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?K.D. comprend l?arabophobie de certains?
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?K.D. comprend l?arabophobie de certains?
En mai 1981, l?Arabie saoudite et d?autres pays du golfe Persique font figure d?eldorado pour bon nombre de Mauriciens, persuadés que? l?herbe y est plus? verte qu?à Maurice. Ceux, qui rentrent au pays, la queue entre les jambes, après avoir mangé leur margoze au pays des émirs et des princes pétroliers, se font, bien sûr, discrets. Certains d?entre eux n?hésitent pourtant pas à ameuter la population, pour l?inviter à se méfier des escrocs-recruteurs, ayant parfois leurs grandes et petites entrées, sinon à l?hôtel du gouvernement, du moins dans de sombres officines, sises à la rassurante adresse du Square Guy-Rozemont, Port-Louis. La mise en garde s?étend à l?exploitation de non-Arabes par les Arabes, phénomène assez courant au Moyen-Orient.
Cela ne surprend guère K.D., un des collaborateurs les plus estimés de ?l?express? d?il y a un quart de siècle, mais aussi un des plus irritants en raison de sa manière courtoise mais déterminée et sensée de prendre à rebrousse-poil les populistes, opportunistes et autres démagogues, toujours prêts à répéter n?importe quelle insanité du moment que cela peut satisfaire l?ego des princes qui nous gouvernent.
La déception arabo-saoudienne de quelques aspirants émigrants ne le prend donc pas au dépourvu car il sait, d?expérience, que la vie en Arabie saoudite n?est guère folichonne. Il soutient sa thèse par une argumentation irréfutable : les Saoudiens profitent de la moindre occasion pour aller se dévergonder dans le ?Cairo, by night, cum? casinos, boîtes de nuit, danses du ventre, etc. des années Nasser. Sadate des années 1960 et après.
K.D. a beaucoup bourlingué, notamment aux Chagos (avant l?innommable excision colonialiste et anti-onusienne), ainsi qu?en Egypte où il effectue ses études de navigateur aérien et d?aiguilleur du ciel. Il est aussi un insatiable observateur hors pair de la comédie humaine se déroulant autour de lui. Sa mémoire infaillible enregistre, avec une facilité déconcertante, les moindres faits et gestes, propos, statistiques, dates, etc. On peut compter sur lui pour clouer le bec à l?imprudent osant croiser le fer avec lui. Il n?a pas son pareil pour appeler un chat un chat et tel démagogue un fripon de la pire espèce. Qui veut parer sa botte s?expose à recevoir d?autres coups plus mordants, sinon plus douloureux. Il fait de la flèche du Parthe sa spécialité et c?est un décocheur né. De K.D. à K.O. la distance est infime.
Il sait pourquoi les Saoudiens sont obligés de se rabattre sur la main- d??uvre mauricienne tristement bilingue en dehors du Bell Buoy car ils éprouvent des difficultés croissantes à embaucher des infirmières, des hôtesses de l?air, des employées de bureau, des réceptionnistes, acceptant de vivre dans des pays où elles doivent porter le voile, où il leur est interdit de sortir seules la nuit, de consommer de l?alcool, de conduire une voiture, pour ne rien dire de celles qui sont condamnées à un quasi esclavage sexuel, après confiscation de leur argent et passeport et compte tenu d?une police locale protégeant, a priori, le sadique employeur négrier local au détriment de toute main-d?oeuvre féminine importée, coupable forcément d?avoir succombé au miroir aux alouettes.
L?intarissable K.D. n?a pas non plus sa langue dans sa poche. Ce n?est certes pas lui qui aurait affligé un Visa X (à ?Bénarès?, le film de Barlen Pyamootoo (A propos, il paraît que notre néo-cinéaste compte faire appel contre cette aberrante bigoterie bureaucratique : mais peut-on renverser une décision aussi? renversante ?) A l?occasion, donc, K.D. sait se laisser aller à une anecdote grivoise, question d?égayer un brin son lectorat. Il raconte ainsi l?histoire de ce couple égyptien obligé d?aller gagner sa croûte en Libye. L?époux trouve un emploi à Benghazi et l?épouse à Tripoli. Au bout d?une semaine de travail, ils se téléphonent pour se soutenir mutuellement. Le mari exulte de joie : ?Te rends-tu compte, explique-t-il à sa femme. Avec cinq matelas et dix pantalons, j?ai gagné 60 livres, le double de ce que je gagnais en un mois en Egypte.? Sa femme lui répond : ?Que me chantes-tu là ? Avec un seul matelas et sans pantalon, j?ai gagné 600 livres en une seule semaine !?
K. D. affirme connaître assez la mentalité saoudienne pour prévenir les Mauriciennes, désireuses de se mettre à leur service, qu?on ne badine pas avec les relations sexuelles en Arabie saoudite. Soit la fille ainsi sollicitée refuse ostensiblement toute première avance masculine, soit elle se condamne à satisfaire toutes les pulsions sexuelles de celui, dont elle a accepté imprudemment l?engagement du premier clin d?oeil. Tout ou rien, est, paraît-il, une devise locale à laquelle les Arabes sont autant attachés qu?aux pétrodollars.
K.D. ne dit pas pour autant qu?on ne peut vivre en Arabie saoudite. Il affirme même le contraire à condition toutefois de travailler dur et de n?avoir besoin d?aucune distraction ou presque.
K.D. n?est pas chauvin non plus. S?il sait mettre en exergue les comportements ridicules des pays, où il a séjourné, il est tout autant impitoyable pour les décisions illogiques de nos dirigeants politiques. A la mi-mai 1981, par exemple, il signale l?aberration consistant à fermer la rade du Port-Louis pendant la nuit tout en gardant éclairées la piste d?atterrissage et l?aérogare de Plaisance, sous prétexte qu?un ?Twin Otter?, avec trois passagers à bord, doit atterrir vers 22 heures sinon après. Autre exemple : l?automobiliste transportant une balle de riz dans le coffre de sa voiture peut être verbalisé mais pas le cycliste transportant à vélo la même marchandise, même quand il zigzague dangereusement en pleine montée. Ainsi va notre pays bien-aimé.
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