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Singapour la rugissante

18 juillet 2003, 20:00

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A la sortie de l?aéroport, le visiteur est tout de suite accueilli par une profusion de verdure bordée du rose et blanc des bougainvilliers. Des couleurs qui adoucissent la jungle de béton qu?est Singapour.

Dans la rue, on presse le pas, mais on ralentit devant les vitrines. C?est Singapour qui revit après avoir vécu dans la crainte du SRAS.

Le Singapour Tourism Board (STB) s?active pour que le lion singapourien relève la tête et accueille de nouveau des centaines de milliers de touristes. Singapore Roars est lancée au début de juin, quelques jours seulement après que le pays est retiré de la liste des pays de l?Organisation mondiale de la santé. Cette campagne à long terme, au coût de deux cents millions de dollars singapouriens, a pour but de ramener les touristes à Singapour.

Trois objectifs sont fixés. Singapour doit regagner la confiance des partenaires stratégiques tels que les hommes d?affaires et les entreprises à travers le monde. Les touristes doivent avoir des forfaits intéressants. Cela ne peut se faire sans une collaboration entre les différents partenaires de ce secteur. Plusieurs évènements ont d?ailleurs été programmés afin d?encourager les touristes à se rendre en Singapour.

En août, le chanteur Ricky Martin vient y promouvoir son nouvel album et rencontrer ses fans. Le même mois, Singapour fête ses 38 ans d?indépendance. Une cérémonie impressionnante se prépare. Parachutes multicolores, feux d?artifice sont quelques-uns des points forts de cette cérémonie, empreinte de symbolisme, pour la reprise du tourisme à Singapour. Concert de Air Supply, festival des orchidées 2003, mois de Deepavali en octobre sont autant d?évènements pour attirer les touristes.

Cependant, le STB est conscient qu?il faut d?abord donner un signal fort sur les mesures prises contre le SRAS. Le Cool Singapore Award a ainsi été créé. Il récompense les établissements touristiques qui ont pris les meilleures précautions contre l?épidémie. «Chaque établissement vérifie la température de ses employés avant que ces derniers ne prennent le travail et après. Nous voulons la transparence et la confiance. Le gouvernement singapourien est vigilant contre la maladie», explique See Kay Leong, directrice de communication à la STB.

Et les habitudes reviennent

Ainsi le touriste peut voir un peu partout, des employés avec des badges bleus «I?m cool» ou tout simplement des petits autocollants bleus certifiant qu?ils ont passé positivement les tests contre le SRAS. Durant la période la plus noire, le nombre de touristes a chuté de 29 %. «Toutefois, en juin uniquement, une augmentation de 88 000 personnes a été recensée.»

Avec Singapore Roars, l?office du tourisme du pays espère que les choses rentrent rapidement dans l?ordre. Il fallait d?abord encourager les Singapouriens à sortir de chez eux et à reprendre leurs habitudes pour montrer aux étrangers qu?il n?y a plus rien à craindre. C?est chose faite. Les rues et les centres commerciaux sont noirs de monde durant toute la journée et même pendant une bonne partie de la nuit. Le taux de criminalité est tellement bas qu?il n?y a pas de patrouille de police.

Il n?est pas rare à 23 heures de croiser une jeune femme qui rentre chez elle. Marcher seule dans la rue pour une jeune femme n?est pas un parcours du combattant : nul regard ou commentaire désagréable. Un vrai plaisir et une délicieuse sensation de liberté.

De nombreuses boutiques restent ouvertes jusqu?à fort tard. La société de consommation engloutit d?ailleurs tout visiteur qui ne saurait refréner ses envies d?achat intempestif. Suntec City, Little India, Chinatown et le fameux Orchard Road sont autant de lieux à encourager le plus avare à débourser. L?électronique attire par ses prix plus qu?abordables. Du lecteur DVD au caméscope le plus sophistiqué. D?ici la fin de l?année, Singapour espère faire le plein de touristes et oublier le triste épisode d?un mauvais film nommé SRAS.

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