15 roupi, mo pe vann Rs 10 pou fer klian plezir?, nous dit-il. Dans ce secteur depuis quatre ans, il n?a jamais autant souffert que depuis ces neuf derniers mois, nous dit-il.
Du côté de la restauration rapide, le bilan est plus mitigé. Chez Tropic, un fast-food opérant au Caudan, on nous explique que les prix n?ont pas été revus, mais que les cuisiniers sont maintenant tenus de peser les produits avant la vente. Une marge a été établie par la direction, qui a choisi de diminuer un peu la quantité, tout en gardant les mêmes prix d?opération, même si les coûts d?exploitation ont augmenté.
Chez TyBreiz, qui opère, lui, au Port-Louis Waterfront, nous apprenons que les prix ont dû être majorés, ce qui n?a pas eu d?incidence sur le taux de fréquentation. Toutefois, l?augmentation n?étant que très récente, la direction de ce petit restaurant ne sait pas si elle doit s?attendre à une baisse de sa clientèle à l?avenir. Entre-temps, elle se dit très affectée par la montée des prix des denrées alimentaires et des autres produits entrant dans la préparation des plats. Tout comme Thierry Yau, de la chaîne de restauration Steers. A tel point qu?il envisage une augmentation des prix.
Dans une chaîne de pizzerias très connue, le constat est quelque peu différent. ?On constate une baisse au niveau de la vente, et notre marge de profit a baissé drastiquement.? Comment faire revenir les clients sans se ruiner ? Rares sont ceux qui abordent la question sereinement. A part peut-être la direction de Kentucky Fried Chicken, qui affirme, elle, que la qualité et la quantité de ses produits n?ont pas changé. Les prix non plus, nous affirme la direction de cette chaîne de restauration.
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