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Un mari acquitté faute de preuves
Manoj Kumar Ramkhelawon a été acquitté de l?accusation d?avoir brûlé sa femme Renouka. Celle-ci l?avait directement mis en cause dans déclaration faite à la police sur son lit de mort (dying statement). Mais le magistrat Nicolas Oshan-Bellepeau, qui entendait le procès en cour intermédiaire, a pris en compte divers témoignages et circonstances pour finalement accepter la version de l?accusé.
Cette affaire remonte à 1997. Dans sa déposition alors donnée à la police, Manoj Kumar affirme qu?il ne connaît pas les circonstances dans lesquelles sa femme Renouka s?est brûlée. Ce jour-là, dit-il, il était en dehors de la maision et il a entendu crier Renouka. Il se précipite à l?étage, voit sa femme les vêtements en feu et essaie d?éteindre les flammes. Il nie avoir aspergé sa femme de pétrole avant de mettre le feu à ses vêtements.
Au cours de l?audience, Manoj Kumar soutient que Renouka a porté de fausses allégations contre lui. La raison en était, dit-il, qu?elle n?aimait pas ses deux fils issus d?un premier mariage. Il déclare aussi que Renouka était suicidaire.
L?avocat de la poursuite (state counsel), Me Sookun, quant à lui, a informé la cour que l?accusation se fie principalement à la dying statement pour prouver la culpabilité de Manoj Kumar. Dans cette déclaration, produite en cour, il a été relevé que Renouka n?avait pas révélé aux enquêteurs les circonstances de ses brûlures. Mais elle avait répondu par l?affirmative lorsque ceux-ci lui ont demandé s?il y avait eu dispute entre son mari et elle et si ce dernier l?avait frappée. Elle avait même alors soutenu que son mari a mis le feu à ses vêtements. Renouka avait aussi précisé qu?elle se sentait très faible et qu?elle pensait qu?elle allait mourir.
Dans son verdict, le magistrat affirme que le dying statement doit être considéré avec une prudence extrême. Le témoignage du Dr Gunessee a soulevé de sérieux doutes quant à la santé mentale de la victime au moment de sa déclaration à l?inspecteur Ghoorah. Le médecin a informé la cour que Renouka suivait un traitement médical intensif (heavy medication) et qu?il ne pouvait dire si elle était cohérente ce jour-là. Il a précisé qu?il était difficile de communiquer avec elle et qu?aucune autorisation médicale n?avait été donnée pour son interrogation par la police.
Autre témoignage entendu en cour, celui du technologue médico-légal (forensic technologist) qui n?a détecté aucun produit inflammable sur les lieux du drame. De plus, le Dr Mohungoo, qui a pratiqué l?autopsie, a affirmé qu?à part les traces de brûlures, il n?y avait aucune blessure externe sur la victime.
Au vu des circonstances et des témoignages, le magistrat a acquitté le mari accusé. Celui-ci était défendu par Me Kapildev Raghunandan.
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