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Arnaud Carpooran : la reconnaissance scientifique au Cap-Vert

20 novembre 2005, 20:00

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Il est tout chose. Arnaud Carpooran revient du 11e Colloque international des études créoles. Une grand-messe qui s?est tenue du 31 octobre au 6 novembre à Praia au Cap-Vert. Elle avait pour thème : Les créoles face aux défis de l?éducation pour tous et de la modernisation.

?J?y ai été adoubé en quelque sorte.? Le chargé de cours en linguistique à l?université de Maurice s?explique : ?Au lancement du prototype du Diksioner morisien à la mi-octobre, je n?étais pas confronté à des spécialistes. Quand c?est des gens comme Chaudenson qui critiquent votre travail, vous sentez que l?on vous prend au sérieux.?

Eclaircissement pour les non-initiés. Robert Chaudenson est une sommité mondialement reconnue en matière d?études créoles. Professeur à l'université de Provence, il est directeur de l'Institut d'études créoles et francophones toujours à l'université de Provence et président du Comité international des études créoles, en plus d?être l?auteur d?un Que sais-je ? intitulé Les créoles.

?On me prenait au sérieux?

Et quelles sont les critiques formulées par Chaudenson ? Cela concerne d?abord la manière dont la faune et la flore sont traitées dans le Diksioner morisien. Exemple : ?babonn? est défini seulement comme ?enn espes pwason.? Il y va de même pour tous les autres poissons. ?Chaudenson a suggéré une dimension plus encyclopédique, en ajoutant le nom scientifique, y compris pour la faune et la flore endémique. On m?a aussi conseillé d?inclure une image et on a remarqué que les renvois ne sont pas signalés.?

Face à ces considérations, Arnaud Carpooran ne perd pas de vue l?essentiel. Il n?oublie pas que le public du dictionnaire n?est pas constitué de scientifiques. ?Je n?ai pas les fonds nécessaires pour les photos. En fait, je n?ai pas de budget du tout. Et si j?avais fait tout cela, le dictionnaire ne serait pas encore sorti.?

Réaliste, le chargé de cours se souvient : ?On m?a dit que c?est novateur. Par ces questions, j?ai compris que l?on me prenait au sérieux comme lexicographe, pas comme un artisan avec un dico fait à la maison.?

Outre le contact avec les spécialistes, Arnaud Carpooran retient la présence, la prestance de Manuel Veiga, ministre de la Culture capverdien. ?Il est un créoliste. C?est la première fois que j?ai vu un ministre de la Culture intervenir dans ce type de débat scientifique.?

Nous comprenons donc mieux l?enthousiasme d?Arnaud Carpo-oran après ce colloque organisé dans le cadre des célébrations du 30e anniversaire de l?indépendance de la République du Cap-Vert.

Ce colloque constitue également le premier contact d?Arnaud Carpooran avec le créole portugais. ?La situation du créole au Cap-Vert est au même point que chez nous?, affirme-t-il. Un rendez-vous où Arnaud Carpooran a pu côtoyer Carpanin Marimoutou, poète de la Réunion, Choppy Penda de l?Institut créole des Seychelles, entre autres.

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