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Protection du littoral
Des solutions pour renforcer la résilience des zones côtières
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Protection du littoral
Des solutions pour renforcer la résilience des zones côtières
Nature-Based Solutions for Protecting the Coastal Zone. Tel est l’un des principaux projets menés par Reef Conservation avec le soutien de l’Union européenne. Celui-ci est mis en œuvre depuis 2021 et se poursuivra jusqu’en juillet 2027. Cette initiative est principalement financée par la Commission européenne, avec l’appui de partenaires locaux tels qu’Oxenham, EcoVadis et ER Hospitality. Le projet bénéficie également de la collaboration de partenaires internationaux, notamment la World Maritime University (WMU) et l’Université de Södertörn, qui apportent leur expertise à travers des projets passés et en cours dans ces domaines.
Dans un contexte de changement climatique de plus en plus marqué, particulièrement pour les petits États insulaires en développement (SIDS) comme Maurice, ce projet vise à mieux comprendre et à valoriser le rôle des herbiers marins dans la protection du littoral et le bienêtre des populations, explique Lisa Ah Shee Tee, Senior Research Project Manager de Reef Conservation.
«Au-delà de leur importance écologique, les herbiers marins sont également étudiés pour les services qu’ils rendent aux sociétés humaines, notamment en matière de protection côtière, de stockage du carbone bleu, de soutien à la biodiversité ainsi qu’aux activités de pêche et aux moyens de subsistance des communautés côtières. Les herbiers marins contribuent également à protéger les plages sableuses en limitant l’érosion côtière.»
Approche scientifique, sociale et participative
Le projet adopte une approche intégrée qui inclut également une dimension sociale essentielle : l’analyse des besoins, des perceptions et des attentes des parties prenantes et des citoyens concernant les services écosystémiques dits «culturels» fournis par les solutions fondées sur la nature. Cette composante permet de mieux comprendre la relation entre les communautés et leur environnement marin, ainsi que leur perception des actions de conservation.
Lisa Ah Shee Tee indique que les activités du projet reposent sur plusieurs axes complémentaires, notamment l’inventaire et l’étude des herbiers marins à Maurice, l’identification des meilleures pratiques de restauration adaptées au contexte local, l’évaluation du potentiel de séquestration du carbone, l’analyse de la connectivité des espèces de poissons d’importance économique ainsi que le renforcement de la participation des communautés à travers la science participative. Les travaux sont menés sur trois sites représentatifs du littoral mauricien : Mont-Choisy dans le Nord, Roches-Noires dans l’Est et Bel-Ombre dans le Sud.
À travers cette approche scientifique, sociale et participative, le projet ambitionne de fournir des données solides pour soutenir des solutions durables fondées sur la nature et renforcer la résilience des zones côtières face aux impacts du changement climatique.
Résultats
À ce jour, «le projet Nature-based Solutions for Protecting the Coastal Zone a permis d’obtenir plusieurs résultats concrets, tant sur le plan scientifique que social», souligne Lisa Ah Shee Tee. Sur le plan scientifique, un inventaire des herbiers marins a été réalisé dans sept régions du pays, contribuant à améliorer les connaissances sur leur répartition et leur état. Ces travaux ont également conduit à une publication scientifique intitulée Seagrass Meadows in Lagoons of Mauritius: Species Composition, Structural Complexity and Spatial Distribution, parue en 2025 dans la revue Regional Studies in Marine Science.
Le projet a également introduit l’utilisation de l’ADN environnemental (eDNA), une approche innovante et non invasive permettant d’évaluer la biodiversité associée aux herbiers marins. Cette méthode a révélé la présence de 629 espèces de poissons, dont 78 espèces d’intérêt commercial, ainsi que de 151 espèces d’invertébrés dans les trois sites d’étude.
En parallèle, un essai de restauration a été mené à Roches-Noires en juillet 2025 en utilisant une espèce d’herbier marin (Syringodium isoetifolium), également connue sous les noms de «gomon spageti» ou «gomon filao» selon les régions. Trois techniques de restauration différentes ont été testées dans le cadre de cet essai.
Après près de dix mois de suivi, les premiers résultats montrent des évolutions encourageantes. Une augmentation progressive de la biodiversité est observée, avec le retour de poissons juvéniles, d’hippocampes et de mollusques, confirmant le rôle des herbiers marins comme habitats et zones de nurserie.
Sur le volet social, plus de 1 500 questionnaires ont été réalisés auprès de différentes parties prenantes, incluant les communautés locales, les pêcheurs, les opérateurs touristiques, les hôtels et les institutions publiques. Ces résultats ont permis de mieux comprendre la perception des herbiers marins et de leurs services écosystémiques. Plus de la moitié des personnes interrogées connaissaient déjà les herbiers marins et reconnaissaient leur importance pour l’environnement marin et côtier.
En parallèle, 18 sessions de sensibilisation ont été organisées à travers le programme mobile Bis Lamer, intégrant les résultats des enquêtes afin de combler les lacunes en matière de connaissances et de renforcer la sensibilisation des communautés. À ce jour, plus de 800 participants ont été sensibilisés à travers ces sessions organisées dans les trois sites d’étude.
Stockage du carbone bleu
Par ailleurs, des travaux sont en cours sur l’évaluation du stockage du carbone bleu, en collaboration avec l’Université de Södertörn, ainsi que sur l’analyse de la connectivité génétique de certaines espèces de poissons d’intérêt commercial. Ces résultats contribueront à orienter les prochaines étapes du projet et à renforcer les stratégies de restauration et de gestion durable des herbiers marins à Maurice.
«Ces résultats montrent non seulement l’importance des herbiers marins pour la biodiversité et les communautés côtières, mais aussi le potentiel réel de la restauration écologique à Maurice. Les premiers signes observés sur les sites restaurés, notamment le retour de certaines espèces marines, sont encourageants et démontrent que les solutions fondées sur la nature peuvent contribuer concrètement à renforcer la résilience des zones côtières face aux impacts du changement climatique», relève Lisa Ah Shee Tee.
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