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La foudre frappe à Sadally, Vacoas
La foudre frappe à la route Sadally, Vacoas et fait deux blessés. Mme Salima Hossenally raconte : ?J?ai vu une boule de feu traverser ma maison tandis qu?un coup de tonnerre l?ébranlait de toutes part?. Elle montre les lézardes au plafond et aux murs. Des morceaux de béton sont arrachés en plusieurs endroits, blessant Mlle Nazila Hossenally et sa nièce, Yasmine. La décharge touche le support en béton armé retenant le câble électrique reliant la maison à une colonne électrique.
Camp Marcellin, petit village flacquois, n?est guère mieux loti que Cam Sadally, aux Vacoas. Il n?est pas non plus sur la voie du développement. C?est pourtant un village bien spécial, pouvant se prévaloir d?un passé peut-être glorieux mais aussi mystérieux. La plupart de ses habitants sont des descendants d?un propriétaire foncier de la mi-XIXe siècle, Marcellin Charlot. Le village peut être un morcellement d?une partie des biens de celui-ci plus ou moins partagés entre ses héritiers et leurs descendants. Le village est aussi connu pour avoir été un haut lieu du rhum ti-lambic dans les années 1930. Le village fit l?objet de plusieurs raids policiers et plus particulièrement de ceux de l?escouade de l?inspecteur général F.R.G. Rowntree et du sous-inspecteur Mullin. Camp Marcellin se souvient encore du raid au cours duquel des policiers, non autorisés selon la version officielle, se livrèrent à un saccage en règle des maisons de camp Marcellin et de leur mobilier. Les victimes de ce raid ne reçurent aucun dédommagement.
Marcellin Charlot, l?ancêtre, possède entre 200 et 300 arpents entre Argy et Trou d?Eau Douce. Il meurt à Quatre Cocos, le 12 janvier 1855, à l?âge de 62 ans, ce qui situe l?année de sa naissance vers 1793. Au Registrar General, on peut retrouver des documents de mutations immobiliers, en date du 3 octobre 1825 et du 2 avril 1835, impliquant Mlle Ophélie Villard, Mme Geneviève Aurore Marie, l?épouse de Jean Baptiste Jardin, Marguerite Leblanc qui lègue ses biens à un Charlot Leblanc, terrains devant revenir ensuite à Marcellin Charlot. Certaines indications laissent penser que Charlot Leblanc peut être le fils d?un homme libre et d?une esclave.
La presse dominicale se demande de son côté, comment se porte l?Ecole des Sourds, après une quinzaine d?années d?activités. Gérée par la Société Bénévole pour le Bien-être des Sourds, elle voit le jour en 1965 et obtient sa reconnaissance légale en 1968. Son président est M. Jomadar et son secrétaire M. Roger Julienne. Elle a droit à une subvention annuelle de Rs 25 000 de l?Etat. Elle doit organiser des quêtes publiques et des souscriptions volontaires pour subvenir à ses besoins. Les dépenses pédagogiques, dont les salaires des enseignants, le matériel et les équipements scolaires, sont à la charge du ministère de l?Education. Sa principale fonction est de s?occuper de l?éducation et de la réhabilitation de ceux affectés par une surdité partielle ou totale. Les moyens d?assurer cette prise en charge sont multiples, allant de l?exploitation maximale des perceptions résiduelles jusqu?à la lecture sur les lèvres.
La réhabilitation des sourds franchit une étape importante en octobre 1969 à St Hugh?s Home, route Hugnin, Rose Hill. Un matériel technique plutôt rudimentaire est utilisé par Mlle Claude Icery, en charge d?une douzaine d?élèves, garçons et filles, âgés de 3-4 ans. De là, l?Ecole des Sourds s?installe à la rue Pope-Hennessy, Beau-Bassin. Depuis Claude Icery a laissé la direction à S?ur Marie de la Visitation, une autre spécialiste de l?éducation des déficients auditifs. De 1969 à 1979, le nombre d?élèves passe de 11 à 60 dont 18 internes. Le nombre de salles de classe est de quatre auquel il faut ajouter deux salles de classe intégrées à l?école du gouvernement de la rue Colonel-Maingard, Beau-Bassin et à la maternelle du Joint Child Health Project de Claifonds, Vacoas. Les élèves bénéficient d?un service de transport. L?Ecole des Sourds a déjà placé une vingtaine d?anciens élèves dans des centres de formation technique.
Le nombre de sourds est estimé, en 1979, à 9 000 sur une population de 980 000 habitants. Les handicapés auditifs enregistrés doivent être d?environ 2 500 dont 600 en quête de réhabilitation et d?éducation.
La politique peut être un dialogue de sourds. Un observateur note ainsi que le combat, que mènent Harish Boodhoo et ses amis contestataires, ne peut qu?émouvoir ceux qui ont un c?ur sincère. Ils doivent cependant leur demander ceci : avant les législatives du 20 décembre1976, quand ils acceptent un ticket électoral travailliste, peuvent-ils ne pas savoir que ce parti, dont ils s?engagent à défendre les intérêts, traîne déjà plusieurs boulets, les uns plus scandaleux que les autres, et qui ont pour noms : rapports Bourdet, Ruparel, Singhania ?
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