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Scotland Yard dit avoir évité un nouveau 11 septembre

13 août 2006, 00:00

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En arrêtant 24 personnes quelques jours avant qu?elles ne passent à l?action, la police britannique a déjoué un complot qui visait à faire exploser plusieurs avions simultanément entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, annoncent les autorités du pays.

La révélation du complot, dont les auteurs comptaient introduire à bord des avions des explosifs maquillés en boissons, a aussitôt entraîné l?application de nouveaux dispositifs de sécurité dans les aéroports des deux côtés de l?Atlantique, qui ont connu une journée de chaos.

Des représentants de la sécurité britannique ont dit que les suspects étaient suivis depuis huit mois.

« Nous pensons avoir déjoué un complot terroriste qui visait à provoquer des destructions et des pertes humaines incalculables », a déclaré le 11 août le numéro deux de la police londonienne, Paul Stephenson.

« En termes plus simples, il s?agissait d?une tuerie d?une violence inouïe. » Selon le secrétaire américain à la Sécurité intérieure Michael Chertoff, « le plan visait à provoquer de multiples attentats-suicides sur des avions, pratiquement au même moment ».

Le complot visait dix avions

D?après lui, l?impact aurait été similaire à celui des attentats du 11 septembre 2001, dont on commémorera bientôt le cinquième anniversaire. Si le complot avait abouti, a-t-il dit dans une interview sur la chaîne PBS, « nous aurions subi une catastrophe d?une ampleur comparable au 11 septembre, avec des centaines, voire des milliers de morts ».

Un responsable du renseignement américain a déclaré à Reuters que les attentats étaient prévus dans quelques jours.

« Ils étaient à environ deux jours d?un test, et à quelques jours de passer à l?acte », a-t-il dit.

Le président américain George Bush a jugé que ce complot rappelait à son pays qu?il était « en guerre contre des fascistes islamiques ». Il avait été tenu au courant ces derniers jours de l?imminence de l?opération de police.

Le secrétaire britannique au Home Office (ministre de l?Intérieur) a estimé que les principaux responsables du complot avaient été arrêtés, mais la chaîne de télévision américaine ABC cite des responsables américains non identifiés selon lesquels cinq suspects seraient encore en liberté.

La police britannique n?a pas souhaité faire de commentaires à ce sujet. Le Pakistan a fait savoir que ses services de renseignement avaient contribué à déjouer le complot et qu?ils avaient arrêté plusieurs personnes, sans préciser combien.

L?affaire intervient 13 mois après que quatre kamikazes britanniques eurent fait 52 morts et 700 blessés en se faisant exploser dans les transports en public londonien.

Un responsable du renseignement américain a fait savoir que le complot visait dix avions mais aucune ville. Selon Chertoff, le complot en était au stade final des préparatifs. « Les terroristes comptaient transporter les ingrédients des bombes, dont des détonateurs et des substances explosives liquides, maquillées en boissons, en composants électriques ou autres objets de consommation courante », a-t-il dit.

Cette opération fait penser, a-t-il ajouté, à un complot d?Al Qaïda, « mais comme l?enquête est en cours, nous ne pouvons formuler de conclusion définitive ».

« L?opération avait pour base la Grande-Bretagne, elle était avancée, impliquait beaucoup de monde et avait une portée internationale. » Pour Peter Clarke, le chef de la section antiterroriste de la police de Londres, le complot était de « dimension mondiale ».

La police britannique n?a pas fourni de précisions sur l?identité des suspects arrêtés, mais selon la Banque d?Angleterre, qui a gelé leurs comptes, la plupart des personnes habitent Londres et nombre d?entre elles portent un nom à consonance arabe. Il s?agit de Abdula Ahmed Ali, Cossor Ali, Shaza Khuram Ali, Nabeel Hussain, Tanvir Hussain, Umair Hussain, Umar Islam, Waseem Kayani, Assan Abdullah Khan, Waheed Arafat Khan, Osman Adam Khatib, Abdul Muneem Patel, Tayib Rauf, Muhammed Usman Saddique, Assad Sarwar, Ibrahim Savant, Amin Asmin Tariq, Shamin Mohammed Uddin.

Le suspect le plus âgé de cette liste, Shamin Mohammed Uddin, a 35 ans et le plus jeune, Abdul Muneem Patel, a 17 ans. Deux sont des ressortissants britanniques d?origine pakistanaise.

© Le Nouvel Observateur

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