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2007, l?année des chantiers
Aline GROËME
Premier jour de l?an. Est-ce une occasion de se réjouir pour le secteur culturel ? Justement, comme c?est le jour des bonnes résolutions, prenons celles qui mènent au changement. Au vrai.
Reposons donc la question : est-ce une occasion de se réjouir ? Au lieu de faire la grimace. De répondre par un banal, ?cela dépend?. D?éviter la question, ?cela dépend de qui ou de quoi ?? en se lançant dans des considérations sur les compétences des uns, la volonté des autres et l?inertie de tous, faisons de sorte que cela dépende (enfin) de nous.
Assumons nos engagements. Pas ceux futiles, des résolutions à peine prises aussitôt oubliées. Mais d?abord celui de ne plus attendre ce que le gouvernement peut faire pour nous. Jurons que l?on ne nous reprendra plus à dire : ?gouvernman bizin okip nou.? N?ayons rien de commun avec des parasites qui espèrent toujours que l?aide viendra d?en haut, sans jamais s?aider eux-mêmes.
Soyons (enfin) responsables. Comme le sont, par exemple, la Fondation Spectacle et Culture et l?Amicale France Maurice, dans le cas du Plaza. Car 2007 s?annonce comme l?année des chantiers. Faisons de sorte qu?elle sorte des sentiers battus de la continuité.
Mais revenons à l?exemple du théâtre municipal de Beau-Bassin-Rose-Hill. Nous avons dit municipal, mais en terme réel, la municipalité a fait aveu d?échec. A reconnu sobrement son incapacité d?assumer seule les frais de rénovation, ce théâtre fermé depuis deux ans? pour cause de rénovations. Cela, c?était en 2006. D?autres diraient hier. Nous préférons regarder vers demain. Cet après, où privé et public pourront gérer ensemble un théâtre. Marier art et argent. Sensibilité et rentabilité.
C?est ce chantier-là le plus important. Celui de nos attitudes en perpétuelle reconstruction. Démolition des cloisons. à bas les murs qui nous cachent aux regards du voisin, quand ce n?est pas pour cacher ce voisin que l?on ne saurait voir.
Osons. Ayons le courage de ?célébrer nos valeurs, d?affirmer notre identité?. Non plus en isolation mais dans un concert d?approbation. Pour la première fois, Maurice a fait la fête à la créolité. C?était en 2006. Raphael Confiant, écrivain martiniquais et militant de la cause créole avait été annoncé. Mais il n?est pas venu. Ce n?est plus le moment de demander pourquoi.
Demandons-nous plutôt comment sera la prochaine édition de cet événement. Y aura-t-il une deuxième édition ? Les politiques (surtout Xavier-Luc Duval, ministre du Tourisme qui a indiqué en 2006, sa nette préférence pour les industries culturelles pour espérer atteindre le seuil de deux millions de touristes par an), ont tenu des discours nouveaux à cette occasion. Le sens des mots ? celui que nous leur donnons tout bas mais que nous nous gardons d?exprimer tout haut ? a trouvé une plate-forme où s?exprimer. Pour non plus ?amize kreol me selebre kreol? comme l?a nuancé Danielle Palmyre Florigny, responsable de l?école de catéchèse.
Changer d?attitude. C?est aussi changer de politique. Mais que faire quand, après plus d?un an, l?impression dominante que donne le ministère des Arts et de la Culture, c?est qu?il n?y a pas de politique cohérente ?
Exemple : la saga des centres culturels. D?abord, il y a eu la promptitude avec laquelle s?est mise en place l?opération lev pake ale. Suivi d?un coma qui dure encore. à son arrivée aux affaires, le gouvernement a exprimé sa volonté de défaire la politique de parcellisation de la culture. Nous avons applaudi. Mais nos mains brassent désormais de l?air vide. La problématique des centres culturels ? et la propagation d?une culture diversifiée - a été ramenée à de bases questions de terres et de bail. De boutes.
Un chantier, c?est la construction d?un tout. Saurons-nous attendre que la maison soit finie pour l?occuper ou allons-nous nous contenter de colmater quelques fenêtres, et d?habiter dans un deux-pièces pas encore fini ?
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