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Pourquoi faut-il libérer l?emploi des règles rigides ?

22 mai 2006, 00:00

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Un marché du travail plus flexible. Le terme est à la mode mais n?est pas creux. Le gouvernement s?y penche sérieusement, au grand soulagement des patrons d?entreprises. Mais les syndicats s?y opposent farouchement. Les relations patronat-syndicats passent par une phase de remise en question. Après l?annonce du démantèlement du système de la compensation salariale dans sa forme actuelle, le gouvernement veut maintenant assouplir la réglementation sur l?emploi. Ces changements font partie du vaste chantier de restructuration de l?économie.

Les entreprises ont longtemps recherché plus de liberté pour pouvoir recruter et/ou réduire leurs effectifs, dans des conditions plus économiques. Les patrons estiment que les lois du travail leur imposent des charges sociales coûteuses et qu?ils n?arrivent pas à utiliser la main-d??uvre comme ils l?auraient souhaité. Moins de rigidité permettrait à une entreprise de recruter des bras additionnels à temps partiel, quand il y a de grosses commandes. Par contre, en cas de baisse d?activité prolongée, une société peut compresser son personnel plus facilement si les règles sont plus maniables. ?Plusieurs usines de la zone franche ont arrêté leurs activités car elles étaient contraintes d?opérer avec un effectif surnuméraire, alors qu?elles étaient en difficultés?, affirme Mookeshwarsing Gopal, président de la Mauritius Employers? Federation (MEF).

La flexibilité s?applique aussi à la durée du travail. Certaines entreprises doivent tourner 24 heures sur 24 pour optimiser les coûts et respecter les délais de livraison. Un régime d?heures supplémentaires moins coûteux faciliterait un système d?équipes (shifts) et encouragerait une activité de production en continu. Dans les centres d?appels et autres activités de business process outsourcing (BPO), les prestataires sont souvent obligés de travailler la nuit en raison des décalages horaires avec les pays des clients. Un système souple éviterait que les allocations spéciales pour les équipes du soir ne viennent ronger la rentabilité des opérations. Les Remuneration Orders (RO) sont également montrées du doigt par les employeurs. ?Elles sont trop contraignantes (prescriptive) et il y a trop d?interventions du gouvernement à travers des institutions tel le National Remuneration Board? se plaint le président de la MEF.

De l?avis des employeurs, les RO limitent les tâches des employés et, dans bien des cas, les empêchent de donner le maximum d?eux-mêmes. À titre d?exemple, un valet de chambre dans un hôtel ne peut nettoyer plus de dix chambres par jour, même s?il peut, ou s?il souhaite, le faire. Un cadre réglementaire moins contraignant aurait permis à l?entreprise de gagner en productivité. L?employé, de son côté, aurait touché une rémunération supplémentaire. ?Des règles plus flexibles donneraient la possibilité aux employeurs et aux salariés de trouver des arrangements innovants dans le cadre des négociations sectorielles?, dit Mookeshwarsing Gopal.

La question des négociations sectorielles revient, en effet, sur le tapis avec l?introduction projetée d?un National Wage Council (NWC) pour remplacer les tripartites. C?est le NWC qui se chargera, l?année prochaine, de déterminer le taux de la compensation salariale. Cette nouvelle structure, calquée sur le modèle singapourien, comprendra deux niveaux d?intervention. D?abord, les salariés dans leur ensemble toucheront une hausse de salaires minimale. Ils seront ensuite appelés à négocier avec les patrons pour des ajustements en fonction des réalités économiques et financières de leurs industries ou entreprises respectives.

Les paramètres qui seront tenus en ligne de compte pour calculer la compensation sont la performance de l?économie, l?inflation, le niveau des salaires dans les différents secteurs, la productivité et l?efficience, et la compétitivité des services et produits des entreprises.

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