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MSM et MMM évoquent «une vague d?opposition»

12 août 2006, 00:00

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Les mots ne sont pas les mêmes mais les idées, elles, se rejoignent. Au sein de l?opposition, le ton monte et chacun de son côté, le Mouvement socialiste militant (MSM) et le Mouvement militant mauricien (MMM), parlent de «frustration» qui grandit au sein de la population et de la mobilisation générale qui en résulte. «Descendez dans la rue, préparez-vous aux élections générales», devait lancer Paul Bérenger, le leader mauve, hier. C?était lors d?un meeting à Chemin-Grenier, devant 1 500 personnes ? 2000selon les organisateurs.

En présence d?Alan Ganoo, Sam Lauthan, Pradeep Jeeha, Abdullah Hossen, Danièle Perrier et des autres dirigeants du parti, Paul Bérenger devait même établir un pronostic : «Ce sera un 60-0 comme en 1982», lance-t-il à une foule attentive et même très réceptive à ses propos. Ce qui rejoint le discours tenu, hier, par Nando Bodha, leader de l?opposition et secrétaire général du MSM, lors d?une conférence de presse au Sun Trust : «Une vague nationale d?opposition est en trainde monter».

Et le MSM de souligner qu?aujourd?hui, le gouvernement serait en minorité, ce qui serait, selon ce parti, la conséquence directe des décisions impopulaires prises par l?équipe au pouvoir récemment, de la situation au niveau de la sécurité publique ainsi que des « fausses promesses électorales ». «Aujourd?hui, même les députés et ministres de l?Alliance sociale rencontrent des problèmes lorsqu?ils descendent sur le terrain », a affirmé Nando Bodha.

Ce dernier constate que la frustration est à tous les niveaux et qu?elle apparaît à travers des manifestations populaires. Et de parler aussi de la mobilisation des syndicats, des forces vives et des ONG, voire des « grands partis » de l?opposition qui, selon lui, « vont dans le même sens ».

Le mot frustration revient dans la bouche de Sam Lauthan, le président du MMM : «Il est clair qu?il y a frustration», dit-il, se référant aux difficultés des petits planteurs et des pêcheurs ainsi que de la diminution du budget des ministères à vocation sociale. «Les petits planteurs sont appelés à disparaître», surenchérit Pradeep Jeeha. Pour ce parti, ce sont là des signes avant-coureurs. Si certains orateurs parlent de «menaces d?instabilité», Alan Ganoo lâche :«Pou ena mare noir».

Ainsi, pour ce parti, «Se qu?il faut c?est se mobiliser. Il y aura des élections avant 2010», insiste le leader du MMM.

<B>Tendances dictatoriales </B>

De son côté, le MSM estime que son rôle est «d?être solidaire de tous ces mouvements et nous donnerons un coup de main à tous les niveaux », assure Nando Bodha. «Nous allons faire feu de tout bois », dit-il, dénonçant «la politique de répression du gouvernement». Il y voit un signe de panique tout comme dans la reculade gouvernementale au sujet du school feeding programme dans le primaire.

La Mauritius Broadcasting Corporation est également sujette à des critiques acerbes. «C?est le symbole de cette culture de répression. Quand un gouvernement devient de plus en plus impopulaire, les tendances dictatoriales se renforcent», analyse le leader de l?opposition tout en citant l?intention du gouvernement d?introduire une loi sur la presse.

Même son de cloche chez les Mauves : Paul Bérenger a en effet fustigé le projet du gouvernement. «L?instance suprême c?est la Constitution et elle garantit la liberté d?expression. Si elle est bafouée nous irons devant la Cour supême et jusqu?au Privy Council», garantit Paul Bérenger.

L?éducation est un autre thème abordé hier par le MSM. «Gokhool pe koz de world class éducation me ek sa ki li pe fer, li pe amen enn third world education», déplore Bodha. En effet, dit-il, alors que le rapport du l?Association pour le développement de l?éducation en Afrique préconise l?abolition de la compétition, «le gouvernement vient avec la compétition à outrance. Nous allons vers la catastrophe. La réforme du MSM-MMM proposait quant à elle l?épanouissement de l?enfant parce quece que nous avons de plus richec?est nos enfants.»

Dans un autre ordre d?idées, Paul Bérenger s?est dit inquiet de la situation dans la santé publique. Pour le chikungunya, il estime que le gouvernement «pe zoue are nou lavi». Il déclare qu?en ce qui concerne la prévention de la grippe aviaire, le gouvernement «donne l?impression que tout est correct». En fait, il fait ressortir que certains experts de l?OMS tirent la sonnette d?alarme sur la façon dont les autorités appréhendent le problème.

Paul Bérenger a conclu le meeting en insistant, encore une fois, sur l?importance d?une opposition unie. Il a annoncé que son parti devrait aussi se rendre à Rodrigues pour poursuivre sa campagne de mobilisation.

<B>Ashock Jugnauth pas en faveur d?une alliance de l?opposition</B>

Ashock Jugnauth, le leader de l?Union nationale n?est ?pas forcément pour? une alliance de l?opposition réunissant son parti, le MMM. ?Nous devons travailler chacun pour contrer le gouvernement, mais nous ne sommes pas obligés de faire alliance?, lâche-t-il, mettant l?accent sur les ?très, très bonnes relations avec le MMM?. ?Mais il n?y a aucun rapprochement entre moi et le MSM, encore moins une reintégration?, souligne-t-il.

Ashock Jugnauth animait hier un point de presse pour donner, selon lui, les ?raisons de la colère? de la population envers le gouvernement. Il regrette que le Budget se soit concentré sur la dette et les déficits et ait introduit des mesures fiscales ?douloureuses?. L?épargne, l?investissement, les taux d?intérêt, l?emploi, la compétitivité, la croissance, tout cela sera affecté, dit-il, parlant d?un risque de cassure au sein du gouvernement. L?UN prepare une série de meetings. Il a aussi mis en place des cellules dans 16 des 20 circonscriptions et s?enrichit de nouveaux membres.

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