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L?État doit-il aider le socio-religieux ?
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L?État doit-il aider le socio-religieux ?
<B>Oui
Veerendra Ramdhun
Président de la Hindu House</B>
<B>Pourquoi l?État devrait-il aider les organisations religieuses et socioculturelles ? </B>
Le soutien de l?État à ces organisations ne date pas d?aujourd?hui. En aidant les sociétés religieuses, l?État donne une autre dimension. Il contribue à créer un climat de paix. On ne peut pas quantifier les bienfaits de cette aide sur le plan de la stabilité et de l?harmonie dans le pays. Mais quand un pays perd ses traditions religieuses, les gens n?ont plus de repères et la décadence s?installe. À la Hindu House, nous sommes d?accord pour que toutes les confessions religieuses aient le soutien de l?État même si nous ne le percevons pas. Ce qui est important pour nous c?est la paix sociale. Par ailleurs, ce n?est pas seulement l?État qui aide mais le secteur privé aussi. Ce dernier a énormément aidé toutes les confessions religieuses en donnant des terres pour la construction des lieux de culte.
<B>Beaucoup estiment que l?État ne devrait plus verser de subsides à ces organisations? </B>
Ils font fausse route. Il est important pour certains de savoir que les organisations religieuses et socioculturelles tombent sous la supervision du Registrar of Associations. D?autre part, toutes les religions ont établi des systèmes de contrôle de leurs finances. Des comptables et des trésoriers vérifient les comptes de ces sociétés. Qu?est-ce que le gouvernement fait ? En fait, il nous retourne en partie les taxes et autres impôts que nous payons. C?est dans la logique des choses.
<B>Dans un État laïc, est-il possible de maintenir des passerelles entre le gouvernement et les sociétés religieuses ? </B>
Le gouvernement est très conscient de la contribution des religions dans le pays. Tous les sites religieux doivent être entretenus. Les infrastructures sont importantes non seulement pour les membres de ces confessions religieuses mais aussi pour le tourisme. Beaucoup de touristes visitent nos lieux de culte et sont émerveillés devant leur beauté et leur diversité. Il faut maintenir cet aspect de notre vie qui fait d?ailleurs notre force. Ne devenons pas comme certains pays où les lieux de cultes se vident et deviennent des musées ou des supermarchés.
Je ne pense pas que c?est à l?encontre de nos valeurs qui sont partagées d?ailleurs par toutes les religions.
<B>Non
Ram Seegobin
Parti Lalit</B>
<B>L?État doit-il aider les organisations religieuses et socioculturelles ? </B>
Cela n?est pas approprié. Après tout, chaque religion n?a qu?une partie de la population en son sein. Il y a une conception erronée et très répandue selon laquelle la population mauricienne est très religieuse. En fait, on devrait parler plutôt de religiosité. Les organisations religieuses par définition ne sont pas démocratiques. La plupart du temps, elles agissent comme des lobbys. Je suis en faveur d?un système par lequel les adeptes d?une religion financent eux-mêmes leurs activités et tout don fait sera non imposable par le département de l?Income Tax.
<B>L?État devrait-il cesser de donner des subventions à ces organisations ? </B>
Tout à fait. À part les contributions sonnantes et trébuchantes, il y a aussi des dépenses de l?État par rapport aux différentes institutions religieuses. Des sommes énormes sont dépensées dans des organisations socioculturelles que je qualifierai de communalo-religieuses.
Il y a aussi un soutien financier aux centres culturels qui ont des particularités qui sautent aux yeux. Et ces centres ne sont pas accessibles à tous les Mauriciens. D?autre part, l?argent public va dans des institutions où il n?y a pas de contrôle démocratique. Les fonds publics sont passés à la loupe par le département de l?audit dans les institutions de l?État alors que personne ne sait ce qu?il advient des subsides alloués aux religions.
<B>Comment voyez-vous les relations entre le gouvernement et les organisations religieuses dans un État laïc ? </B>
L?État n?a pas à avoir de relations privilégiées avec les organisations religieuses dans un État laïc. Un exemple concret de ces liens est l?utilisation de la MBC qui est au service des religions. Lors de la présentation du journal télévisé, les premiers items ont trait aux activités religieuses. Avec les problèmes d?emploi, de transport public, de logement, il n?est pas question que l?État mette ses ressources à la disposition de ces organisations, au nom d?une soi-disant entente entre eux.
De plus, cette passerelle entre l?État et les religions est un lien malsain entre la politique et la religion. Cela nourrit le clientélisme et gangrène notre système démocratique. Il est donc très important que les ministres affichent ouvertement leur neutralité par rapport à toutes les religions.
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