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Crise au sommet
Paul Bérenger absent du Parlement : Le suspense demeure
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Crise au sommet
Paul Bérenger absent du Parlement : Le suspense demeure
■ «Chacun prend sa responsabilité. Ceux qui décident d’y aller iront», a lancé le leader mauve, hier. ? Sumeet Mudhoo
Partira, partira pas ? Impossible, encore une fois, de le dire à ce stade. Ce que l’on sait en revanche, c’est que Paul Bérenger ne sera pas présent au Parlement aujourd’hui. C’est ce qu’a annoncé le principal intéressé en début de soirée d’hier, à l’issue de la réunion du Bureau politique (BP) de son parti, le Mouvement militant mauricien (MMM), au siège du parti à Rose-Hill.
Un BP tenu dans un contexte politique particulièrement tendu autour de la position du Premier ministre adjoint au sein du gouvernement. Cette réunion était très attendue et intervenait après une réunion parlementaire durant laquelle Paul Bérenger devait notamment réfléchir à une éventuelle démission de ses fonctions.
Les travaux du BP ont débuté vers 16 h 30 et se sont poursuivis pendant près de deux heures. Lors du point de presse subséquent, le leader du MMM a précisé qu’il ne participera pas aux travaux parlementaires aujourd’hui. «Je ne serai pas au Parlement demain (NdlR, aujourd’hui)», a-t-il déclaré. Il a précisé qu’il s’agit d’une décision personnelle et que les autres parlementaires restent libres de décider de leur présence. «Chacun prend sa responsabilité. Ceux qui décident d’y aller iront», a-t-il ajouté.
Paul Bérenger a expliqué avoir profité de la réunion du BP pour exprimer clairement ses positions aux cadres du parti, évoquant des désaccords persistants au sein du gouvernement. «Pour la première fois, j’ai dit tout ce que j’avais à dire. Les choses que je ne pouvais pas accepter, j’ai pu les dire aux membres du BP. Ils peuvent digérer ces informations. Pour ma part, je n’irai pas au Parlement et je vais voir si je vais démissionner demain même comme Premier ministre adjoint», a-t-il déclaré.
Le leader du MMM a également indiqué avoir demandé une mise à jour de la liste des délégués du parti. Interrogé sur les discussions au sommet de l’État, Paul Bérenger a confirmé avoir rencontré le Premier ministre, Navin Ramgoolam, hier, à la suite d’un appel de ce dernier. Il a toutefois laissé entendre qu’aucune autre rencontre n’est prévue dans l’immédiat.
Concernant sa décision personnelle, il a laissé entendre qu’elle était déjà prise sur le fond, même si le moment de son application reste à déterminer. «Mwa mo desizion fini pran me mo pou desid kan pou met li an ekzekision», a expliqué Paul Bérenger. Il a toutefois affirmé qu’un changement dans la situation actuelle pourrait encore influencer son choix, même s’il se montre pessimiste quant à une évolution rapide. «S’il faut choisir entre mon poste de vice-Premier ministre et mon pays, je vais choisir mon pays. Même si je dois choisir entre mon pays et le parti, je vais choisir mon pays», a-t-il affirmé.
Le leader des Mauves a également évoqué les inquiétudes liées à la situation économique du pays, estimant que Maurice fait face à des risques importants. «Sa bez dan ki nou pe ale la, nou ena enn doub danze. Enn kote downgrade par Moody’s e greylisting par bann linstans internasional.»
Selon lui, malgré sa présence au sein du gouvernement, il ne constate pas d’amélioration significative sur plusieurs dossiers qu’il suit depuis des mois. Paul Bérenger a rappelé qu’il avait déjà exprimé certains désaccords au sein du gouvernement depuis novembre dernier. Il a affirmé avoir évoqué ces préoccupations à plusieurs reprises à Navin Ramgoolam dans l’espoir d’obtenir des changements.
Il a expliqué avoir repoussé à plusieurs reprises sa décision finale en espérant une évolution de la situation. Toutefois, il a affirmé ne pas regretter l’alliance conclue avec le Parti travailliste lors des dernières élections et dont l’objectif principal était de mettre fin au gouvernement du Mouvement socialiste militant (MSM). «Nou pann fer tousala pou ki enn bon parti de bann zafer ki MSM ti pe fer pe refer parey. Gang de 5 pe fer piti aster», a-t-il martelé.
Interrogé sur la question des finances publiques, il s’est montré particulièrement critique. «Mo ferfout ek finans mwa. On est dans une crise économique grave. Nou pe al kas lagel dan bann zour ki pe vini. Bizin ena enn full-time minis finans.»
Le leader du MMM a également reconnu qu’en cas de démission de son poste de Premier ministre adjoint, la question de sa place au sein de l’hémicycle pourrait se poser. Il n’a pas manqué de rappeler qu’il avait fait une école de journalisme, tout en adressant quelques critiques à la presse. Il a notamment affirmé que «certains journalistes ne sont pas des professionnels et qu’il y a des mercenaires dans la presse».
Paul Bérenger a également souligné que le BP constitue avant tout une instance de débat interne. Les décisions officielles du parti, a-t-il rappelé, relèvent du Comité central. La prochaine réunion de cette instance est prévue demain, à 15 h 30 à l’hôtel Hennessy Park.
Cette rencontre s’annonce déterminante pour la suite des événements. C’est à l’issue de cette réunion que Paul Bérenger pourrait préciser sa décision finale concernant son maintien ou non au poste de Premier ministre adjoint, ainsi que la position que le MMM choisira d’adopter dans les jours à venir.
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Emboîteront-ils le pas à leur leader ?
Après la déclaration du leader mauve hier au BP, nous avons interrogé les membres du parti sur leur présence à l’Assemblée nationale aujourd'hui. La ministre Jyoti Jeetun a laissé planer le doute : «Mo pa kone si mo pou al Parlman. Pas de commentaire.»
De son côté, Ram Etwareea a indiqué que le choix avait été laissé à l’appréciation de chacun : «Paul Bérenger nous a donné le libre choix sur notre présence au Parlement. Pour ma part, j’irai.»
Karen Foo Kune-Bacha a adopté un ton prudent et a affirmé encore analyser les informations reçues lors de la réunion : «Comme l’a dit Paul Bérenger, il nous a donné d’autres informations et il y aura le Comité central. Je digère encore l’information.»
Pour Tony Apollon, la réflexion se poursuit également : «Le leader a déjà tout dit. Je digère encore l’information et je verrai après.» Même réaction chez Rajesh Bhagwan, qui estime que tout a déjà été expliqué : «Paul Bérenger a déjà tout dit.»
Enfin, Ajay Gunness a clairement annoncé sa décision de siéger aujourd'hui, tout en rappelant la liberté laissée aux membres du parti : «Linn dir li les nou responsabilite al Parlman ou pa. Mwa mo pou dan Parlman. Les komite santral sieze.»
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Dans les coulisses du BP du MMM
Après les déclarations de Paul Bérenger concernant un éventuel départ du gouvernement, «l’express» s’est entretenu avec plusieurs ministres et députés du Mouvement militant mauricien (MMM) afin de mieux comprendre ce qui s’était dit lors du BP tenu hier. Selon nos informations, seuls Paul Bérenger et un autre membre du parti seraient actuellement sur la même longueur d’onde quant à la marche à suivre. Si ces deux élus décidaient de démissionner de leurs fonctions ministérielles, ils pourraient siéger comme simples backbenchers au Parlement, au moins jusqu’à ce que le Comité central ou l’assemblée des délégués du MMM tranche définitivement sur la position du parti. Lors de ce BP, la majorité des élus mauves aurait toutefois fait entendre son point de vue au leader du parti. Plusieurs intervenants auraient exprimé leurs préoccupations et partagé leurs analyses sur la situation politique actuelle.
Concernant les informations communiquées par Paul Bérenger aux membres du BP, les mêmes dossiers déjà évoqués précédemment seraient revenus sur la table. Parmi les sujets abordés figureraient notamment ce que certains qualifient de «gang des cinq» au «Prime Minister’s Office», la question du «law and order», la situation d’Air Mauritius, le rôle de l’Economic Development Board ainsi que certaines préoccupations liées au ministère des Finances. Selon un ministre présent à la réunion, il n’y aurait toutefois «rien de vraiment nouveau» dans les discussions qui ont marqué ce BP.
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Le fil des événements
10h30 : Le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, et le Premier ministre, Navin Ramgoolam, se sont rencontrés au bâtiment du Trésor pour un entretien d’environ 30 minutes. Selon les informations recueillies, cette rencontre n’aurait toutefois pas modifié la décision du premier de quitter son poste.
15h00 : Réunion des parlementaires de la majorité. Paul Bérenger, les ministres du MMM ainsi que ceux du Parti travailliste étaient présents. Selon nos informations, aucun mot n’aurait été prononcé concernant un éventuel départ du Premier ministre adjoint durant cette réunion, qui n’a duré qu’une quinzaine de minutes. À l’issue de la rencontre, malgré des commentaires mesurés sur la situation interne, les élus ont insisté sur une priorité : poursuivre le travail en vue de la reprise parlementaire prévue aujourd’hui.
De 16h30 à 18h00 : Réunion du bureau politique du MMM. Lors d’un point de presse tenu à 18 h 15, Paul Bérenger a déclaré : «Je ne serai pas au Parlement demain. Je verrai demain si je dois démissionner de mon poste de Premier ministre adjoint. Ma décision est prise, mais j’annoncerai les détails de sa mise en œuvre. Si je dois choisir entre mon poste de vice-Premier ministre et le pays, je choisirai le pays.»
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