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La roupie dégringole malgré des réserves en hausse
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La roupie dégringole malgré des réserves en hausse
Une année difficile pour la monnaie locale. En douze mois, elle a perdu 23 % de sa valeur face à l?euro, 25 % par rapport à la livre sterling et 10,4% vis-à-vis du dollar. Le marché de change est, depuis plusieurs mois, la proie d?une spéculation contre la roupie. Pourtant, les réserves internationales demeurent robustes. Les réserves nettes du pays s?élevaient à Rs 69,5 milliards à la fin du mois d?octobre. Ce chiffre représente 35,8 semaines d?importation (contre 35,3 semaines à la fin de septembre).
Mais les réserves ne se traduisent pas en liquidités suf-fisantes sur le marché. La faiblesse de la monnaie locale est la conséquence d?une pénurie de devises en circulation. Face à ce resserrement, il faut débourser plus de roupies pour pouvoir s?acheter des euros, des livres sterling et des dollars américains.
Afin de renverser cette tendance, il est impératif de restituer la confiance des investisseurs, des épargnants et des opérateurs dans la monnaie locale. Une des priorités du successeur de Ramesh Basant Roi à la tête de la Banque de Maurice sera de stopper la dégringolade de la roupie vis-à-vis des devises fortes. Beaucoup d?investisseurs et d?opérateurs anticipent une dépréciation continue de la roupie. Ils préfèrent préserver leurs devises et privent ainsi le circuit forex de la liquidité.
Un retour au contrôle de change ?
Les dépôts en monnaies étrangères s?accumulent dans les banques mais ne sont pas convertis en roupie. Ils sont passés de Rs 176,9 milliards à Rs 247,9 milliards entre janvier et octobre 2006. ?Cet argent appartient aux déposants. Nous ne pouvons pas puiser des devises de ces dépôts pour alimenter le marché de change. Ces clients placent leurs devises dans des dépôts. Ils ne nous les vendent pas?, explique un trésorier de banque.
Il est impératif que la confiance dans la monnaie locale s?affermisse pour changer les comportements et les anticipations des ?spéculateurs?. ?Le marché s?attend que le prochain gouverneur de la Banque centrale ait suffisamment d?autorité pour stabiliser la roupie?, commente un observateur.
La Banque centrale dispose de plusieurs moyens pour influencer le marché de change. Parmi ceux-ci, il y a les interventions verbales (moral persuasion) auprès des acteurs du marché tels les banques commerciales, les cambistes et les fournisseurs de devises (le Syndicat des sucres, les hôteliers, les entreprises de la zone franche et autres exportateurs) afin d?atteindre l?objectif recherché.
Le gouverneur sortant a menacé les ?spéculateurs? de mesures sévères lors de son discours à l?occasion du traditionnel dîner de fin d?année, le 1er décembre. Toutefois, il n?a pas dévoilé les initiatives. Cela a laissé la voie libre à plusieurs interprétations dont un retour au contrôle de change.
C?est du côté du ministère des Finances que semblent venir des actions pour trouver une solution au manque de devises dans le circuit. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a affirmé mardi dernier, lors de sa dernière conférence de presse de l?année, qu?il rencontre les différents partenaires tels les banques et les opérateurs à cet effet. Le ministre dit exclure le recours à des mesures extrêmes tel le rétablissement du contrôle de change. ?Nous sommes en train de trouver une solution dans le cadre de l?économie du marché. Nous privilégions le dialogue et la moral persuasion?, a indiqué le ministre.
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