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En direct, vote de confiance

Suivez le discours de François Bayrou devant l’Assemblée nationale

8 septembre 2025, 13:32

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Suivez le discours de François Bayrou devant l’Assemblée nationale

Critiqué par les oppositions pour son projet de budget, le premier ministre s’en remet aux députés, lundi, au cours d’un vote de confiance, qui devrait avoir lieu vers 19 heures. Le premier ministre s’exprime le premier à partir de 15 heures, puis cela sera au tour des présidents de chaque groupe.

François Bayrou perd le vote de confiance qu’il a sollicité

Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, un gouvernement tombe lors d’un vote de confiance par 194 voix contre 364, annonce la présidente de l’Assemblée nationale.

François Bayrou va désormais devoir remettre la démission de son gouvernement au président de la République, qui devra nommer un premier ministre, qui se chargera de constituer un gouvernement.


Les députés vont désormais voter Après près de trois heures de prises de parole, les députés doivent décider s’ils accordent leur confiance à François Bayrou et à son gouvernement. Le scrutin est ouvert pour une durée de trente minutes, a annoncé la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Il sera clos à 18 h 50.

Bulletins de vote, vus lors de la déclaration de politique générale du gouvernement, durant laquelle le premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement en vertu de l’article 49.1 de la Constitution, à l’Assemblée nationale, le 8 septembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE » 18:20


François Bayrou remercie son gouvernement

Après que les présidents de groupe ont pris tour à tour la parole, François Bayrou s’exprime à nouveau dans un hémicycle agité. Ne souhaitant répondre ni « aux polémiques » ni « aux propos insultants », le premier ministre évoque ses neuf mois à Matignon de « profond bonheur », se félicitant d’avoir « montré une image républicaine honorable et active ». Il a ensuite remercié l’Assemblée nationale et les membres de son gouvernement.

« La fable des gestionnaires raisonnables autoproclamés a assez duré », estime Mathilde Panot

Pour Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise, François Bayrou est « le dernier visage d’une politique illégitime et obstinée, incapable de susciter la moindre adhésion dans le pays ». « Pour vous, le futur n’existe pas, car vous sentez bien que vous appartenez au passé. Impopulaire, minoritaire, détesté, le macronisme ne gouverne plus que par la peur », poursuit-elle.

Avec son groupe, Mme Panot dit ne pas partager le « diagnostic et encore moins les remèdes » proférés par le premier ministre et son camp. « Les spéculations hasardeuses du “Mozart de la finance” nous ont coûté 1 000 milliards de dettes supplémentaires. Alors que les besoins en santé, en éducation, en services publics, en investissements dans la bifurcation écologique ont explosé, vous avez privé la puissance publique de recettes précieuses, vous avez appauvri l’Etat et les services publics », dit-elle, avant de déclarer que « la fable des gestionnaires raisonnables autoproclamés a assez duré ».

La cheffe de file des députés LFI dit que la proposition faite par son camp « est connue » : « Diplomatie non alignée au service de la paix, relance de l’économie par la consommation populaire, justice fiscale, nouveaux droits, investissements dans la bifurcation et l’adaptation écologique, passage à la VIe République pour mettre un terme au pouvoir d’un seul au détriment de tous. »

Au sujet du président, Mme Panot estime que puisque celui-ci « ne souhaite pas changer de politique, alors il nous faudra changer de président ». « En cette rentrée, la souveraineté populaire revient à la mode, le dégagisme, aussi. Partez aujourd’hui, monsieur Bayrou, Emmanuel Macron vous suit de près. Le peuple s’impatiente. Il a tout un monde à inventer », conclut-elle.


Gabriel Attal appelle à bâtir un « accord d’intérêt général »

La France « étouffe du blocage permanent, alors même que tout devrait nous pousser à agir », a alerté Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, estimant que « le monde avance et [que] la France ne peut rester à quai ». Appelant au « choix de la stabilité », « au courage du compromis » face aux « posutures » politiques, M. Attal estime que « ce n’est pas aux Français de régler les problèmes du Parlement, mais au Parlement de régler ses problèmes et les problèmes des Français ».

Selon lui, « le vrai compte à rebours » n’est pas celui du vote de confiance mais « celui jusqu’à la seule échéance qui (...) compte le plus : le 31 décembre », date à laquelle la France doit avoir un budget. « Réduire la dette, ce n’est pas une obsession comptable, c’est un enjeu vital », a-t-il estimé, saluant au passage « la volonté de transparence et de franchise qui a été celle du premier ministre et de son gouvernement ».

Disant son désaccord notamment à la proposition de suppression de deux jours fériés, Gabriel Attal s’est interrogé : « Pour autant, faut il tout envoyer en l’air ? Faut-il tout casser au risque de faire foncer la France dans le mur ? Evidemment que non ». Et d’appeler, pour les dix-huit mois à venir, à bâtir un « accord d’intérêt général autour d’une feuille de route précise que chacun parmi les forces républicaines pourra soutenir ».


La dissolution n’est pas « une option, mais une obligation », estime Marine Le Pen

Marine Le Pen estime que ce vote de confiance est « un moment de vérité où les responsables sont contraints d’étaler le résultat désastreux de cinq décennies de gestion dispendieuse ». La cheffe de file des députés RN dit être étonnée que « Monsieur Bayrou ait pu un instant croire que je pouvais lier ma décision de voter ou non la confiance à mon intérêt personnel ». Marine Le Pen renvoie, par ailleurs, dos à dos, les dirigeants « de droite comme de gauche » qu’elle juge « coupables » : « Vous ne pouvez pas pleurer devant les caméras les conséquences des méfaits que vous avez vous-même commis. » lexp - 2025-09-08T200244.516.jpg

La présidente du groupe Rassemblement national revient également sur la question d’une potentielle démission du président, mais dit ne s’attendre « à rien sur ce point. N’est pas le général De Gaulle qui veut », affirme-t-elle, disant cependant respecter « les institutions » et ne pas appeler à la destitution du président.

En revanche, elle appelle à une dissolution de l’Assemblée nationale face au blocage qu’elle prédit : « Tout laisse penser juridiquement, politiquement, voire moralement, que la dissolution n’est pas pour [Emmanuel Macron] une option, mais une obligation. »

Alors que le président avait, selon elle, « consacré son énergie présidentielle et celle de ses amis politiques à fausser le fait majoritaire d’alternance qui se dégageait », entre les deux tours des élections législatives en 2024, Marine Le Pen appelle Emmanuel Macron à respecter le « rôle d’arbitre tel qu’il est dévolu au président par la Constitution », à savoir, « renvoyer la représentation parlementaire vers le peuple et de laisser s’exprimer le choix des électeurs sans utiliser le second tour pour fausser les logiques électorales ».

« S’il n’y a pas de dissolution, nous continuerons avec un esprit constructif mais sans faiblesse, de faire valoir les idées que nos électeurs nous commandent de défendre. Mais je le dis avec solennité, n’attendez pas que le groupe RN ne vous suive dans votre folie fiscale et migratoire, dans vos petits partis pris idéologiques qui vous empêchent de voir la réalité du pays », dit également Marine Le Pen, qui espère, malgré tout, « une majorité absolue pour mettre en œuvre un programme de redressement national. Le changement n’attend plus », conclut-elle.

Emmanuel Macron est « le grand responsable de ce désastre », pointe Eric Ciotti

Éric Ciotti, président de l’Union des droites pour la République (UDR), a commencé son discours en accusant François Bayrou d’être « un pompier-pyromane » : « Vous avez décidé de partir en habillant votre démission d’une communication faussement habile qui se veut surtout une rampe de lancement pour une pseudo candidature à l’élection présidentielle. Vous avez inventé la démission communication, mais personne n’est dupe », a-t-il attaqué.

Dénonçant une « alliance des contraires (...) allant de LFI jusqu’à LR » reponsable selon lui de cette crise politique « majeure », M. Ciotti a estimé que « ce débat ne porte déjà plus sur [François Bayrou]. Il doit porter sur l’ensemble de l’œuvre macroniste ». Pointant Emmanuel Macron comme « le grand responsable de ce désastre », le président de l’UDR a assuré que préparer « l’alternance qu’espèrent les Français pour la France » avec l’alliance formée au côté du Rassemblement national.


« Tel le soldat Ryan, il vous faut sauver le président Macron. Vous serez donc ainsi le quatrième en trois ans à tomber », déclare le président du groupe Gauche démocrate et républicaine

Stéphane Peu, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine, estime que le budget présenté par François Bayrou « n’est ni fort ni juste » et que celui-ci est « bien seul ». Il qualifie les premiers ministres « d’éternels fusibles du président de la République [qui] servent à le protéger » : « Tel le soldat Ryan, il vous faut sauver le président Macron. Vous serez donc ainsi le quatrième en trois ans à tomber pour épargner le principal responsable de nos malheurs. »

Pour Stéphane Peu, le discours « crépusculaire » du premier ministre sur la dette « est contredit par nombre d’économistes parmi les plus sérieux ». « Vous utilisez la dette pour effrayer les Français et proposer le pire budget de la Ve République », assène-t-il, arguant que « la dette peut être vertueuse si elle permet des investissements pour l’école, pour l’hôpital, les services publics, pour la réindustrialisation de la France et ainsi ouvrir une perspective d’avenir pour le pays ».

M. Peu regrette que le premier ministre ait « balayé d’un revers de la main toutes les propositions alternatives de notre groupe et de toutes celles de nos collègues de gauche », avant de rappeler que M. Bayrou a, depuis le début, accompagné Emmanuel Macron et sa politique : « Vous voudriez nous faire croire qu’il faut vous sauver pour éviter le chaos alors que vous en êtes l’un des ingénieurs. Vous semblez découvrir l’état de nos finances alors que vous n’avez eu de cesse de contribuer à les dégrader. » Avant de conclure : « Ni Margaret Thatcher hier, ni vous, aujourd’hui, ne pouvez soutenir qu’il n’y aurait qu’une seule politique possible, surtout pas avec ce bilan. Vous n’aurez pas notre confiance et nous continuerons d’agir et de proposer d’autres choix pour notre pays. »


La députée Ensemble pour la République Violette Spillebout annonce qu’elle s’abstiendra, en raison des propos de François Bayrou sur la commission d’enquête créée après l’affaire de Bétharram

La députée du Nord Violette Spillebout (Ensemble pour la République, groupe membre du bloc central), a annoncé lundi dans un message sur X qu’elle s’abstiendrait lors du vote de confiance, « indépendamment de [son] groupe politique ».

Mme Spillebout, qui était corapporteure de la commission d’enquête sur les violences dans les établissements scolaires, instituée après l’affaire de Bétharram, a justifié sa décision en raison des propos de François Bayrou samedi soir dans l’émission « C à vous ». Interrogé sur cette commission d’enquête qui l’avait auditionné pendant plus de cinq heures en mai, le premier ministre a estimé que l’affaire de Bétharram avait été une « terrible injustice » pour sa famille et lui, qualifiant la commission de « tribunal politique ».

« J’ai été profondément choquée qu’il n’ait pas eu un mot pour les victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles dans les écoles, et qu’il ait nié avec tant de mépris la qualité du travail transpartisan de la commission », écrit Mme Spillebout.

L’élue du Nord estime que les propos de M. Bayrou sont « une insulte aux victimes » et « aux députés qui ont voté à l’unanimité la création de la commission d’enquête sur les violences scolaires et, quasi unanimement son rapport et ses recommandations ». « Diriger un gouvernement nécessite une empathie envers nos concitoyens », écrit-elle encore.


François Bayrou « a choisi d’avancer seul dans une démarche que je qualifierais de tout ou rien », estime Laurent Panifous Laurent Panifous, président du groupe LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) a regretté les choix politiques de François Bayrou. « Vous avez choisi d’avancer seul dans une démarche que je qualifierais de tout ou rien, à rebours de ce que vous avez toujours prôné », regrettant notamment que le premier ministre ait « attendu que la session parlementaire soit clôturée pour présenter [ses] propositions d’orientations ».

Faisant part de son « incompréhension » et de sa « déception quant à [la] décision d’engager la responsabilité [du] gouvernement, alors même qu’aucun débat ne s’est engagé avec le parlement », il a ensuite appelé à être « à la hauteur de la situation que personne n’a souhaitée, mais que nous mesurons tous avec gravité ». Il a enfin précisé qu’« une large majorité » des députés du groupe LIOT ne voterait pas la confiance.


« Il n’est pas trop tard », plaide Marc Fesneau

« La question qui nous est posée est de savoir si nous avons, quelles que soient nos différences, le courage de voir la vérité en face », a commencé Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates, proche du premier ministre.

« Depuis les années 1970, nous avons multiplié les engagements sans jamais solder les comptes. A chaque crise financière, sanitaire, énergétique, nous avons repoussé l’échéance, convaincus qu’un jour meilleur réglerait nos contradictions. Mais ce jour n’est jamais venu », a-t-il constaté, avant d’affirmer qu’« il n’est pas trop tard pour faire face à ces réalités ».

Citant le budget 2025 où « un compromis a été possible », et qui a permis de faire passer le déficit de « 6,2 % à 5,4 % », le patron des députés MoDem a défendu l’action de François Bayrou, à qui il donnera sa confiance, qui propose selon lui « de bâtir la confiance autour de l’idée de justice ». Pour conclure, il a martelé la nécessité de « travailler ensemble », notamment sur le sujet « crucial » de la dette.


Cyrielle Chatelain appelle Emmanuel Macron à « nommer un premier ministre issu des rangs du NFP »

La présidente du groupe Ecologiste et social, Cyrielle Chatelain, estime que la démission annoncée de François Bayrou constitue « un soulagement » : « Dans quelques heures, vous présenterez au président de la République votre démission, sans que cela ne soulève ni tristesse ni regrets. » lexp - 2025-09-08T193046.808.jpg

La cheffe de file des députés Ecologistes s’est également projetée après cette chute annoncée et a tendu la main aux députés du groupe Ensemble pour la République. « Tant que vous continuerez vos alliances avec une droite qui n’a plus rien de gaulliste, vous serez prisonnier des filets du RN », affirme-t-elle, avant d’estimer que « pour vous libérer de cette emprise, vous devez accepter et renoncer à imposer votre politique ». Elle appelle également à « rompre avec la politique d’Emmanuel Macron », arguant que « le bilan de sa présidence est bien sombre » et que « cette politique a été rejetée dans les urnes ».

Elle appelle donc le président à « accepter une cohabitation et nommer un premier ministre issu des rangs de Nouveau Front populaire pour changer de cap », avant d’expliquer comment un tel gouvernement pourrait « réparer ce que [les gouvernements précédents ont] cassé ». « Monsieur le président de la République, puisque vous êtes le point de blocage, entendez que la cohabitation décidée par les Français, il y a plus d’un an, s’impose à vous », conclut Cyrielle Chatelain, avant une suspension de séance.


François Bayrou n’a pas « écouté la France qui travaille », juge Laurent Wauquiez

« Je ne crois pas un instant que les Français soient aveugles sur la situation du pays (…). Je crois qu’ils ont juste deux exigences. La première, que ce soit par des économies, des vraies économies et pas des augmentations d’impôts déguisées. Et la deuxième, c’est que ce ne soit pas toujours les mêmes qui payent, pas toujours la France qui travaille, pas toujours la France qui a travaillé toute sa vie », a-t-il poursuivi, faisant référence à la suppression de deux jours fériés voulue par François Bayrou.

« Nous avons proposé que plutôt que de supprimer deux jours fériés, on s’attaque aux 365 jours fériés de ceux qui ne travaillent pas et qui profitent du système et de l’assistanat », a-t-il rappelé, regrettant que les propositions du groupe la Droite républicaine n’aient pas été retenues par le premier ministre. Et de conclure : « Si vous aviez écouté la France qui travaille, vous auriez aujourd’hui le soutien unanime des députés de la Droite républicaine ».


Laurent Wauquiez dénonce la « stratégie du chaos » de Jean-Luc Mélenchon

« Si nous sommes ici, c’est parce qu’à travers notre engagement nous voulons contribuer à la reconstruction de notre pays, parce que nous aimons la France et nous ne pouvons que ressentir de la tristesse face à ce qu’est en train de devenir la politique française », a déploré Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine, évoquant le retour de « vieux démons » : « l’instabilité » politique, prenant pour exemple la IVe République.

Il a ensuite ciblé Jean-Luc Mélenchon : « Dans cette période, il y a quelqu’un qui n’attend que le chaos parce qu’il espère la révolution, c’est Jean-Luc Mélenchon. Et la récupération politique qu’il cherche à faire du mouvement du 10 septembre est le signe de sa stratégie du chaos », a-t-il estimé, avant d’affirmer que son groupe sera « le premier barrage face à cette menace » et n’acceptera pas un gouvernement composé de députés de La France insoumise, anticipant déjà la chute du gouvernement Bayrou.


Pour Boris Vallaud (PS), « il n’est qu’un responsable à la crise », Emmanuel Macron

Après François Bayrou, Boris Vallaud, président du groupe Socialistes et apparentés, prend la parole. Pour lui, « il n’est qu’un responsable à la crise, à la débâcle, aux désordres de notre pays, le président de la République et avec lui ses épigones aveugles, dont vous êtes, Monsieur le premier ministre, le premier apôtre ». « Emmanuel Macron n’a cessé d’abîmer le pays, d’appauvrir les pauvres, d’enrichir les riches, de tourner le dos à l’avenir, qui n’est plus que la somme de ses petites lâchetés et de ses grands renoncements », estime-t-il.

La politique menée par François Bayrou et son gouvernement, selon lui, « c’est l’écrasement d’une croissance parmi les plus faibles d’Europe, c’est la restriction d’un pouvoir d’achat déjà atone, c’est l’augmentation promise du chômage, c’est l’abandon de l’impératif écologique, c’est l’étranglement des services publics, c’est ajouter de la crise à la crise ». Affirmant que son groupe votera contre la confiance au gouvernement, il assure que les socialistes sont « prêts, avec la gauche et les écologistes, à gouverner et à rechercher dans un même élan la stabilité politique et la justice fiscale, sociale, territoriale ». « Nos choix ne sont pas les vôtres, mais ils sont ceux des Français », conclut-il.


Les présidents de groupe vont s’exprimer

C’est maintenant au tour des présidents de chaque groupe de l’Assemblée nationale de prendre la parole.


François Bayrou termine son discours sur un appel au « compromis » entre les « grandes sensibilités du pays »

François Bayrou a terminé son discours sur un appel au « compromis » : « S’il n’y a pas ce soutien minimal, cette entente minimale entre les grandes sensibilités du pays sur le constat et sur l’impérieuse trajectoire de redressement, alors l’action du gouvernement serait vouée à l’échec et, pire encore, elle n’aurait pas de sens. » « Je crois au compromis, mais je crois aux compromis quand ils respectent l’essentiel », a-t-il conclu.

Le premier ministre a terminé sa prise de parole.


« Je refuse que l’équilibre des finances publiques se fasse par l’accroissement chronique de la dette », lance François Bayrou

« Mesdames et messieurs les députés, vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement, mais vous n’avez pas le pouvoir d’effacer le réel », assure le premier ministre, pour qui « le réel demeurera inexorable ». « Les dépenses continueront d’augmenter plus encore et le poids de la dette, déjà insupportable, sera de plus en plus lourd et de plus en plus cher », juge-t-il.

Se référant au général de Gaulle à Pierre Mendès-France, il estime qu’« un pays qui n’est pas capable d’équilibrer ses finances publiques est un pays qui s’abandonne ». « Je refuse que l’équilibre des finances publiques se fasse par l’accroissement chronique de la dette », note M. Bayrou. Il souligne que « c’est la question précisément qui est posée aujourd’hui » dans « une démarche inédite », qui « vise à mettre tous les parlementaires face à leurs responsabilités propres, (…) même s’il est plus commode d’ignorer cette évidence ».


François Bayrou rejette « les solutions de facilité » concernant « les riches », « cibles emblématiques »

François Bayrou a évoqué les discours disant que « ce sont les riches qu’il faut faire payer », faisant de milliardaire Bernard Arnault « une figure emblématique ». « Lui et ses semblables sont devenus les cibles emblématiques d’une pensée magique. Ils sont comme ces poupées vaudoues dans lesquelles on plante des aiguilles pour les atteindre, j’imagine, au portefeuille. »

Défendant d’abord leur contribution au pays – « le 1 % des plus hauts contribuables assume une large part de l’investissement privé dans l’appareil productif » –, le premier ministre a évoqué le risque d’une « réplique très simple et très immédiate » : « Ils déménagent, ils ont pléthore de pays, où ils peuvent trouver un refuge. » Il a aussi réaffirmé que ce type de fiscalité est interdit par le Conseil constitutionnel.

Il a enfin estimé qu’« il conviendra de trouver un type de contribution qui fasse que les très hauts revenus et les très hauts patrimoines soient appelés à participer spécifiquement à l’effort national, et qu’un travail en profondeur soit conduit pour éviter que soient mis en place ou que se perpétuent des stratégies d’optimisation fiscale », rejetant « les solutions de facilité ».


François Bayrou juge que rompu « le contrat de confiance entre générations » a été « rompu »

Le locataire de Matignon enchaîne sur la question des plus jeunes et du « poids qui pèse sur leur génération ». « Ces derniers vont porter, pendant 20 ou 30 ans ou davantage encore, le poids des milliers de milliards de dettes que leurs aînés ont contracté et qu’ils vont, eux, devoir endosser », souligne-t-il. Non pas pour « équiper le pays comme il aurait fallu pour décider de leur avenir », explique-t-il, mais pour « éponger les dépenses courantes de la vie de tous les jours qu’un pays normal devrait assumer à chaque génération pour son compte ».

Selon lui, « nous avons rompu le contrat de confiance entre générations qui est la base du contrat social ». « J’ai été frappé de vérifier combien les jeunes se sentent génération sacrifiée », affirme-t-il, souhaitant qu’ils soient « libérés de l’esclavage dans lequel on les plonge ». « La prise de conscience, c’est aussi celle-là que les plus avancés en âge unissent leurs efforts pour alléger la dette que les plus jeunes devront acquitter », note-t-il.

Brouhaha dans l’Hémicycle

Durant son discours, les députés interpellent régulièrement le premier ministre. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a notamment repris Sophia Chikirou, députée de La France insoumise.


François Bayrou défend un « plan de désendettement » pour échapper à « l’inexorable marée de dettes »

Le premier minsitre a ensuite défendu son « plan pour aller vers le désendettement » et « pour que la France échappe en peu d’années à l’inexorable marée de dettes qui la submergent en quatre années ». Selon lui, avec son « plan », dans quatre ans, « notre dette n’augmentera plus (...) Et si la dette n’augmente plus, alors le travail des Français, leur inventivité, leur créativité, leur confiance retrouvée remettront le pays à flot », juge-t-il.


Pour François Bayrou, « il faut agir sans retard » et « ce n’est pas hors d’atteinte »

Poursuivant sur la question des dépenses, le premier ministre assure que « si nous voulons la sauvegarde du navire, du navire sur lequel nous sommes et sur lequel sont nos enfants, il faut agir sans retard ». « Ce n’est pas hors d’atteinte, ajoute-t-il. Cela demande seulement la mobilisation de tous et un effort modéré de chacun si l’on s’y prend à temps. »


François Bayrou dénonce « une addiction » de la France aux dépenses

Selon François Bayrou, le « pronostic vital » du pays est « engagé » en raison de son « surendettement ». Le premier ministre a fustigé l’expansion des dépenses. « Nous dépensons, mais nous ne revenons jamais en arrière. C’est devenu un réflexe et, pire encore, une addiction. Les dépenses ordinaires du pays, les dépenses pour notre vie de tous les jours, pour les services publics, pour les retraites, pour rembourser nos feuilles de “Sécu”, nous avons pris l’habitude de les financer à crédit », regrette-t-il, conduisant le pays à « une écrasante accumulation de 3 415 milliards d’euros de dette ».

« Notre pays travaille, croit s’enrichir, et tous les ans s’appauvrit un peu plus. Mesdames et messieurs les députés, c’est une silencieuse souterraine, invisible et insupportable hémorragie », a-t-il poursuivi.


François Bayrou aborde la question « des migrations »

Le premier ministre a ensuite abordé la question « des migrations » et les questions qu’elles « posent à nos pays et à nos sociétés », liées selon M. Bayrou « aux différences de développement, à la misère chez les uns avec une démographie expansive, à l’abondance chez les autres avec une population déclinante, sans compter la déstabilisation climatique ».

« Avec deux obligations, contrôler et maîtriser les arrivées, et intégrer ceux qui sont et seront là, les intégrer, dans ma conviction, par le travail, par la langue, par l’engagement à respecter nos principes de vie », a-t-il ajouté.


« Le plus grand risque était de ne pas en prendre », estime François Bayrou

François Bayrou commence par justifier la convocation de ce vote, disant avoir « voulu » cette « épreuve de vérité ». « J’ai voulu ce rendez-vous et certains d’entre vous, les plus nombreux, les plus sensés probablement, ont pensé que c’était déraisonnable, que c’était un trop grand risque. Or, je pense exactement le contraire. Le plus grand risque était de ne pas en prendre, de laisser continuer les choses sans que rien ne change », a-t-il jugé.

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