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Le projet de CT Power

16 juin 2007, 00:00

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A ce stade du débat, l?échange de points de vue est certes très difficile étant donné que les négociations sont actuellement en cours et que, pour des raisons évidentes, nous ne pouvons divulguer les chiffres précis. Toutefois, bien que les éléments de coûts partiels font actuellement l?objet d?une analyse rigoureuse, nous nous contentons d?affirmer que le coût total du projet de CT Power au kW fourni au réseau n?est guère plus cher que le projet de Savannah, et ce malgré près de quatre années d?écart entre les deux projets et malgré une technologie bien plus avancée et efficiente pour le projet de Pointe-aux-Caves.

Le calcul menant à la conclusion d?un différentiel de 25 %, comme avancé par M.R., est tout à fait erroné voire faux et nous nous ferons un plaisir de divulguer les chiffres de comparaison précis une fois le Power Purchase Agreement (PPA) signé, et bien évidemment si CTSAV et CT Power nous le permettent.

En ce qui concerne l?origine des équipements, il est un fait que le matériel chinois répondra rigoureusement aux mêmes normes que le matériel européen ou américain (CEI, ASME) d?où l?assurance d?une fiabilité reconnue par tous.

Charbon

Pour ce qui est de la fourniture du charbon, il a toujours été entendu que dans le cadre de ce projet, le Central Electricity Board serait responsable de son importation et tout autre renseignement à ce sujet n?est que rumeur et spéculation. Par contre, CT Power sera responsable du transport et de la livraison du combustible au site du projet. Il est toutefois vrai qu?un quai minéralier était à l?origine prévu par les promoteurs et que cet élément a par la suite été abandonné pour des raisons de coût. Bien évidemment, cet élément est pris en compte dans les négociations. La priorité pour nous demeure un prix garanti au kWh plus compétitif, avantageant ainsi le consommateur.

Pre-Development Bonds

Beaucoup a été dit sur ce sujet et des fonctionnaires sans défense ont même été lâchement menacés publiquement par certains. La raison invoquée d?une révision à la baisse du seuil de cette garantie ne semble pas convaincre M.R. et nous ne pouvons que prendre acte de son point de vue, et évoquer ici une deuxième raison.

Il est un fait que nous devons distinguer deux types de projets: ceux qui font l?objet d?un appel d?offres ouvert invitant ainsi les soumissionnaires dans le contexte d?un exercice motivé par un besoin de capacité (demand driven), et ceux qui sont issus d?initiative d?entrepreneurs dans un contexte (supply driven) où le risque d?un désistement éventuel est quasiment nul dans l?équarrissage de l?équation offre-demande. Le projet CT Power, tout comme ceux de CTBV, CEL ou FUEL (1998) figure dans cette deuxième catégorie et ne requiert donc pas ce type de garantie.

Par contre, les projets CTDS et CTSAV sont dans la première catégorie et, étant donné les risques associés à un désistement éventuel, le CEB insiste alors pour un Pre-Development Bond qui est d?ailleurs une condition mentionnée dans le document Request for Proposal. Pour le projet CT Power, l?amalgame a été fait entre ces deux types de projets et a été exploité par certains pour des raisons bassement politiques.

Rassurez-vous, M.R. pour les deux types de projets, le CEB exige un Development Bond dès que le financement est assuré suite à la signature d?un PPA.

Juge et partie

Sous ce chapitre, il y a encore une fois un amalgame du contenu d?un PPA et notamment des pénalités avec des conditions administratives associées aux démarches des promoteurs avant la signature du PPA ? ce qui n?a évidemment pas de sens !

En ce qu?il s?agit de la participation du CEB dans les projets Independant Power Producers (IPP), le concept en soi n?est nullement dérangeant et ce type de synergie se fait couramment dans le monde et même chez nos voisins de la Réunion où Electricité de France (EDF) est partenaire d?un IPP dans les deux grosses unités bagasse-charbon du Gol et de Bois-Rouge respectivement.

A notre connaissance, ce type de partenariat fonctionne sans ? encombre depuis plus de dix ans pourquoi donc pas à Maurice où le législateur a justement prévu un mécanisme régulateur avec la création d?un organisme de régulation pour arbitrer tout litige éventuel ?

Nous avons par ailleurs la Législation PPP qui est privilégiée à travers le monde pour les projets d?infrastructure d?envergure. Ne pas reconnaître les avantages d?une telle approche relève de la méconnaissance des tendances nouvelles dans les pays d?avant-garde. Le CEB ne peut se contenter d?une politique de «business as usual» dans ce monde dynamique et compétitif, mais nous constatons malheureusement que le conservatisme est encore bien ancré chez certains. Dommage !

Pas lieu de lire entre les lignes, cher M.R., pour constater que le CEB veut minimiser la production kWh charbon par les IPP, tout en optimisant la productible bagasse. La raison en est très simple. C?est la différence en rendement entre les deux technologies concurrentes. Il est important de réaliser que tout projet doit s?évaluer sur le coût global correspondant à son cycle de vie, soit sur 20 à 30 années.

La technologie du charbon pulvérisé de CT Power devrait permettre une économie annuelle sur le combustible de 5,32 MUSD, soit près de 175 millions de roupies pour 100 MW fourni au réseau, et au prix actuel du charbon.

Sur la vie de la centrale, chacun réalisera qu?un tel seuil devrait assurer une économie qui dépasse de loin le niveau d?investissement initial. Par conséquent, cet élément doit être déterminant dans les choix qui engageront notre pays pour les 30 années à venir, eu égard à la balance des paiements, ainsi qu?au prix d?électricité facturé à tous les secteurs de l?économie mauricienne?

Request for proposals

Les remarques faites sont pertinentes et serviront sans doute à l?avenir à tous ceux concernés. Pour ce qui est du présent, le développement économique soutenu du pays avec un investissement massif dans tous les secteurs ne permet pas un retour en arrière sans risque de black out évoqué récemment au parlement.

Un autre point mal compris est celui du rôle du EPC Contractor. Nous n?avons à aucun moment dit que le EPC Contractor sera le Operation and Maintenance Contractor et vous avez eu raison de différentier ces deux responsabilités distinctes. Autant pour nous si nous avons été mal compris sur cet aspect du projet !

En ce qu?il s?agit du choix d?EDF, vous êtes bien évidemment très renseigné sur la situation dans l?hexagone où plus de 80 % d?électricité est produit par le nucléaire. Toutefois, vous devriez savoir qu?EDF a également une compétence internationale dans tous les domaines de production d?énergie et le choix de ce consultant a été entre autres motivé par sa présence en Chine avec un bureau à Pékin où travaillent des ingénieurs chinois, particulièrement expérimentés dans le thermique classique et dans la fabrication des équipements de centrales et qui maîtrisent parfaitement la langue ? élément essentiel pour notre projet.

Vos commentaires nous rappellent qu?en 1997, le CEB avait subi les mêmes critiques pour le choix des moteurs sud-coréens Hyundai, ainsi que celui du consultant EDF pour les groupes trois et quatre de Fort-George. Dix ans après, ces moteurs demeurent les fleurons du parc thermique du CEB dans une centrale qui est une référence mondiale. Nous sommes convaincus que les «calèches fêlées» se trouvent ailleurs, et que nous vivons une répétition de l?histoire.

Quant à la chauffe tangentielle, rassurez-vous, M.R., c?est une technologie bien maîtrisée par les Chinois depuis plus de deux décennies ! Pour ce qui est des turbos alternateurs, un simple conseil? allez visiter Shanghai et vous serez tout à fait étonné de ce que vous verrez !

Les centrales privées américaines ne sont certainement pas des références pour ce qui est de l?environnement. Quant à nous, nous sommes confiants que les normes environnementales les plus strictes seront respectées et sommes même certains qu?à cet égard, la centrale de Pointe-aux-Caves sera à l?avant-garde non seulement dans le paysage mauricien, mais aussi dans la région, comme souligné par le ministre récemment.

Bénéfices ?

Le CEB compte certes engranger les bénéfices Carbon Credit associés à l?utilisation de la bagasse, mais il n?en reste pas moins vrai que malgré sa disponibilité locale, le prix payé par le CEB pour chaque kWh bagasse aux IPP est aujourd?hui supérieur à celui payé pour le kWh charbon ? incroyable mais vrai ! Ces crédits ne serviront qu?à corriger partiellement cette anomalie.

Nous sommes finalement, quand même en parfait accord sur un point essentiel : la politisation démesurée et excessive associée aux choix futurs en matière d?énergie est loin de conduire à un objectif d?intérêt national que doit susciter tout nouveau projet important. Que M.R. soit rassuré ! Ce n?est pas les questions des membres du parlement qui nous gênent ? au contraire cela nous permet d?éclaircir certains points. Ce que nous trouvons de mauvais goût et antipatriotique c?est que certains veulent associer un motif sinistre à ce projet.

Soyez encore rassuré, cher M.R., que «proche ou pas du pouvoir», chaque promoteur fera l?objet d?un examen critique approfondi et sans complaisance aucune de sa proposition par notre entreprise dans l?intérêt supérieur de la nation. L?épisode d?un matériel de seconde main (CTDS) ne sera certainement pas répété. Comme vous, nous sommes convaincus qu?il existe au CEB des personnes tout à fait compétentes et intègres pour mener à bien toute proposition de projet.

Par Patrick ASSIRVADEN

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