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Santé

Journée mondiale contre l’hépatite : «Un simple dépistage peut sauver votre foie»

28 juillet 2026, 13:43

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Journée mondiale contre l’hépatite : «Un simple dépistage peut sauver votre foie»

Le 28 juillet marque la Journée mondiale contre l’hépatite, une initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lancée en 2010 pour sensibiliser à une maladie qui évolue souvent sans symptômes. L’objectif est de renforcer la prévention, le dépistage et l’accès aux traitements afin d’éliminer les hépatites virales comme menace de santé publique d’ici 2030. Selon l’OMS, les hépatites virales causent environ 1,3 million de décès chaque année dans le monde. Pourtant, ces infections peuvent être détectées précocement et traitées efficacement.

À Maurice, le Dr Reshad Kurrimbukus, consultant en médecine interne et en hépato-gastroentérologie, rappelle que l’hépatite reste largement méconnue. «Beaucoup de personnes vivent avec une hépatite sans le savoir. C’est pourquoi le dépistage est essentiel», souligne-t-il.

Une inflammation aux causes multiples

L’hépatite désigne une inflammation du foie, un organe essentiel à la digestion, à l’élimination des toxines et au stockage des nutriments. Les hépatites virales les plus connues sont les hépatites A, B, C, D et E. Les hépatites A et E sont principalement transmises par l’eau ou les aliments contaminés et provoquent généralement des infections aiguës dont les patients guérissent.

Les hépatites B et C sont plus préoccupantes, car elles peuvent devenir chroniques et entraîner, avec le temps, une cirrhose ou un cancer du foie. «Beaucoup de patients restent asymptomatiques pendant des années avant que la maladie ne soit découverte», explique le spécialiste. L’hépatite ne provient toutefois pas uniquement des virus. Une consommation excessive d’alcool, certaines maladies auto-immunes, des médicaments ou encore la stéatose hépatique («foie gras») peuvent également provoquer une inflammation du foie. Cette dernière est de plus en plus fréquente, notamment chez les personnes souffrant d’obésité, de diabète ou d’un taux élevé de cholestérol.

Des modes de transmission différents

Les hépatites A et E se transmettent principalement par l’eau ou les aliments contaminés, ainsi que par une mauvaise hygiène. L’hépatite B se transmet par le sang ou les liquides biologiques infectés, notamment lors de rapports sexuels non protégés, du partage de seringues ou de la transmission de la mère à l’enfant pendant l’accouchement. «Il existe un vaccin très efficace contre l’hépatite B, qui représente l’une des grandes avancées de la médecine moderne», rappelle le Dr Kurrimbukus. L’hépatite C est principalement transmise par contact avec du sang contaminé. Contrairement à l’hépatite B, aucun vaccin n’existe actuellement contre ce virus.

L’un des principaux défis reste le caractère discret de l’hépatite. «Beaucoup de personnes ne présentent aucun symptôme pendant plusieurs années», explique le spécialiste. Lorsque des signes apparaissent, ils peuvent inclure une fatigue persistante, une perte d’appétit, des nausées, des douleurs abdominales, des urines foncées, des selles pâles ou une jaunisse. Les personnes présentant des facteurs de risque doivent envisager un dépistage, même en l’absence de symptômes.

Le dépistage, un geste essentiel

Pour le Dr Kurrimbukus, le message est simple : il ne faut pas attendre l’apparition des symptômes. «Un simple test sanguin permet de détecter une hépatite. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les chances d’éviter les complications sont importantes», indique-t-il. Aujourd’hui, les traitements permettent de contrôler efficacement l’hépatite B et de prévenir ses complications. Pour l’hépatite C, les traitements disponibles permettent de guérir plus de 95 % des patients.

Une bonne hygiène de vie contribue également à préserver la santé du foie. Une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, fibres et poissons, tout en limitant les aliments ultra-transformés, les sucres et les boissons sucrées, est recommandée. Le maintien d’un poids santé est également important. L’alcool reste l’une des principales causes de cirrhose et doit être évité chez les personnes souffrant déjà d’une maladie du foie.

Les personnes diabétiques, en surpoids, ayant un taux élevé de cholestérol, consommant régulièrement de l’alcool ou ayant des antécédents d’hépatite devraient effectuer un bilan hépatique régulier. «N’attendez pas d’être malade pour penser à votre foie. Vérifiez votre statut vaccinal contre l’hépatite B, adoptez une alimentation équilibrée et, en cas de risque d’exposition, parlez-en à votre médecin», conseille le Dr Reshad Kurrimbukus.

Grâce au dépistage, à la vaccination et aux traitements disponibles, les hépatites peuvent aujourd’hui être mieux contrôlées et leurs complications évitées.

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