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L?esprit sagaï du poète aux ?mains noires?
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L?esprit sagaï du poète aux ?mains noires?
LA SCÈNE musicale locale, ensemencée de gènes multiples de groupes divers, a accouché le 2 avril dernier, au Plaza, d?un produit à l?impact sans précédent. Cet événement a pour nom Tandela. Comprenez, tandé la ? C?est grâce aux influences diverses, accouplées et mélangées dans le total consentement, par des musiciens dévoués corps et âme à la recherche. Groupes réunis en un, oeuvrant ensemble, et que l?on pourrait nommer ?Groupe national?. Moment unique de l?histoire musicale mauricienne, initié par le producteur belge Tom de Graeve.
Sans vouloir privilégier un participant au détriment des autres calibres, tous de grande classe, qui contribuèrent, par leurs recherches soutenues et combinées, à cet état de grâce, nommément Ernest Wiehé (au saxo et à la flûte traversière), Philippe Thomas (trompette), Rajesh Marday (veena), Reshad Jaffarbeg (tabla), Noël Jean (claviers), Jalill Auckbarallee (batterie), Clyde Armoogum (basse), Steeve Deville (guitare), Kerwin Castel et Kerty Oclou (percussions), nous nous attarderons à l?appellation Tandela Menwar.
Titre justifié, car c?est lui qui baptisa le groupe national. Et, de surcroît, dit-il ?la plupar mo bann konpozision, se mo kontribusion dan Tandela. Tuzur dan styl Sagaï. Mo lead vokal mo grup Sagaï. Tandela, se enn bon lexperiens par rapport album akoustik Sagaï Menwar. Tandela ajoutt cuivre, clavier, guitar, basse, batterie, tabla, veena; tousala fusioner avek lespri Sagaï?.
?Rod enn palett?
De l?émotion qui l?étreint sur scène, il n?en soufflera mot. Rejoignant en cela Ernest Wiehe. ?Lemotion pa kapav dekrir sa. Imposib. Kapav dir sa finn mal passé ou finn bien passé. Pa pu dir plis ki sa.? Toutefois, il en donnera une idée : ?Ou dan enn trans. Se enn komunikasion a par ? disons avek lespri la natur. Et se la ki kan dimunn ekouté, zott dir sa trap li dans so leker, dan so sentimen. Dimoun la resenti li kumsa. Li kapav konpren ou lemosion kan ou pe zouer. Enfin, enn ti pe.? Menwar fait comprendre que c?est une façon de le dire. Mais ce ne sera jamais exactement ce que ressent le musicien lui-même.
Menwar, une résonance mystérieuse. C?est ainsi qu?un ami nomma Stéphano Honoré. Signifiant l?homme aux ?mains noires?. Le
Styl Sagaï, est le fruit de ?mo lexperiens avek tou bann influens ki mo finn gagner?. Cet être, tout de sensibilité, est d?abord séduit par les sons. ?Avan tou, se bann son ki atir moi. Koman lamizik enn zafer ki fer ek son, a partir de la, mo rod enn palett?. Les couleurs se multiplient au gré des recherches. La palette élargie réunira, dans L?Esprit Sagaï, un guitariste, un bassiste, et cinq percussionnistes.
A la recherche des sons, Menwar voudra sortir de l?enclave du traditionnel trio ravane-triangle-maravane. S?ouvre alors la voie du créateur d?instruments. Mais, la petite boîte de conserve de récupération, détournée en Sanza, cousine de l?Imbira africaine, avec sa feuille de contreplaqué encastrée en caisse de résonance, et surmontée de 9 ou 12 lames, faites de rayons de bicyclette ?krazé?, ce petit clavier est devenu, si l?on peut dire, l?emblème de Menwar. Son instrument fétiche. Au point où il semble parfois éclipser tant d?autres, tels Pistache, Le Noix, La Serpe ek tournvis, Bambou la cigale, Lardoise Komik? aux rôles distincts. Quand un djembe, une maravane, et pistache s?associent, c?est la déclinaison de toute la palette de couleurs d?une batterie. Le son des coques de pistaches multipliées, assemblées en bouquet, se fait proche du charleston activé, chit chit chit chit?
Menwar est prêt pour son Récital pour un seul. Le Noix, cueilli tout fait de la plante, de son bruitage de graines séchées, nous transporte par un vol d?oiseaux. Si subtil, comme engendré par l??il du poète. Des bambous s?activent, et c?est la cigale ?dan la foré?. L?ardoise komik, toute de souplesse, laisse couler, gluk? gluk? gluk, des gouttes d?eau. Qui rejoignent celles du seau. A son tour, le Kananba, introduit sa mélodie de fleur de canne. Serait-ce les battements du tabla, ou ceux du dolok, qui rythment l?espace ? C?est le tambour d?eau qui ramène en mémoire la Grande Terre Noire. Des onomatopées montent, noires, vers cette mémoire, dubadumbe? dubadubawa? dubadumbeduwa? Sanza et Kongas s?épousent, au rythme des doigts complices de Menwar et Kirtis.
Menwar entonne la Melodi lamer. Le poète se fait diseur. Il vante les atouts paradisiaques d?une île Maurice touristique , ?to later lor? to montagn émerod? to lamer diaman?to peuple largent?, mais, déchirante de sensibilité, la voix authentique entonne sa vérité, ?Ayayay- lolo? kan nou rentre andan so ventre? kot so bann piti pe viv, ki nou koné ki été véritable l?île Maurice.?
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