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Jagatsingh : Résultats désastreux pour le PTr

19 juin 2007, 00:00

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Le secrétaire général du Parti travailliste, Sir Kher Jagatsingh, ne passe pas par quatre chemins pour conclure que les résultats des élections législatives du 11 juin 1982 sont désastreux pour son parti. Il est toutefois assez intelligent pour balayer d’un revers de main un argument qui court dans des milieux labourites, à l’effet que cette cuisante défaite s’expliquerait par une fraude électorale massive. On voit mal, en effet, comment un parti d’opposition pourrait manipuler sur une grande échelle l’appareil électoral afin d’obtenir un scrutin en sa faveur. Il faut chercher ailleurs le bouc émissaire adéquat sur qui déverser tous les péchés travaillistes.

De tous ceux disponibles, Jagatsingh jette son dévolu sur celui qu’il pense le plus indépendant de la volonté de son parti, à savoir la situation économique et le chômage. Il n’a toutefois pas l’intelligence voulue pour se demander ce qu’a fait le gouvernement sortant pour remédier à cette crise économique et au chômage qui en résulte.

Du coup, il irait même jusqu’à reprocher à Sir Seewoosagur Ramgoolam d’avoir donné le droit de vote aux jeunes de 18 ans et plus car il estime que les jeunes, étant les principales victimes du chômage, ont voté massivement contre son parti, le 11 juin 1982. Ce mouvement anti-travailliste des jeunes se serait déjà manifesté le 20 décembre 1976. Il n’a pu que s’accentuer, toujours au dire du secrétaire général du PTr. Nous ne sommes pas obligés, bien sûr, d’épouser son point de vue. Et l’on peut tenir pour acquis que toute tranche de l’électorat, celle des moins jeunes comme celle des plus jeunes, vote à quelque chose près comme l’ensemble de l’électorat.

Jagatsingh va jusqu’à rappeler que le PTr compte 6 000 voix de retard dans chaque circonscription par rapport au MMM/PSM. Il estime que ces 6 000 voix sont celles des plus jeunes, plus perméables aux arguments militants parce que moins aptes que leurs aînés à se souvenir de tout ce que la nation mauricienne doit au PTr, depuis l’époque coloniale.

Jagatsingh espère que le PTr ne disparaîtra pas de la scène politique mauricienne. L’exécutif rouge se réunira sous peu et nommera divers comités de travail pour décortiquer les failles de la campagne électorale travailliste à la sauce Ekval-Napolitan et trouver la cause de la défaite massive du parti. L’Anglais dit à bon escient que pour enliser à jamais un problème, le meilleur moyen est encore de nommer un comité pour le résoudre. Et plus ce dernier est pléthorique, plus grands sont les risques d’obtenir un prompt ensablement.

Le PTr doit donc continuer à exister. Mais il a besoin d’autres dimensions, de restructuration, bref de sang nouveau. L’absence de toute opposition à l’Assemblée législative l’oblige à inventer de nouvelles méthodes de vigilance et de contrôle de l’action gouvernementale.

Pour le président du PTr, le Dr James Burty David, la lutte continue plus que jamais. Il n’y a pas d’autre mot d’ordre. La défaite du parti sera analysée circonscription par circonscription. Seront mises sur pied des commissions chargées respectivement des affaires économiques, des relations internationales, des relations syndicales (enfin !)

Il fait part de la disparition du PAN ou Parti de l’Alliance nationale. Le RPL de Philo Blackburn et le groupe Eliézer François retrouvent leur pleine indépendance et devront voler désormais de leurs propres ailes.

Le PTr ne compte pas se laisser déborder sur sa gauche et militera (?) sur le terrain en tant que parti de la gauche socialiste.

Mais peut-il avoir du changement au sein du PTr ? Le 15 juin 1982, Sir Seewoosagur Ramgoolam, 82 ans, soumet humblement sa démission comme leader du PTr. Bon nombre de membres de l’exécutif et non des moindres le supplient de reprendre sa lettre de démission. Et voilà de nouveau le Père de la Nation ne sachant plus ce qu’il doit faire pour le bonheur ou le malheur de son parti.

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