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« Pour Maurice, les effets peuvent être plus graves qu?on ne le pense »

29 avril 2007, 00:00

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On met de plus en plus l?accent sur le développement économique et industriel à Maurice. Mais ne trouvez-vous pas que cela est fait au détriment d?une conscience écologique ?

Il existe diverses manières de se développer. Il faut tout d?abord investir dans des technologies propres. Si on ne considère que l?aspect du développement économique, le pays paiera les pots cassés plus tard. Je vous donne un exemple simple. Il y avait une dame qui habitait près d?une route sur laquelle les autobus passaient tout le temps. Comme elle ne cessait de respirer les émissions des gaz des pots d?échappement, elle a développé un asthme qui a fini par lui être fatal. Il faut savoir qu?aujourd?hui, tous les pays, qu?ils soient développés ou en voie de développement, ont pris conscience de cela et agissent en conséquence.

À Maurice il y a la politique du développement propre, mais il existe certains cas qui nous échappent. Il faut que ces derniers soient rapportés. Ce qu?il faut, c?est un contrôle assidu. Il nous faut également une sensibilisation systématique. Vous imaginez qu?il y a aujourd?hui certains industriels qui ne savent pas ce qu?est le réchauffement climatique !

Selon vos observations, comment évolue la situation ?

Les émissions de gaz à effet de serre ont très nettement augmenté, provoquant ainsi le réchauffement de la planète. Pour exemple, c?est en 1850 que le taux de gaz carbonique dans l?atmosphère a été mesuré. Cette année-là, ce taux était de 250 particules par million, alors qu?aujourd?hui le taux se chiffre à 379, et il ne cesse d?augmenter, avec des répercussions sur d?autres plans également tels que l?agriculture, la santé. Avec la température qui monte, les maladies se développent et prolifèrent. Ainsi, il y a eu des cas de malaria même en Floride. Autre exemple, celui de la couche d?ozone qui est affectée par le gaz carbonique. Les mauvais rayons ultraviolets viennent vers nous et affectent les yeux et la peau.

Et qu?en est-il de Maurice ?

Maurice n?est pas épargnée. Selon des études réalisées par la station météorologique depuis 1950, la température a augmenté en moyenne d?un degré, alors que le taux de pluie a diminué de 8 %. L?agriculture en a été affectée. Certaines plantes ne poussent plus soit parce qu?il fait trop chaud, soit parce que le temps est trop sec. Autre exemple : celui des cyprès en bordure de la route de Saint-Paul. La sécheresse et la trop grosse température de 1998 ont provoqué la mort de 90 % de ces arbres. Je pense que pour Maurice, les effets peuvent être plus graves qu?on ne le pense.

Doit-on se dire qu?il est trop tard et qu?il n?y a plus rien à faire ?

Même si l?on cesse de produire des gaz à effet de serre, les conséquences se feront ressentir durant les 50 prochaines années. C?est aux grands pays de contrôler leurs émissions et de trouver des sources d?énergie plus propres, des technologies plus performantes.

On parle de plus en plus de technologie propre, mais est-ce faisable dans la pratique ?

Je pense que oui, et je suis optimiste sur ce point. Par exemple, les pays scandinaves ont un projet de carbon sequestration. Cela consiste à filtrer et à conserver les gaz carboniques émis dans l?atmosphère pour ensuite les enfouir sous la surface de la terre. Cette démarche ne se fait, pour le moment, que sur une base expérimentale, et cela coûte très cher.

Un autre projet prometteur est celui d?utiliser l?hydrogène comme source d?énergie. Lorsque l?on brûle l?hydrogène, l?émission est de zéro puisque ce gaz se transforme en vapeur d?eau. On commence déjà à l?utiliser en Californie, mais là également, c?est une technologie très coûteuse.

Et les grands pays industrialisés, ceux qui sont les plus pollueurs commencent à adopter une technologie plus écologique. Même si George W. Bush s?est retiré du protocole de Kyoto pour des raisons politiques les États-Unis adoptent une stratégie écologique.

Propos recueillis par S. A.

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