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Confirmation
Pour certains, il y va des sondages comme des statistiques : on peut les retourner pour leur faire dire une chose et son contraire. L’analyse des chiffres peut être empreinte de subjectivité.
Ainsi, dans le premier baromètre sur l’économie que “l’express” publie aujourd’hui, les uns peuvent préférer s’attarder sur le fait que 43 % des sondés se déclarent “assez optimistes” tandis que d’autres ne verraient que les 47 % “d’assez pessimistes”.
Néanmoins, certains faits sont indéniables. Nul ne peut contester que le “mood” général n’est pas bon. La première édition de ce baromètre PluriConseil-“l’express” ne fait que le confirmer.
Concernant les perspectives économiques jusqu’à l’horizon de septembre 2005, le camp des pessimistes est majoritaire.
Ce sentiment s’appuie sur des faits objectifs. Le textile-habillement souffre. Le sucre est plus que jamais menacé même si la baisse du prix ne devrait pas intervenir l’année prochaine et le tourisme se cherche un nouveau souffle. Le Premier ministre lui-même trouve la situation “catastrophique”.
Avec l’abolition des quotas sur les exportations textile-habillement et la tenue d’élections générales l’an prochain, 2005 s’annonce comme l’année de tous les dangers.
Tout le monde a d’ores et déjà l’attention braquée sur les grandes manœuvres politiques en vue des prochaines consultations populaires. Cette période préélectorale est généralement marquée par l’attentisme, qui n’aide pas l’économie.
Par ailleurs, sur quelques-uns des autres indicateurs clés, les analystes prévoient majoritairement une détérioration. Le chômage va augmenter, l’inflation aussi et les taux d’intérêt ne seront pas réajustés. Ce qui conforte donc le sentiment pessimiste général sur les perspectives économiques pour les douze prochains mois.
Le plus inquiétant dans cette enquête, c’est que pour les analystes interrogés, les investissements en roupies ont nettement moins la cote que des placements en devises étrangères.
Avec le différentiel des taux d’intérêt jouant en faveur des monnaies étrangères, cela n’est guère étonnant. Le marché des changes en est affecté. A terme, c’est la valeur de la monnaie elle-même qui risque d’en pâtir. La spéculation est déjà à l’œuvre.
Alors que pour certains, un relèvement des taux est nécessaire, le gouverneur de la Banque de Maurice a réaffirmé hier que la Banque centrale entendait être la seule à décider de la politique des taux d’intérêt, en toute indépendance des influences politiques. Affaire à suivre.
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