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« Je suis assez prétentieux pour croire que je ne suis pas n?importe qui »
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« Je suis assez prétentieux pour croire que je ne suis pas n?importe qui »
<B>Votre nomination relève-t-elle de la tactique politicienne ? </B>
C?est un commentaire blessant. Moi, je vois dans mon élection au poste de Deputy Leader du PTr, d?abord un vote de confiance dans la personne que je suis, ensuite une reconnaissance de ma contribution au PTr à l?occasion de l?élection partielle de Flacq-Bon-Accueil en 1998 et celle de Beau-Bassin-Petite-Rivière en 1999. Cela même si je n?étais pas membre du parti.
<B>Vous venez d?intégrer le PTr et vous devenez son n° 2?</B>
Si en 1994, alors que je ne faisais partie d?aucune instance du MMM, on trouvait que j?avais le profil pour être le n° 5 du gouvernement et occuper la troisième place au Parlement dans la hiérarchie du parti, mon élection au poste de leader adjoint du PTr ne peut pas étonner. Ce n?est qu?un cheminement normal. Je suis assez prétentieux pour croire que je ne suis pas n?importe qui. « Mo na pa éne pié banane dans coin simin, moi. » J?ai été partie prenante de tous les événements politiques importants qu?a connus le pays depuis 1976.
<B>Votre élection ne relève-t-elle pas d?une démarche pour attirer la communauté musulmane vers le parti travailliste ? </B>
Il y a certes une ouverture vers la communauté musulmane. Mais c?est le cas pour toutes les autres communautés. Il ne faut pas exagérer. Cette année, il y a quatre musulmans membres du bureau politique sur un total de trente-quatre. L?année dernière, il y en avait trois. Il n?y a aucune invasion des instances travaillistes par les musulmans.
<B>Quel sera votre apport en tant que Deputy Leader ? </B>
Je n?ai pas de grandes prétentions. Mais je revendique le fait que je suis mauricien. Je suis fier d?avoir eu le bonheur de grandir dans un village, à Rivière-du-Rempart, où il n?y avait pas de barrière entre communautés. Je veux communiquer cette façon de vivre à mes amis du PTr. Je veux leur dire que, tout en étant musulman, je prétends parler au nom de tous les Mauriciens. Le PTr ne doit pas être vu que comme un parti national, mais il doit fonctionner comme tel.
<B>Vous retrouvez-vous dans le discours anti-secteur privé du PTr ? </B>
Il faut aller au-delà des propos. Je pense que Bérenger fait du tort au secteur privé en approuvant des projets en l?absence de transparence et en bafouant les principes de base du fair play.
<B>Avez-vous des exemples pour étayer vos propos ? </B>
Prenons le projet de développement touristique à Agalega. La première question est de savoir pourquoi l?État n?a pas rendu publique son intention d?entreprendre ce développement et invité tous ceux qui sont intéressés à faire des propositions ? En donnant l?exclusivité à Ireland Blyth Limited (IBL) sans l?annoncer, le gouvernement laisse planer des doutes. Sa façon de faire nuit aux entreprises privées. Pour ma part, je suis sûr qu?IBL a le profil pour effectuer le développement à Agalega.
<B>Ce n?est qu?un cas... </B>
Il y a également le projet de production d?énergie. Celui de la Centrale thermique du Sud est un scandale. Les procédures ont été faites pour favoriser un groupe.
<B>Mais le leader du PTr menace les entrepreneurs. Comment voulez-vous que les investisseurs viennent ? </B>
Nous voulons que les investisseurs viennent pour faire de la compétition sur un level playing field. Le PTr croit dans l?apport du secteur privé. Nous croyons dans la compétition ouverte et pas dans des projets en catimini.
<B>Nous sommes à moins de deux ans des élections générales, mais on ne voit pas encore les contours du programme d?un gouvernement travailliste?</B>
C?est le souci du parti d?élaborer un programme crédible et chiffré. Nous y travaillons. Cela dit, comme cela se fait partout ailleurs, nous n?avons pas l?intention de révéler notre programme avant l?annonce des élections générales.
<B>Mais quelles en seront les grandes lignes ? </B>
Ce serait prématuré de parler en détail de notre programme. Mais en deux mots, il s?agit d?assurer qu?il y ait une justice sociale, une répartition équitable de la richesse et une égalité des chances.
<B>Depuis quelque temps Navin Ramgoolam cible Bérenger, sympathise avec Pravind Jugnauth et loue Sir Anerood Jugnauth. Y a-t-il anguille sous roche ? </B>
Il n?y a pas anguille sous roche. Aujourd?hui, le PTr se sent suffisamment fort pour affronter l?électorat avec ses partenaires de l?alliance sociale, sans l?apport d?autres partis. Mais gagner une élection est une chose, et gouverner le pays est une toute autre histoire.
<B>Pouvez-vous être plus explicite ? </B>
Cela veut dire que le PTr est ouvert à tous les hommes de bonne volonté qui veulent servir le pays. On essayera de trouver une formule, s?il s?avère nécessaire de travailler ensemble.
<B>Devrait-on exclure une alliance du PTr avec le MMM ou le MSM ? </B>
La seule formule valable est celle qui permet à Navin Ramgoolam d?être Premier ministre pour cinq ans et au Parti travailliste d?être la locomotive d?une alliance gouvernementale.
<B>On note l?arrivée d?anciens du MMM et du MSM au bureau politique du PTr. Pourquoi ? </B>
Beaucoup d?anciens du MMM ou du MSM nous rejoignent. Sheila Bappoo et Rama Sithanen y étaient déjà depuis un moment. Mathieu Laclé et Bashir Khodabux ne sont pas membres du parti mais ils sont proches de nous. Ce que vous voyez n?est que le « tip of the iceberg ».
« La seule formule valable est celle qui permet à Navin Ramgoolam d?être Premier ministre »
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