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Formes contemplées

8 novembre 2004, 00:00

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Nues. Sans ornements, ni parures. Femmes tracées, esquissées et coloriées. Obscures silhouettes déposées délicatement sur toiles. à la fois étranges et familières, mais toujours mythiques. Formes féminines et majestueuses, dites-moi, à quoi tiennent vos charmes ? D?où viennent cette grâce naturelle et cette sensation voluptueuse qu?illumine ce rayon de lumière qui, traversant la toile, s?arrête sur vos lignes comme par magie ?

Dégradation morale pour certains, esthétique à la perspective purement naturaliste pour d?autres, femmes nues, de la toile à l?esprit, vous êtes les caprices d?un éternel instant. Illuminé, cet esprit qui vous contemple dans la solitude et le silence, saisit alors, de ce mélange d?érotisme et de pureté, l?impulsion contagieuse.

Il faut l?imaginer heureux. Se livrant à une expérience naturelle, mais fort rare, cet esprit, redoutable lieu de scène, tantôt devient déraisonnable, tantôt refoule ses complexes avec ingéniosité.

Et voilà que les formes mythiques deviennent des fragments enfouis dans la part d?ombre de la conscience ! Mais ? fort heureusement ? comme tout refoulé à son retour, de l?enseveli naît ainsi un puits d?images. La métaphore se veut alors séduisante, tandis que l?expérience du temporel se plaît à brouiller les pistes. La conscience perdant ses repères, l?homme que je suis finit par errer dans la cité de la joie. L?éveil, certes, est celui de l?érotisme refoulé. Mais, j?assume. Avec aisance et plaisir.

Fantasmes ou délires devant les formes féminines, qu?importe ? Les illusions, comme le répétait avec tant de justesse Spinoza, n?ont pas moins de consistance et d?intérêt que les vérités.

Cependant, formes féeriques, dites-moi toujours, seriez-vous cet ?éternel féminin? dont parlait Goethe un jour, au seuil d?une ère nouvelle ? Seriez-vous cet attrait qui s?exerce à orienter le désir de l?homme vers la transcendance ? Enfin, dites-moi encore, seriez-vous le désir sublimé qui attire l?âme vers les hautes sphères après avoir provoqué, un beau jour, à l?est d?Eden, sa chute originelle ?

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