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De l?information à la formation
Une idée pas si nouvelle. Mais bien inscrite dans son époque. En effet, la tertiarisation de l?éducation se décline de plus en plus à travers les disciplines propres aux technologies de l?information et de la communication. Les chiffres sont significatifs. Les demandes pour les filières informatiques sont en hausse. C?est ce qu?indique le dernier rapport de la Tertiary Education Commission. Ceux qui terminent leurs études secondaires sont en nombre croissant à vouloir entreprendre des études supérieures en informatique.
On n?est plus là dans les discours de promotion autour d?un concept de cyberîle. On est dans la réalité d?une société mondiale de l?information. La question qui se pose désormais pour les Mauriciens est de savoir si nous possédons l?infrastructure propre à cette société de l?information? La réponse est évidente. Mais elle ne le sera plus dans une dizaine d?années lorsque seules les universités de Maurice et de technologie continueront à assurer une formation répondant aux besoins de la cyberîle que nous aspirons à devenir. Il y a de quoi à être sceptiques. Car la connaissance à portée de clavier est loin de faire partie de notre culture éducative. En fait, l?offre de formation en nouvelles technologies n?est pas seulement minimale et basique. Elle est surtout tirée de son contexte. On aspire, à cet effet, à l?informatique sans promouvoir son corrolaire qu?est l?information. Qu?est-ce l?information à ce niveau sinon l?Internet ? Nous mesurons déjà les carences à surmonter. On les identifie davantage lorsqu?on recense le nombre d?établissements scolaires qui sont dotés en ordinateurs. Et nous sommes encore loin du projet d?une famille ? un ordinateur. Dans un monde de la connaissance où le concept clé est la navigation à haut débit, nous sommes encore à ramer autour de questions comme le médium d?enseignement. Cela veut tout dire. Les énergies sont dispersées. Les grands projets de modernisation de notre système éducatif sont en déphasage avec l?intention première d?inclure ce système dans la société de l?information.
Deux exemples pour démontrer le décalage. Quelles sont ces petites et moyennes entreprises qui peuvent investir en des ressources humaines qui maîtrisent déjà les subtilités de l?outil informatique ? Elles existent certes. Mais elles savent d?emblée que les personnes compétentes iront, à la première opportunité, tenter leur chance ailleurs. Le bon sens commanderait l?identification d?un programme d?incitations permettant aux entreprises locales de former et de retenir des compétences dans les technologies de l?information. Le deuxième exemple concerne ces autodidactes qui, grâce à leur passion et leur curiosité, parviennent dès un jeune âge à briller dans les nouvelles technologies. Ceux-là n?ont même pas le temps de penser à la formation. Ils se retrouvent vite installés dans des entreprises étrangères capables de les rémunérer.
L?île Maurice est très éloignée du réseau. Il suffit pour s?en rendre compte de visiter les sites officiels des ministères et de certaines grosses entreprises publiques ou privées. Les informations qui s?y trouvent sont souvent surannées. Que ce soit sur le plan du contenu que celui de l?infrastructure, nous sommes résolument inscrits dans des grands projets d?intention. Certes, nous pouvons être les premiers dans la région subsaharienne en termes de taux d?inscription dans les filières informatiques mais des pays comme Singapour ou Malaisie nous devancent nettement.
L?architecture mentale de nos enfants est encore régie par la grande contrainte que lui impose l?école : apprendre par c?ur. Nos différents ministres de l?Education se sont souvent posés la question de savoir quel contenu enseigner sans véritablement investir dans la formation des formateurs. Différents protagonistes du monde scolaire se battent pour avoir une présence symbolique dans le cursus alors que l?art, la culture et la civilisation en sont exclus. Ce sont de telles contradictions qui font que nous ferons de simples karaoké à côté de ceux qui préparent pleinement leur jeunesse à entrer dans la société mondiale de l?information.
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