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Les municipales
Les partis politiques retourneront probablement dans l?arène électorale dans quelques semaines. En tout cas, l?organisation à très brève échéance des muncipales constituerait une étape logique après le scrutin du 3 juillet. Porté par la dynamique créée à la suite de sa grande victoire aux législatives, le Parti travailliste va sans doute chercher à profiter de la conjoncture pour organiser rapidement les régionales.
La législation en vigueur prévoit des élections en 2006 dans douze municipalités, dont les cinq existantes. L?ancien régime comptait regrouper au sein de sept nouvelles municipalités les conseils de districts et de villages. Or, le nouveau gouvernement effacera cette réforme et organisera des élections selon l?ancien système.
En général, ce sont des candidats de proximité qui se présentent aux villageoises alors que dans les villes les investitures sont accordées par les états-majors des grands blocs. A l?inverse des villageoises, les municipales sont donc politisées. Cela explique l?urgence, pour le gagnant des législatives, de retourner aux urnes le plus tôt possible dans les villes.
Les dernières villageoises ont été organisées le 31 août 1997. Les dernières municipales remontent à octobre 2001. Dans les deux cas, le gouvernement serait bien mal inspiré de se prononcer pour un autre report du scrutin. Pour les municipales, tout au moins, la phase de préparation devrait donc débuter bien vite.
L?intérêt des municipales sera d?abord de confirmer la carte électorale telle qu?elle est apparue après les résultats des législatives. Le PTr a redessiné le paysage politique des villes allant jusqu?à menacer le MMM dans son fief à Rose-Hill. A Port-Louis, également, la configuration est complètement modifiée avec une domination des travaillistes dans pratiquement toutes les régions sauf à Cassis et à Sainte-Croix.
Les travaillistes disposent, pour leur part de plusieurs atouts pour affronter la consultation électorale. Outre leur nouvelle image de gagnants, ils ont les moyens de procéder à des nominations symboliques en vue d?améliorer leur cote de popularité auprès des franges qui ne leur ont pas fait confiance aux législatives. De plus, deux figures de proue de l?Alliance sociale, Rama Valayden et Sylvio Michel, ont un poids susceptible de faire la différence dans certains arrondissements urbains.
Si les tendances du vote du 3 juillet se confirment, et que le vote ethnique domine à nouveau le vote de classe, Curepipe et, dans une moindre mesure, Beau-Bassin-Rose-Hill, demeureront les seules villes ?sûres? pour l?opposition. Du coup, l?alliance MSM-MMM pourrait être amenée à refuser de composer avec les réalités sociologiques du pays. Avec Paul Bérenger comme leader, elle n?a aucune chance de remporter la joute dans les cinq villes en se mesurant au tandem Ramgoolam-Beebeejaun.
La carte maîtresse du MSM-MMM reste la méritocratie. Il vaut mieux, pour lui, partir à la recherche des compétences et faire la démonstration qu?il sait gérer plutôt que d?élaborer des formules communales. Il fut une époque où cette approche marchait et réussissait très bien au MMM sur le plan électoral. Ce fut le temps où le MMM transformait nos villes en espaces urbains dont le cachet agréable contribuait au confort des citadins.
Le MSM-MMM part avec un léger avantage du fait que son équipe première n?est pas engagée à gérer les affaires nationales. Celle-ci est donc disponible pour une tâche qui peut être aussi exaltante que celle des gouvernants. Si les ténors du parti, ainsi que d?autres jeunes, hommes et femmes, choisis en fonction de leurs compétences et non leur appartenance ethnique, participent à la bataille électorale et obtiennent l?occasion de diriger les municipalités, l?opposition aura fait les premiers pas pour son projet d?alternance au niveau national.
Les conseils municipaux sont des plates-formes où les élus peuvent discuter des initiatives pour leurs villes, mais ils sont aussi un tremplin vers une carrière nationale.
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