Publicité
Environnement agricole
Nouvelle-Découverte dit non au concasseur mobile
Par
Partager cet article
Environnement agricole
Nouvelle-Découverte dit non au concasseur mobile
Photo d'illustration.
Habitants de Nouvelle-Découverte, de Ripailles, de L’Espérance et de La Laura, associations locales et conseillers de village se sont réunis samedi dernier, devant le complexe multisports de Nouvelle-Découverte. Ils ne veulent pas du Mobile Stone Crushing Plant que Dove Transport Ltd veut installer dans la région.
L’ampleur de la mobilisation se mesure aussi en chiffres. Une pétition intitulée «Protégeons la nature - Non au concasseur à Nouvelle-Découverte» a recueilli 700 signatures, soit, d’après les organisateurs, l’équivalent du village tout entier. Atma Bumma, habitant de la localité et membre du Mouvement socialiste militant depuis 2022, a pris les devants en envoyant une lettre à la division Environment Impact Assessment (EIA) du ministère de l’Environnement ainsi qu’aux membres du gouvernement et de l’opposition. Son argumentaire s’appuie sur le rapport d’étude d’impact environnemental soumis par Dove Transport et préparé par Sustainable Resource Management Ltd. Pour lui, le fond du problème n’est pas tant la nature du projet que son emplacement : une installation mobile de concassage peut être déplacée vers une zone industrielle alors que l’environnement agricole de Nouvelle-Découverte et ses ressources en eau ne peuvent pas l’être.
Le refus part d’abord de ce que ce projet représente pour la terre. Le site, un terrain de 19 780 m2 aujourd’hui cultivé, deviendrait le théâtre d’un traitement de 450 tonnes de roche par jour, alimenté par un générateur diesel. Lors de la conférence de presse de samedi, Sébastien Sauvage, d’Eco-Sud, a détaillé l’ampleur de l’installation prévue : une plateforme bétonnée, une zone de stockage des matériaux, des va-et-vient continus de camions pour approvisionner le site en eau et en carburant. Selon lui, l’ampleur réelle de ce trafic n’a pas été suffisamment évaluée dans le dossier, une critique qui rejoint les préoccupations exprimées par les riverains sur l’état des routes de la région.
Des zones sensibles
Le terrain se trouve par ailleurs à proximité de zones que les organisateurs de la conférence de presse décrivent comme environnementalement sensibles. L’EIA elle-même classe l’impact sur les poussières et la qualité de l’air comme «High». Un forage actif, utilisé pour l’irrigation agricole, se trouve sur le site du projet. Le rapport reconnaît que des fuites de carburant ou de fluides hydrauliques provenant des machines pourraient contaminer les eaux souterraines, y compris ce forage. Un agriculteur de la région a lui aussi pris la parole lors de la conférence de presse pour dire ce que ce projet représente pour ceux qui travaillent la terre à Nouvelle-Découverte. Il cultive en bio, avec le moins de pesticides possible, pour garantir la qualité de ses récoltes, et craint que la poussière ne vienne tout compromettre sur ses plantations comme sur son bétail. Il se souvient qu’une exploitation voisine avait dû arrêter toute activité agricole à cause d’un projet similaire, installé à moins de 100 m, et redoute qu’une partie de ses propres terres ne subisse le même sort.
Face à cette mobilisation, le dossier suit son cours administratif. Interrogé à l’Assemblée nationale le 4 août par la députée Babita Thannoo, le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, avait confirmé que Dove Transport Ltd avait soumis sa demande de permis EIA le 9 juillet et que le rapport avait été transmis à toutes les autorités compétentes le 16 juillet pour évaluation. Selon le ministre Bhagwan, plusieurs entités sont associées à l’examen du projet, dont les ministères de l’Agro-industrie et de la Santé, la Central Water Authority, la Water Resources Commission et la Land Drainage Authority, chargées d’évaluer la dégradation des sols, la perte de rendement agricole, les besoins en eau et la sensibilité écologique de la zone. Une visite conjointe du site avec l’ensemble des autorités concernées a eu lieu le 29 juillet.
La période de consultation publique du rapport EIA s’est achevée le 14 août.
Publicité
Publicité
Les plus récents