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Lutte contre le blanchiment d’argent et le crime organisé

Meetun, Legentil et Johurdassing : une synergie inédite des autorités

2 mars 2026, 04:00

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Meetun, Legentil et Johurdassing : une synergie inédite des autorités

■ Des noms sont omniprésents dans les dossiers : Yuvrajsingh Johurdassing, Yohan Legentil et sa sœur, Marie Yohanna Suzette Legentil.

La lutte contre le blanchiment d’argent et le trafic de drogue connaît un nouveau tournant. Lors de ces dernières semaines, trois noms reviennent dans les dossiers des autorités : Gino Meetun, Yohan Legentil et Yuvrajsingh Johurdassing. Tous ont été arrêtés à des périodes différentes, mais un point commun relie leurs affaires : des soupçons de blanchiment d’argent découlant d’activités illicites présumées.

Selon nos renseignements, ces arrestations ne relèvent pas du hasard. Elles sont le fruit d’un travail de fourmi, mené en étroite collaboration entre la Financial Crimes Commission (FCC), l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) et la Mauritius Revenue Authority, avec le soutien des unités de la police, de la Special Support Unit (SSU), du Groupe d’intervention de la police mauricienne (GIPM) et du commando MARCOS, entre autres. L’objectif : remonter des filières présumées de blanchiment, identifier les circuits financiers et frapper au cœur des réseaux. Les trois suspects étaient depuis un certain temps dans le viseur des enquêteurs, notamment en raison de leur train de vie jugé disproportionné par rapport à leurs revenus déclarés.

? Gino Meetun : de maçon à propriétaire de biens de luxe

Âgé de 36 ans et habitant Résidence Richelieu, à Petite-Rivière, Gino Meetun n’est pas un inconnu des services antidrogue. Tantôt maçon, tantôt plombier, il avait été condamné en 2019 à une amende de Rs 10 000 pour possession de 16 doses d’héroïne. La même année, il avait été arrêté avec 328 grammes d’héroïne, d’une valeur estimée à Rs 5 millions. Ce dossier suit actuellement son cours entre les mains de la justice et il devrait être appelé à comparaître devant la Cour suprême pour trafic de drogue.

C’est sa seconde arrestation la semaine dernière qui l’a véritablement placé dans le radar de la FCC. Les enquêteurs soupçonnent que ses activités commerciales – une compa- gnie de transport, un supermarché, des biens immobiliers – pourraient masquer d’autres sociétés-écrans destinées à blanchir des fonds d’origine suspecte. Lors d’une vaste opération menée tôt le matin du jeudi 26 février à Résidence Richelieu, la FCC, appuyée par le GIPM, la SSU et les MARCOS, a perquisitionné son domicile ainsi que celui de Jean Cliff Ravina. Plusieurs véhicules ont été saisis : un camion, une motocyclette BMW et un SUV Audi. Une somme de Rs 1 million en liquide a également été retrouvée. Les véhicules, évalués à plusieurs millions de roupies, ont été sécurisés au Réduit Triangle. L’imposante maison du suspect, dotée d’une piscine et meublée de manière somptueuse, a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs. Sa valeur sera établie par la FCC, qui n’exclut pas une éventuelle saisie à travers des attachment orders émis.

? Yohan Legentil et sa famille : Un réseau solidement ancré

Dans le nord de l’île, une opération de l’ADSU de Grand-Baie a conduit à l’arrestation de Jean Raymond Yohan Legentil ainsi que de sa sœur, Marie Yoanna Suzette Legentil. L’intervention a permis de mettre au jour un réseau présumé, structuré et organisé. Lors des perquisitions, les limiers ont saisi environ Rs 12 millions d’héroïne, plusieurs chaînes en or, un 4x4 Ford Raptor, un pistolet avec des munitions ainsi que plusieurs milliers de roupies en espèces. Valeur totale des biens saisis : plus de Rs 100 000.

Outre la saisie de drogue, Rs 1 million en espèces et six véhicules ont été placés sous scellés lors d’une autre opération. Ces éléments renforcent le dossier transmis à la Financial Crimes Division, d’autant plus que Yohan Legentil avait déjà été poursuivi par la FCC en 2020. Le commerce de bétail – vaches, bœufs et cochons – serait, selon les enquêteurs, une façade destinée à blanchir de l’argent. Depuis plusieurs années, la police de Grand-Baie gardait un œil attentif sur cette famille. Les opérations précédentes avaient souvent été compliquées par le niveau de sécurité élevé de leur résidence, décrite comme une véritable forteresse. Selon certaines sources, le temps nécessaire pour accéder aux lieux aurait parfois permis la destruction ou l’évacuation de drogues.

Lors d’une intervention, un individu identifié comme Christian Victor aurait été sommé de jeter des stupéfiants dans un terrain en friche non loin de la résidence familiale. Cette arrestation fait écho à des opérations menées en septembre 2020 lorsque plusieurs membres de la famille Legentil avaient déjà été interpellés. La résurgence de ces activités présumées démontre la complexité du combat contre les réseaux organisés.

? Yuvrajsingh Johurdassing : ascension rapide et soupçons persistants

Directeur d’entreprise âgé de 36 ans, Yuvrajsingh Johurdassing a été arrêté le 26 février lors d’une opération de l’ADSU. Fiché par cette dernière pour des délits liés à la drogue dans le passé, il avait rapidement gravi les échelons dans le monde des affaires. Cette ascension fulgurante avait éveillé l’intérêt des enquêteurs de la FCC en 2019. Lors de la perquisition, deux sachets contenant une substance suspectée d’être du cannabis (12,75 grammes et 2,75 grammes) ont été saisis, ainsi qu’une balance électronique portant des traces suspectes et du matériel pouvant servir au conditionnement de stupéfiants. Les enquêteurs ont également découvert Rs 5 392 525 et des devises étrangères valant Rs 8 083,33. Un iPhone et un MacBook ont été saisis pour analyse. Trois véhicules – une Porsche noire, une BMW gris foncé et une camionnette Toyota – ont été placés sous scellés. En 2019, le duo Johurdassing-Augustin aurait déjà fourni des documents relatifs aux chiffres d’affaires de leurs différentes compagnies. La FCC cherchait à déterminer l’origine exacte des fonds retrouvés et à établir d’éventuels liens avec des activités illicites.

À travers ces trois affaires distinctes mais convergentes, les autorités envoient un signal fort : aucune ostentation suspecte ne passe inaperçue. La synergie entre la FCC, l’ADSU et les autres unités spécialisées marque une intensification de la lutte contre le crime financier.

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