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« Pas de culture sans lecture »
Michel Tholasse et Alain Bertrand, deux jeunes entrepreneurs, sont à l?origine de ce nouveau projet. Après avoir passé sept ans à Londres où il était Credit and Distribution Manager chez Kenzo, Michel rejoint son beau-frère Alain, qui était dans la communication et la publicité.
Au départ ils voulaient créer leur propre entreprise et se lancer dans la production de magazines. Mais c?est une rencontre décisive avec Danielle Tranquille qui les pousse à se diriger vers l?édition d?auteurs. « Nous avons rencontré Danielle par hasard, et c?est elle qui nous a insufflé le goût du risque », confie Alain.
À partir de là, Michel et Alain se dotent de tous les moyens pour réaliser ce projet. « C?est l?amour de la lecture, héritage culturel que nous avons reçu de notre famille, qui nous a poussés », explique Alain.
Pour l?instant, ils n?ont qu?une seule publication à leur actif : Roses are Ashes and Ashes are Roses de Shakuntala Hawoldar, sorti le 13 mai dernier. Mais ne comptent pas s?arrêter en si bon chemin.
La francophonie a, en effet, placé l?année 2005 sous le signe de la science-fiction en rendant hommage à Jules Verne, et Maurice ne saurait être en reste. C?est dans cette optique que Michel et Alain ont créé un prix littéraire pour célébrer la meilleure publication de littérature de science-fiction ou fantastique réalisée à Maurice. « Je suis certain qu?il y a, à Maurice, des écrits sur ce thème. Notre but est de les dévoiler au grand jour », affirme Alain.
Des projets de magazine
Le travail d?un éditeur commence avec l?auteur qui une idée de ce qu?il veut transmettre au public. À partir de là, de nombreuses étapes vont se succéder, de l?évaluation de l??uvre par un comité de lecture, jusqu?à la distribution dans les librairies. Entre-temps le manuscrit passera par la correction, la révision, la conception, la maquette, l?impression, bref, toute une chaîne de préparatifs. Et pour qu?un livre « marche », il faut qu?il soit beau, bien présenté, et qu?il jouisse d?une bonne campagne publicitaire.
Tout cela explique, en partie, le coût élevé de la publication d?un livre. Les éditions Bartholdi se proposent de réduire ces dépenses au minimum pour vendre des ouvrages.
Pour faire tourner leur maison d?éditions, Alain et Michel veulent dépasser nos frontières. Ils misent sur le public francophone qui représente plus d?un milliard de personnes dans le monde et sur la diaspora mauricienne. Dans ce but, ils se sont affiliés au Bureau international des éditions francophones (Bief) pour pouvoir être plus visibles aux yeux des distributeurs et leur donner une crédibilité commerciale à 100 % mauricienne.
Ils préparent actuellement leur catalogue et font appel aux écrivains mauriciens. Ils n?ont pas de restriction particulière, et même s?ils s?adressent surtout à un public francophone, cela ne les empêchera pas de publier des ?uvres dans d?autres langues si le projet soumis est intéressant.
Des projets, ce n?est pas ce qu?il manque chez Barthodi, qui prépare pour septembre prochain le lancement d?un recueil de poésie d?Édouard Maunick intitulé 50 quatrains pour narguer l?amour. « C?est sa première publication à Maurice depuis 50 ans, et nous sommes très fiers d?avoir été choisis pour publier cette ?uvre. » Un dictionnaire de la langue créole verra bientôt le jour : les définitions des mots des cinq premières lettres de l?alphabet ont déjà été mises au point, et la sortie est prévue pour octobre. Enfin, ils ont en projet, un ouvrage regroupant les essais de Mgr Nagapen sur le thème du métissage. Essais qui s?articulent autour du roman Georges d?Alexandre Dumas.
Des projets de magazines sont aussi à l?agenda : un magazine de mots fléchés sera disponible en librairie à partir du 6 juillet à Rs 80 l?exemplaire, et proposera au gagnant de remporter Rs 3 000 tous les mois, ainsi qu?un bimensuel présentant les programmes des chaînes câblées, dont la sortie est prévue le 3 août. « Ce n?est pas normal que pour connaître la programmation télé, les spectateurs mauriciens doivent avoir recours aux magazines réunionnais », s?exclame Alain. Une série d?activités bien remplies pour Michel et Alain qui utilisent un slogan tout à fait approprié à leur métier : « Pas de culture sans lecture. »
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