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Le respect de l?autre
Cher monsieur
Dans un récent article de presse, M. Alain Tolbize, président de la Rodrigues Government Employees Association a donné une interview très pertinente intitulée J'ai peur pour Rodrigues sur la situation qui prévaut dans le pays actuellement. Courageusement, ce syndicaliste a, dans sa réflexion riche d?enseignements, dit tout haut ce que la société civile rodriguaise a toujours pensé. Une claque magistrale à la communauté politique locale.
La crise politique de Rodrigues nous a montré la face cachée de nous, Rodriguais. Elle a démontré comment nous-mêmes nous ne cultivons pas assez l'estime de soi et le respect de l'autre comme richesse. On peut ne pas être d'accord avec Serge Clair sur divers sujets. Mais-là, à vouloir lui ôter sa vie lors de la manifestation des pêcheurs, est un pas qu'il ne fallait pas franchir. Rodrigues est une population majoritairement de foi catholique. Où est passé le sens des valeurs de l'Évangile, humaines et démocratiques?
Le premier mandat de l'autonomie politique est un échec pour nos deux partis politiques, l'Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) et le Mouvement Rodriguais (MR).Oui, un échec car le syndrome de la politicaille malsaine gagne du terrain chez nous Depuis la prise du pouvoir régional par le MR, l'homme de la rue constate comment son langage d'hier a radicalement changé aujourd?hui. Par exemple, l'adjoint au Chef commissaire et commissaire de l'Éducation, M. Jhabeemisar : il a dit lors de sa prestation de serment que la jeunesse doit voir ce qu'elle peut faire pour le pays et non le contraire. C'est un discours qu?on n?entendait pas quand il était dans la Minorité. La commissaire (transfuge) de la Santé, Mme Lindsay Castel, elle, trouve que la construction d'une clinique, par l'Etat ou le secteur privé une priorité alors que ce même parti milite pour l'éradication de la pauvreté. Quant aux promesses faites à l'intention des pêcheurs pour résoudre leur problème d'allocation de mauvais temps, ceux-ci sont restés sur leur faim. Ils auront des allocations de mauvais temps temporaires de mille roupies uniformes pour une période de six mois. Après quoi les mesures budgétaires dans ce secteur seront appliquées avec Rs 155 par jour de mauvais temps. Les autorités régionales doivent leurs expliquer le concept de l?Empowerment Fund, du Fishermen Investment Trust et celui du programme de coopération décentralisée. Les organisations de pêcheurs de l'île devraient interpeller l'actuel régime régional sur ce brûlant dossier. Valeur du jour nos deux gouvernements régionaux successifs n'ont pu faire reculer le gouvernement central sur deux mesures budgétaires : cette même allocation de mauvais temps et l'achat du riz de ration et de la farine aux mêmes prix que nos compatriotes de Maurice. Pas drôle car l'électorat rodriguais ne vote pas à Maurice. La vente des voitures Pajeros pour subventionner ces deux commodités se fait toujours attendre ! Dire que le MR a un rapport favorable auprès du gouvernement central ! M. Johnson Roussety avait dit à ses sympathisants à Mourouck que si le problème des pêcheurs n?est pas résolu, il allait démissionner.
La guerre des chefs s'amplifierait, sous tapis, dans ce même parti. Le choix des commissaires par le MR laisse à désirer. A Rodrigues on connaît les raisons des deux démissionnaires de l'OPR pour rejoindre le camp adverse du MR. L'association de jeunesse de l'île ne s'identifie pas au nouveau titulaire de ce poste. Il faut nous expliquer comment l'homme du Sud, directeur d'hôtel, est engagé comme adviser en matière de tourisme auprès du bureau du Chef commissaire ? Le premier conseil d?administration de la Rodrigues Educational Developpment Company (REDCO) n?est qu?une nomination politique. Parmi eux, certains ne connaissent rien des réalités des collèges.
Il semblerait que l'OPR, lui, s'est injecté une dose de sérum après sa démission en bloc à l'ARR. Ses meetings politiques régionaux attirent une bonne assistance. L'espoir de ses dirigeants renaît pour reconquérir le pouvoir qui a été hijack. Les discours de son chef sont très prudents. La population rodriguaise a pesé les faiblesses et les forces de ces deux partis politiques. Il incombera maintenant à l'électorat de faire un choix politique éclairé lors des prochaines élections régionales. Des gens d?ici et d?ailleurs réclament que ces mêmes élections soient anticipées pour permettre au peuple de Rodrigues d'élire un nouveau gouvernement régional clair, net et légitime.
RICKY
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