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Journées fastes
Il est pratiquement 13 heures. Tous les pêcheurs de la côte ouest et sud-ouest ont regagné leur port d?attache. C?est la fin d?une journée pour les pêcheurs alors que d?autres surveillent leur arrivée pour commencer leur travail. Sténio Collet et Merlin Zamir sont parmi ceux-là.
Chaque après-midi, les deux hommes sillonnent les villages de pêche afin d?acheter les ourites que les pêcheurs ont ramenées pendant la journée. Baie-Topaze, Petite-Butte et Cité-Patate sont quelques-uns des villages visités par les deux hommes. ?Nous attendons qu?ils terminent la pêche pour aller les voir. En principe, ce sont les mêmes pêcheurs?, dit Stenio Collet en remplissant des sacs de jute avec des poulpes.
Les deux compères vendront toute la pêche a un homme d?affaires du Sud de l?île. Il empaquettera les ourites qui seront exportées vers Maurice et la Réunion.
Les deux hommes font ce métier depuis huit ans et ils ne sont pas les seuls. Quand les pêcheurs d?ourite ne sortent pas, les deux hommes retournent à leur premier métier : la pêche. ?Il ne faut jamais compter que sur la mer. Elle est capricieuse. Alors nous avons aussi quelques têtes de bétail?, souligne Merlin Zamir.
La tournée a été particulièrement bonne. Journée faste pour les pêcheurs comme pour les acheteurs. Le fond de la pirogue de 21 pieds est couvert d?ourites. Les uns plus impressionnants que les autres. Ils passent du marron au blanc en passant par un blanc jaunâtre. C?est le signe qu?ils sont encore vivants. L?eau autour de la pirogue s?est noircie comme si un grand pot d?encre se serait renversé dans la mer. Ce sont les ourites qui ont lancé un fluide noirâtre.
Le transfert entre le bateau et les sacs de jute ne semble pas terminé. Des dizaines de sacs sont déjà à terre alors que la pirogue est toujours remplie. Combien d?ourites y a-t-il au fond de la barque ? ?C?est difficile de dire exactement combien il y en a, mais je peux vous dire qur c ela doit faire environ 600 kg?, déclare Merlin Zamir. Faites le calcul. En moyenne une ourite au début de l?âge adulte pèse environ 1,5 à 2 kg, donc il y en a environ 350 dans le bateau.
Quelques mois après le raz-de-marée causé par le tsunami, les pêcheurs ont noté qu?il y avait plus d?ourites dans le lagon. Ils estiment que les vagues ont poussé des ?ufs ou des bébés ourites vers la côte. Mais ce n?est pas pour autant que les deux hommes sont optimistes quant à leur avenir. ?Il faut savoir respecter la nature. Il ne faut ni détruire les coraux ou pêcher des petites ourites sinon dans quelques années, ils se feront plus rares?, ajoute Merlin Zemir.
Ils sont très avertis du danger qui représente une mauvaise exploitation du lagon. Depuis quelque temps déjà, ils se sont lancés dans le commerce du poisson. Ils sillonnent toujours le même villlage. Si les banians vont plage en plage à mobylette, eux déplacent en mer. ?C?est un moyen de transport plus rapide?, disent-ils.
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