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Après la démonstration de force

Les syndicats brandissent la menace d’une grève générale

13 juillet 2026, 11:00

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Les syndicats brandissent la menace d’une grève générale

■ Le Fron Komun Syndikal se réunit aujourd’hui pour finaliser la marche à suivre. Mot d’ordre : restez mobilisés. © Aurélio Prudence

Au lendemain de la manifestation de samedi dans les rues de Port-Louis, le Fron Komun Syndikal ne compte pas relâcher la pression. Si le gouvernement maintient la réforme de la pension et confirme certaines mesures dans le Finance Bill, les dirigeants syndicaux préviennent qu’ils pourraient franchir une nouvelle étape : une grève générale.

Les syndicats attendent désormais le contenu du Finance Bill avant de décider de la suite. Le Fron Komun Syndikal se réunira ce lundi 13 juillet au siège de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU) pour dresser le bilan de la mobilisation et arrêter les prochaines actions. Jane Ragoo, porte-parole et secrétaire générale de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), n’écarte plus un durcissement. «Je l’ai dit récemment. Nou pa ankor ena drwa to recall me nou ena drwa pou desann dan lari.» Pour elle, tout dépendra du Finance Bill.«Kapav pou regagn sok ek Finance Bill. Si zot pa konpran e zot pa retrakte, lepep inn vot enn lagrev zeneral. Ki form li pou pran nou pou kone biento. Se lepep kinn demann sa.» Elle estime également que les réformes ne doivent créer aucune discrimination et que tous les Mauriciens doivent être traités sur un pied d’égalité.

Le président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), Reeaz Chuttoo, estime lui aussi que la mobilisation a envoyé un message clair. Selon lui, l’idée d’une grève générale émane désormais de la population. «Bann dimounn pe dir nou rant dan enn gran lagrev zeneral. Mo finn gagn mesaz la. Lepep ki pou deside.» Il annonce déjà une nouvelle manifestation et ajoute : «C’était la demande du peuple qui a voté à l’unanimité.»

Dans un communiqué, Clency Bibi, président de la General Workers Federation (GWF), estime que «la rue a rendu son verdict» et que le gouvernement «ne peut plus ignorer la colère populaire». Il évoque la hausse du coût de la vie, des prix de l’électricité, du carburant et du pain, la dépréciation de la roupie ainsi que le report de l’âge de la pension, qu’il considère comme une remise en cause du Welfare State.

Présent hier à la Journée de la Culture Rodriguaise, le Premier ministre Navin Ramgoolam a réagi aux appels à une éventuelle grève générale. «Ils peuvent le faire. Nous sommes un pays démocratique. Nous n’allons pas empêcher le peuple à protester comme l’ancien régime. La liberté d’expression est garantie par la Constitution.»

«Ce n’est qu’un début»

À peine la manifestation terminée, la GWF-CSG Solidarité et le Mauritius Labour Congress affirment que le message envoyé par la population ne peut être ignoré. Dans leurs communiqués, ils saluent une forte participation et demandent au gouvernement de renouer avec le dialogue social. La GWF estime que la mobilisation constitue «un signal politique et social fort». Selon Clency Bibi, elle traduit les inquiétudes liées à la hausse du coût de la vie, à l’érosion du pouvoir d’achat, à la hausse des prix de l’électricité, du carburant et du pain, à la dépréciation de la roupie ainsi qu’au relèvement de l’âge d’éligibilité à la Basic Retirement Pension.

Clency Bibi Clency Bibi

Le Mauritius Labour Congress de Haniff Peerun parle, lui, d’une «mobilisation historique» réunissant travailleurs, retraités et jeunes. Les deux organisations appellent les autorités à protéger le pouvoir d’achat, préserver les acquis sociaux et rétablir un véritable dialogue avec les partenaires syndicaux, tout en affirmant que la mobilisation du 11 juillet «n’est qu’un début».

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