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Budget 2026-2027

Musée de l’esclavage intercontinental : Rs 40 millions pour quoi faire ?

13 juillet 2026, 15:00

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Musée de l’esclavage intercontinental : Rs 40 millions pour quoi faire ?

Photos : Aline Groëme-Harmon

Pour l’année financière 2026-2027, le budget du Musée de l’esclavage intercontinental est de Rs 40 millions. Somme provenant du «Lotto Fund». Stephan Gua, président du conseil d’administration détaille les projets, en précisant que le musée «est toujours dans sa phase de développement».

Le statut

Les fonds du Musée de l’esclavage intercontinental viennent du Lotto Fund et non du ministère des Arts et de la culture. Le musée a été initié par un Special Purpose Vehicle (SPV), c’est une 100% government-owned company. «Initialement c’était pour accélérer la mise en place du musée», explique Stephan Gua. «Au stade de développement actuel du musée, le statut de SPV permet d’éviter certaines lourdeurs bureaucratiques».

Ceci dit, c’est le ministre des Arts et de la culture qui nomme le président du board du musée. Ce ministère a aussi un représentant au board. «Est-ce qu’à l’avenir le musée deviendra un corps paraétatique ? Cela relève d’une décision politique. Cela pourrait être une bonne chose pour la pérennisation du projet. Si c’était le cas, le ministère des Arts devrait alors obtenir une plus grosse dotation, pour soutenir les coûts du musée.»

Musée de l’esclavage intercontinental

Encore des travaux

Les Rs 40 millions couvrent à la fois les dépenses courantes (salaires, factures d’électricité, d’eau, d’internet etc…) et les investissements. «Comme nous sommes dans une phase de développement, les dépenses en capital sont plus élevées.» Il y a des travaux à compléter dans l’aile C, dont «un escalier de secours et la climatisation».

Focus sur l’aile A

Le musée de l’esclavage, qui se trouve dans l’ex hôpital militaire, à la route du Quai, à PortLouis, se compose de trois bâtiments qui forment un C autour d’une cour intérieure pavée. Face à l’entrée, à gauche, l’aile C a été rénovée. A droite, l’aile B attend son tour.

Au fond, des travaux vont commencer dans l’aile A. Grâce à un accord avec le musée du château royal de Blois en France, le Musée de l’esclavage intercontinental a obtenu trois bustes de la collection d’Eugène de Froberville. Ces bustes ont été moulés à Maurice, au 19ᵉ siècle, après l’abolition, sur d’anciens esclavés. Au total, la collection comprend 53 bustes originaux. L’aile A sera aménagée pour accueillir les trois qui sont déjà à Port-Louis, ainsi que les 50 autres qui sont toujours à Blois.

L’accord entre le musée et Blois a été signé en juillet 2024 pour une durée de cinq ans renouvelable. «L’avantage de l’aile A, qui est en pierres taillées, c’est sa différence structurelle avec l’aile C qui a des murs en corail.» Actuellement les trois bustes sont conservés sous cloche, dans une salle avec contrôle de température et d’humidité. Dans l’aile A, «le rapport d’expert dit que ce sera moins problématique pour conditionner les bustes». Des pourparlers sont en cours pour qu’un nouvel accord prenne effet à l’acheminement du reste de la collection de bustes. «Avec le souhait que cela devienne un prêt sur 10 ans. Nous aurions aimé que cela soit à durée indéterminée.»

Musée de l’esclavage intercontinental

Pour l’heure, Stephan Gua n’avance pas de chiffre concernant le coût des travaux dans l’aile A. Une première étape a été franchie, quand la mairie de Port-Louis a fait enlever les gros débris. L’ex hôpital militaire a un temps abrité la Development Works Corporation (voir photos).

L’autre gros poste de dépense sera l’acheminement des bustes depuis Blois, dans le centre de la France, vers Maurice, avec les frais de couverture d’assurance, par exemple.

L’exposition permanente

Ce qu’il y a à voir au musée ? Il y a eu plusieurs expositions temporaires. Le musée est dans la première phase d’aménagement de l’exposition permanente. Elle couvrira «l’esclavage dans le bassin de l’océan Indien durant les périodes portugaise, hollandaise, française et anglaise». Avec un volet sur l’esclavage à Maurice. «La première phase concerne ce qui se déroule avant l’abolition.» Cette exposition va aussi parler de «la femme dans l’esclavage».

À terme, seront aussi développées les «dimensions intercontinentales et ‘site of conscience’». Le mandat du musée remonte au rapport de la Commission Justice et Vérité. «Le musée est aussi un espace d’engagement auprès de la communauté sur les questions ayant trait à l’esclavage et ses séquelles. Ce musée n’est pas qu’un espace à visiter, il doit aussi être un espace d’expression, d’engagement sur toutes ces questions.»

Un muséologue ?

La situation des employés du musée était précaire avant l’arrivée de Stephan Gua en mars 2025. Les employés avaient un contrat renouvelable annuellement. «Cela a été réglé», affirme le président. «Depuis le début de l’année financière commencée le 1ᵉʳ juillet 2026, les employés transitent vers un statut permanent et non contractuel avec l’Intercontinental Slavery Museum (ISM) Ltd.»

Musée Les fonds serviront à l’aménagement de l’aile A du musée, pour accueillir les 53 bustes de la collection de Froberville. Voici l’état des lieux à fin juin 2026, avant le début des travaux.

Le précédent board avait commandé un rapport du Pay Research Bureau (PRB) pour établir l’organigramme du musée. Les employés qui sont désormais permanent and pensionable, ont obtenu les conditions recommandées par ce rapport. Des recrutements ont été initiés.

La visibilité du musée a été augmentée grâce à des activités hors les murs, à l’université de Maurice, ou encore à l’Institut Français de Maurice, où s’est tenue une conférence de Klara Boyer-Rossol, historienne spécialiste de la traite des captifs, qui travaille depuis plusieurs années sur les archives privées d’Eugène de Froberville.


Le chiffre 13 909

Selon les chiffres fournis par le Musée de l’esclavage intercontinental, le nombre de visiteurs entre juillet 2025 et juin 2026 est de 13 909. Les relevés indiquent qu’à décembre 2024, il y avait eu 19 324 visiteurs. Et à décembre 2025, 19 450 visiteurs ont été comptabilisés. A juin 2026, le décompte était à 11 663.

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