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Des navires évitent de faire escale à Port-Louis
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Des navires évitent de faire escale à Port-Louis
Avec la détérioration de la situation dans le port, des navires commencent à brûler l?escale Port-Louis. La raison : ils ont à attendre trop longtemps en tête de rade avant de pouvoir décharger leurs marchandises. Un des navires compte transborder en Afrique du Sud ou en Malaisie des marchandises destinées à Port-Louis, et un autre a choisi de le faire à la Réunion.
?La situation est dramatique. Nous avons fait part de nos appréhensions à maintes reprises aux autorités portuaires mais on bouge fixe. Ce qui est grave c?est que des navires ont commencé d?aller débarquer dans d?autres ports des marchandises destinées à Port-Louis?, dit Brajen Hazareesingh, président de l?Association des agents maritimes.
C?est le cas, par exemple, pour Maersk Drammen qui a décidé d?éviter Port-Louis. Initialement il était attendu le 29 avril mais il ne devait avoir une place à quai que le 4 mai. Ses armateurs estimant que l?attente du navire à Port-Louis sera trop longue, le bateau se trouve actuellement en Afrique du Sud. S?il a du temps, il va laisser à Durban les conteneurs destinés à Port-Louis. Ou alors, il ira directement les transborder en Malaisie en attendant qu?un autre navire les achemine ultérieurement à Port-Louis.
Le Maersk Drammen transporte, entre autres, des conteneurs de produits frigorifiés à destination de Port-Louis et d?autres ports de cette région de l?océan Indien. Que le navire décharge les conteneurs à Durban ou qu?il les transborde en Malaisie, cela prendra entre sept et quatorze jours pour que les conteneurs arrivent à Port-Louis.
Il y a aussi le cas du CGM-CMA Lavender qui devait arriver à Port-Louis le 21 avril. Mais il a mis le cap directement sur la Réunion où il laissera 400 conteneurs de fret mauricien et de transbordement pour d?autres ports de la région, notamment Madagascar et Mayotte. Il transporte des denrées alimentaires de consommation courante, des matières premières pour la zone franche et des conteneurs réfrigérés.
Trouver des solutions immédiates et rapides
?Les acheteurs de nos produits textiles, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, sont très inquiets de la situation dans le port et de la stratégie des lignes maritimes. Une réunion est prévue lundi avec toutes les grosses entreprises du secteur textile pour essayer de trouver des solutions à ces problèmes?, dit Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Processing Zone Association. Elle est aussi présidente du Port Users Council, une association des partenaires dans le secteur portuaire.
Le Master I, attendu le 26, ne pourra travailler que le 29 au soir. Le Hanza Stavanger, attendu le 26, aura une place à quai que le 1er mai. Alors que le Sederberg, attendu le 27, aura à attendre sept jours, soit jusqu?au 4 mai.
Outre les coûts fixes d?opération pour les jours d?attente, il y a également les frais additionnels de bunker qu?il faudra encourir pour arriver à temps dans le prochain port après Port-Louis. Sans compter les coûts supplémentaires de stockage de conteneurs vides qui n?ont pu être évacués à temps. Pour Maersk, par exemple, ces conteneurs vides doivent être acheminés vers les ports de l?Extrême-Orient.
Dans les milieux portuaires on estime de façon unanime qu?il ?faut trouver une solution immédiate et rapide pour débloquer la situation en attendant l?arrivée des deux nouveaux portiques en octobre?.
Des compagnies maritimes considèrent qu?une des solutions pour les autorités portuaires est de louer des équipements du privé. Des dispositions devraient aussi être prises pour que deux navires puissent opérer 24 heures sur 24 sur les anciens quais connus comme le Multi-Purpose Terminal. Cela empêcherait la détérioration de la situation et l?abandon de la desserte de Port-Louis par des lignes maritimes majeures.
Conditions climatiques, manque d?équipements, problèmes techniques chroniques avec les portiques, arrivée simultanée d?un grand nombre de navires sans grues, et l?accroissement des activités de transbordement, sont parmi les raisons qui provoquent de longues attentes en rade.
?Si la situation perdure il y a des armateurs qui décideront dans les jours à venir si leurs navires auront à éviter de faire escale à Port-Louis. Le fret risque d?augmenter à l?import et à l?export en raison de la hausse des coûts d?opération des lignes maritimes, et cela risque d?avoir des répercussions sur les consommateurs?, déclare un responsable d?une ligne maritime.
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