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Stocks pharmaceutiques
Rupture temporaire de 5 % des médicaments
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Stocks pharmaceutiques
Rupture temporaire de 5 % des médicaments
Une rupture temporaire des stocks de certains médicaments, notamment destinés aux patients souffrant de cancer, suscite de vives inquiétudes dans le secteur de la santé publique. Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, l’a admis et a promis qu’un audit des stocks pharmaceutiques démarrera lundi afin d’identifier les défaillances dans la chaîne d’approvisionnement.
«Kan nounn donn garanti Lasanble ki bann malad pou gagn so tretman, sirtou kanser, ninport ki neglizans ki ena, sa ofisie responsab-la pou bizin pey konsekans», a averti le ministre sur les ondes d’une radio privée. Pour lui, une pénurie de médicaments, particulièrement contre le cancer, peut avoir des conséquences dramatiques. «Mo pa pou permet sa», a-t-il insisté.
Entre 200 et 300 nouveaux cas de cancer sont enregistrés mensuellement. Cette hausse aurait contribué à épuiser plus rapidement que prévu certains stocks initialement destinés à couvrir 12 mois. Le ministère affirme toutefois que des médicaments alternatifs sont disponibles. Lundi, le 24 août, le National Cancer Centre (NCC) a également reçu un des trois médicaments qui étaient en rupture de stock.
La pénurie ne se limiterait cependant pas au NCC. Mercredi, le 19 août, au Subramania Bharati Eye Hospital de Moka, plusieurs patients venus à leur rendez-vous ont été informés, après leur consultation, que certains médicaments prescrits n’étaient pas disponibles à la pharmacie de l’hôpital. Ils auraient été invités à les acheter dans le privé. Sollicitée par rapport à cette situation, la direction de l’établissement a toutefois assuré que le médicament concerné est en stock.
Selon le ministère de la Santé, seulement 5 % des médicaments seraient actuellement en rupture de stock à l’échelle nationale. Mais pour les patients concernés, ce pourcentage ne reflète pas nécessairement la gravité d’une indisponibilité lorsqu’il s’agit d’un traitement indispensable.
Au-delà des médicaments, le fonctionnement du NCC est également remis en question. Des sources évoquent un manque de personnel et d’équipements, ainsi qu’une longue liste d’attente pour la radiothérapie. «S’il n’y a pas les médicaments nécessaires, la maladie peut rapidement progresser», souligne une source médicale.
Narendranath Gopee, négociateur de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), tire la sonnette d’alarme face à la pénurie de médicaments dans les établissements publics. Selon lui, la réalité sur le terrain contraste avec l’image des hôpitaux pleinement approvisionnés. «Le médecin prescrit des médicaments et, très souvent, ils ne sont pas disponibles à la pharmacie de l’hôpital. Même les équivalents manquent», affirme-t-il.
Il réclame ainsi un «vrai stock taking» dans tous les hôpitaux et dispensaires afin d’établir avec précision la disponibilité des médicaments. «Tant qu’il n’y aura pas un véritable inventaire, la situation ne s’améliorera pas», prévient-il, disant ne nourrir «aucun doute» quant à la véracité des témoignages des patients.
Le syndicaliste pointe également du doigt une lourdeur administrative et une incapacité croissante à prendre des décisions au sein de la Fonction publique. «Le système de santé est devenu un État dans l’État, et c’est un État très mal géré», lance-t-il. Il estime que les hauts cadres doivent être davantage formés et responsabilisés, dénonçant une dépendance excessive envers les avis du Parquet.
Narendranath Gopee appelle aussi à réparer les équipements de diagnostic en panne avant de diriger systématiquement les patients vers le privé. Il réclame finalement des explications claires sur la disponibilité réelle des médicaments, y compris dans les hôpitaux accueillant le plus grand nombre de patients. «Les simples choses doivent être réglées avant de parler de grands progrès», insiste-t-il.
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