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15 juin 2007, 00:00

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● <B> Quels sont les différents types de dépenses de l?état ? </B>

Le budget national comprend deux axes principaux, le budget de fonctionnement (dépenses courantes) et le budget de développement. Le budget de fonctionnement couvre les dépenses tels les salaires des fonctionnaires, le service de la dette, les différentes pensions, les subsides et autres prestations sociales de même que les frais généraux de l?administration publique.

Le budget de développement (capital budget) prévoit les ressources financières pour les travaux publics, dont la construction et/ou l?amélioration de nouvelles infrastructures physiques (routes, écoles, hôpitaux, logements sociaux?) et pour l?achat des équipements.

● <B> Comment l?état finance-t-il son budget ? </B>

L?exercice budgétaire consiste à faire un relevé des recettes de l?année financière en cours et d?effectuer des projections en termes de rentrées d?argent dans les trésoreries de l?état pour l?année à venir. Les revenus de l?état proviennent essentiellement (pour plus de 90 %) des taxes, directes et indirectes.

Les taxes directes sont l?impôt sur le revenu des particuliers (income tax) et l?impôt sur les compagnies (corporate tax). L?état frappe aussi certaines transactions, tel le transfert des biens mobiliers et immobiliers, notamment sous forme de frais d?enregistrement. Le gouvernement a introduit l?année dernière la National Residential Property Tax. Cette taxe n?est toutefois pas encore en vigueur.

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les droits de douane et les droits d?accise (excise duties) font, eux, partie des impôts indirects.

Il existe aussi une part de revenus non fiscaux. Les dividendes des compagnies d?État, les transferts de profits de la Banque de Maurice et les recettes de la privatisation des biens de l?État en sont quelques exemples.

● <B> Quels sont les dangers du déficit budgétaire ? </B>

Le budget affiche un déficit lorsque ses dépenses dépassent ses recettes. Dans une telle situation, l?état a recours à des dettes pour financer le déséquilibre dans ses finances. Ainsi, la dette publique représente l?accumulation des déficits fiscaux pendant des années. Elle est financée par des emprunts domestiques et étrangers.

Un déficit budgétaire a, à la fois, un bon et un mauvais côté. Certains déficits aident à relancer l?économie dans une période de récession. L?état peut essayer de ranimer une activité économique morose en injectant des fonds dans les grands chantiers publics. Cette démarche a pour conséquence de créer plus de croissance et d?emplois dans le pays. L?état récupère une partie de cette effervescence sous forme de meilleures recettes fiscales. En d?autres mots, un déficit actuel peut aider à combler les déficits futurs.

Néanmoins, un déficit est dangereux lorsqu?il est chronique et qu?il entraîne les finances publiques dans une spirale de la dette. Plus il y a des trous dans le budget, plus il faudra emprunter pour les combler. Le service de la dette accentue alors le déséquilibre du budget, au point que les emprunts continuent d?augmenter même si le gouvernement réduit ses dépenses.

Les comptes du gouvernement à Maurice souffrent d?un déficit chronique, ce qui n?est pas une situation saine. Le déficit fiscal était de l?ordre de 5,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2005-2006. Il devrait descendre sous la barre de 5 % pour la présente année financière. Ce chiffre est toujours élevé par rapport aux normes internationales qui, elles, établissent un taux de 3 % du PIB.

● <B>Pourquoi le gouvernement se plaint-il d?une marge de man?uvre étroite face aux demandes pour des dépenses additionnelles ? </B>

Un déséquilibre fiscal chronique limite les choix d?un gouvernement pour développer les infrastructures et améliorer les services publics. Le service de la dette absorbe un quart des revenus de l?état. Les salaires et gages de l?administration publique, les pensions et subsides représentent respectivement 30 % et 37 % de l?argent disponible. Dans ce schéma, il ne reste que 8 % des ressources pour le budget de développement.

● <B> Dans quelle mesure la dette publique influence-t-elle les secteurs productifs ? </B>

L?État émet des bons du Trésor pour lever des fonds auprès d?institutions financières et d?autres investisseurs. Pour les attirer, le gouvernement doit souvent proposer des taux de rendement attrayants, ce qui risque de provoquer une hausse généralisée dans les taux d?intérêt sur le marché des capitaux.

Les entreprises peuvent être pénalisées par la cherté de l?argent. L?investissement privé en souffre. Il y a aussi un danger de ?crowding-out effect?, soit une situation où l?état mobilise des ressources financières qui au lieu d?aller vers les secteurs productifs qui en ont besoin pour créer de nouvelles richesses, servent à combler les déficits.

● <B> Quels sont les moyens dont dispose le ministre des Finances pour réduire le déficit fiscal ? </B>

De manière générale, le gouvernement doit trouver de nouvelles sources de recettes, améliorer la collecte de la taxe et réduire les dépenses, pour rééquilibrer ses comptes.

Le Fonds monétaire international (FMI) a suggéré plusieurs idées pour augmenter les revenus, notamment en élargissant l?assiette de la TVA. Il a aussi préconisé une série de coupures budgétaires, comme l?abolition du transport gratuit. Le FMI suggère aussi une réduction des effectifs du secteur public et un processus accéléré pour l?extension de l?âge de la retraite dans le but de réduire la pression sur les pensions.

Le gouvernement compte aussi sur une croissance économique robuste pour générer des taxes additionnelles.

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