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Journée internationale

Shirin Aumeeruddy-Cziffra, speaker: «J’espère que ce n’est pas uniquement parce que je suis femme, que je suis là»

8 mars 2025, 18:00

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Shirin Aumeeruddy-Cziffra, speaker: «J’espère que ce n’est pas uniquement parce que je suis femme, que je suis là»

En ce 8 mars, parole aux femmes. Une dizaine d’entre elles nous ont conté leur vécu, leurs difficultés et leurs espoirs. Une façon d’encourager les petites filles à croire en l’égalité des genres et de remercier les grands-mères pour leurs luttes pour les droits des femmes, luttes qui ne sont pas terminées.

Des femmes aux postes clés «pour le symbole». Une situation qu’il s’agit de dépasser. Sentiment exprimé par Shirin Aumeeruddy-Cziffra, speaker de l’Assemblée nationale. Elle participait le jeudi 7 mars à une table ronde organisée dans le cadre des Alumni talks par l’Institut Français de Maurice. Cette soirée avait pour thème: Femmes inspirantes : parcours, visions et stratégies.

Le 8 mars c’est l’occasion de faire le point, a estimé la speaker. «Malheureusement, il reste encore beaucoup à faire. Pas seulement pour faire la révolution au niveau des postes mais aussi dans les têtes». Abordant le sujet de son élection à ce perchoir constitutionnel, Shirin Aumeeruddy-Cziffra a déclaré : «Si aujourd’hui je suis à ce poste, j’ai bien compris que c’est parce que malheureusement, sur 70 députés, il y a 10 femmes et deux ministres. Ce n’est pas encore assez».

Elle estime que sa présence à ce poste est un «symbole» qui admet qu’il n’y a pas eu suffisamment de femmes candidates aux dernières élections générales mais que «l’on veut changer -c’est ce que j’entends en tout cas-mais pour l’instant on place des femmes dans des postes de responsabilité. J’espère que ce n’est pas uniquement parce que je suis femme que je suis là».

La présidente de l’Assemblée nationale a rappelé que Maurice est signataire de plusieurs conventions sur ce sujet, y compris celle de la Southern African Development Community (SADC) sur un minimum de 30 % de représentation féminine au sein du gouvernement. «Maurice aime bien signer et ratifier des conventions, mais nous ne sommes pas encore dans la parité politique». Si au niveau des collectivités locales, la loi prévoit l’équilibre du genre, pour les élections générales, «il n’y avait absolument rien. C’est un débat qui mérite que l’on continue de réfléchir». Pour faire avancer les choses : «seule on n’y arrivera jamais».

Shirin Aumeeruddy-Cziffra a aussi mis en garde l’assistance. «Il ne faut pas croire que parce qu’une femme est à la tête, elle va nécessairement apporter des changements positifs pour les autres femmes. C’est plus au niveau du symbole». Avant de souligner que dans le secteur public, beaucoup de femmes sont en haut de la hiérarchie, notamment dans le judiciaire avec la cheffe juge, la numéro 2 du judiciaire, la Master and Registrar, et le nombre plus conséquent de magistrates que leurs collègues masculins. Est-ce que dans les grandes entreprises privées, il y a des femmes dans les postes clés, s’est-elle demandée.

La speaker a aussi partagé un historique des droits des femmes de l’ère contemporaine. Rentrée au pays en 1974 après des études en Angleterre et en France, elle prend conscience de la «place quasi inexistante» des femmes à Maurice. C’était «la faute à Napoléon» car selon le code civil, parce que les femmes mariées sous le régime de communauté de bien étaient des «mineures», sous le joug de la «puissance paternelle» puis de l’autorité maritale.

Elle a rappelé que la Constitution date de 1968. Les lois discriminatoires pouvaient exister à l’époque parce que «l’article 16 (3) qui définit discrimination ne comprenait pas le mot sexe dans la liste»*. Il a fallu attendre «1995, après deux décennies de lutte, pour que l’on puisse dire à nos gouvernants qu’il est grand temps d’ajouter ce terme dans la section 16 (3)». La présidente de l’Assemblée nationale d’affirmer que cette section devrait à nouveau être amendée, pour y inclure d’autres formes de discrimination.

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