Publicité

Agro-Industrie

Stériliser les ravageurs aux rayons X

9 septembre 2026, 19:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Stériliser les ravageurs aux rayons X

Le ministère de l’Agro-Industrie a procédé au lancement officiel du programme de la Technique de l’insecte stérile (TIS), basé sur l’utilisation des rayons X, le mercredi 2 septembre à la Division d’entomologie des services agricoles à Réduit. Une initiative menée en collaboration avec le Département américain de l’Énergie, à travers son Bureau de la sécurité radiologique, ainsi qu’avec le Lawrence Livermore National Laboratory.

Cette initiative vise principalement à lutter contre les mouches des fruits, des ravageurs susceptibles de causer d’importants dégâts aux cultures. Le principe consiste à élever en grande quantité des mâles de l’espèce ciblée, puis à les stériliser par irradiation aux rayons X avant de les relâcher dans la nature. L’objectif est de perturber progressivement la reproduction de la population sauvage.

Selon les explications de la Division d’entomologie des services agricoles, «l’irradiation endommage leur matériel génétique de manière à empêcher leur reproduction». Lorsqu’un mâle stérile s’accouple avec une femelle sauvage, celleci produit des œufs qui ne donnent pas de descendance viable. En répétant les lâchers, la population de ravageurs peut ainsi progressivement diminuer.

Une alternative aux pesticides ?

La question de savoir si cette technique est préférable aux pesticides se pose naturellement. La Division d’entomologie des services agricoles souligne que la TIS présente plusieurs avantages importants. Elle est «spécifique de l’espèce ciblée, ne laisse pas de résidus chimiques sur les cultures et peut réduire le recours aux insecticides». Elle s’inscrit donc dans une stratégie de lutte intégrée et durable contre les ravageurs.

Comparativement aux rayons gamma, les rayons X sont également considérés comme «un moyen beaucoup plus sain pour les utilisateurs», avec des exigences de sécurité réduites. Toutefois, les services agricoles précisent que la TIS ne constitue pas nécessairement un remplacement immédiat de toutes les méthodes existantes.

«Son efficacité dépend notamment de l’espèce de mouche, de la qualité des insectes élevés, du nombre de mâles stériles relâchés, de la surveillance de la population et des conditions locales», explique-t-on à la Division d’entomologie des services agricoles. Dans de nombreux programmes, la TIS est ainsi utilisée en complément d’autres mesures de lutte.

Pour le ministre de l’Agro-Industrie, Arvin Boolell, cette initiative représente une «avancée majeure» dans la protection des cultures. Elle devrait également contribuer à réduire la dépendance aux pesticides, dans une perspective d’agriculture plus durable.

Quel impact sur l’environnement ?

La question des conséquences sur l’environnement et la biodiversité constitue également un enjeu majeur. Les services agricoles mettent en avant le caractère ciblé de la TIS. Les insectes relâchés appartiennent à l’espèce du ravageur que l’on cherche précisément à contrôler. «La stérilisation ne transforme pas ces mouches en organismes génétiquement modifiés et les rayons X ne leur confèrent pas de nouvelles capacités biologiques», précise-t-on à la Division d’entomologie des services agricoles. Avant les lâchers, l’identité de l’espèce, la qualité et le comportement des insectes stériles ainsi que leur capacité de dispersion doivent notamment être vérifiés.

Les mouches stériles vivent en moyenne une quinzaine de jours, selon les conditions climatiques et l’accès à la nourriture. D’après les recherches précédentes citées par les services agricoles, ces insectes ne transmettent pas de radiation néfaste à l’environnement et n’ont pas d’effets secondaires sur la biodiversité.

Les fruits et légumes sont-ils irradiés ?

L’interrogation est naturelle. L’utilisation des rayons X est-elle nocive pour les fruits et légumes ? «Non, les fruits et légumes ne deviennent pas radioactifs à la suite de l’utilisation de cette technique», répond-on à la Division d’entomologie. Les mouches sont exposées aux rayons X avant leur lâcher tandis que les fruits et légumes ne le sont pas. «Les insectes stérilisés ne transmettent donc pas de radioactivité aux cultures», précise-t-on aux services agricoles.

La technique pourrait, au contraire, permettre de réduire l’utilisation d’insecticides et, par conséquent, l’exposition des cultures aux produits phytosanitaires et à leurs éventuels résidus. Ainsi, la TIS apparaît comme une méthode de lutte biologique, susceptible de contribuer à une agriculture plus durable. Toutefois, son efficacité et son innocuité devront continuer à être démontrées et surveillées dans le contexte spécifique local, en fonction des espèces visées et des conditions environnementales.

Publicité