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Questions à Rani Balloo, présidente du ?Diabetes Parent Support Group?

11 août 2006, 00:00

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● En quelle capacité avez-vous lancé le ?Diabetes Parent Support Group? et qu?est-ce que cette association ?

Je suis une infirmière spécialisée dans l?éducation du diabète. Une dizaine de parents et de volontaires m?ont approchée en début d?année car ils ont réalisé qu?il y a une absence de structure pour encadrer et soutenir les enfants diabétiques insulino-dépendants, dits de type 1, et leurs parents pour qui le diabète est encore souvent un tabou. Le diabète n?affecte pas que les enfants mais aussi leurs parents à divers degrés, soit moralement, socialement, économiquement. C?est vrai que le ministère de la Santé fournit de l?insuline gratuitement mais le diabète est une maladie coûteuse nécessitant une alimentation équilibrée et des tests quotidiens de la glycémie à l?aide de bandelettes et d?un glucomètre. Il faut compter un minimum de Rs 2 500 supplémentaires dans un budget familial rien que pour les soins de l?enfant diabétique de type 1. Et cette somme grossira si le diabète de l?enfant est plus fort car il devra faire des tests plusieurs fois par jour. Vu l?impact de ce mal sur les enfants diabétiques de type 1 et sur leurs parents, après concertations, ces parents, des bénévoles et moi avons décidé de former une association que je préside, le Diabetes Parent Support Group, enregistrée le 12 mai et officiellement lancée le 26 juillet.

● Combien y a-t-il d?enfants diabétiques insulino-dépendants à Maurice ?

Selon les chiffres officiels du ministère de la Santé, il y a 82 diabétiques insulino-dépendants âgés entre 0 à 20 ans, dont la majorité a développé la maladie à l?adolescence. Dans le privé, j?estime qu?il y a encore environ 10 % d?enfants diabétiques de type 1. Une étude menée par nous sur le terrain nous a permis de réaliser que plusieurs parents dont les enfants souffrent du diabète de type 1 n?ont pas les moyens de suivre convenablement la maladie de leurs enfants. Nous avons donc décidé de leur venir en aide.

● Comment ?

Nous avons soumis un projet d?aide financière pour 34 enfants de familles financièrement démunies au Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups afin de pouvoir leur offrir gratuitement des bandelettes, une aide alimentaire sous forme de céréales, yaourts, fruits frais et même des glucomètres pour ceux qui n?en ont pas. Le Trust Fund a approuvé notre projet qui devrait lui coûter Rs 14 000 par enfant par an. Nous ferons aussi l?éducation des parents à propos de la maladie de leur enfant en leur rendant des visites régulières.

● Avez-vous déjà prévu une activité pour le ?World Diabetes Day? le 14 novembre ?

Nous y travaillons mais ce qui est certain, c?est que durant les vacances de décembre, nous organiserons un Diabetes Camp à la mer pour ces enfants diabétiques de type 1 et leurs parents. Nous sommes à la recherche de parrains qui pourraient aussi nous aider financièrement. Nous en avons eu quelques-uns mais c?est insuffisant si nous voulons faire un travail efficace. Le diabète n?est pas que l?affaire du ministère de la Santé mais de tout le monde. Chacun devrait y donner son appui.

Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE

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